La stratégie des patients - puits de pétrole

Pétrole et santé  ... pourquoi citer ces deux mondes en même temps ?

Car les liens sont très étroits ; mais aussi parce que des populations de patients semblent être considérées comme des équivalents financiers des puits de pétrole des années 50 à 70. Ces derniers permettaient la récupération de beaucoup d'énergie facile bon marché, et donc de milliards de dollars concentrés entre assez peu de mains.

Je rappelle les liens très forts entre l'industrie du pétrole, et le domaine de la santé. Liens puissants, étonnants, choquants pour certains.

Puis les liens entre l'agriculture du pétrole et alimentation, qui ont contribué à modifier en très peu de temps une agriculture millénaire, avec des conséquences, positives, ou négatives, comme la montée de plusieurs intolérances alimentaires, ou d'autres conséquences plus difficiles à cerner.

Et enfin la position du patient dans ce système, qui semble constituer une cible de choix, même si c'est un patient ... en à peu près bonne santé.

Je reprends aussi quelques passages du numéro de janvier 2018 du mensuel "Alternatives économiques" - dossier "Ordonnances sous influence".

Ce billet pourra paraître trop critique envers les médicaments. Je précise que je suis soigné quotidiennement grâce aux avancées scientifiques (années 1920) et technologiques (plus récentes), pour un diabète de type 1, que des proches le sont ou l'ont été pour d'autres pathologies. Ce n'est donc pas du tout une critique systématique. Mais la critique d'un contexte qui peut expliquer une partie des dérives du monde de la santé.

Liens entre pétrole et santé

Liens historiques

Les citations entre guillemets sont tirées du livre "Or noir, la grande histoire du pétrole", de Mathieu Auzanneau, éditions la Découverte, 2015. C'est un ouvrage très documenté, qui montre le rôle central du pétrole dans l'histoire depuis la fin des années 1800, entres autres comme moteur de l'économie, et les liens très étroits, des liens de dépendance, tissés entre le pétrole et la moindre activité humaine.

Qu'en est-il pour la santé ?

Ces deux mondes sont très proches depuis le début, parfois avec a priori de vraies motivations philanthropiques.

P. 63 "Le progrès scientifique est entre-temps devenu une priorité aux yeux de Rockfeller. En 1892 le fervent baptiste inaugure la pièce maîtresse de son œuvre philanthropique : l'université de Chicago. Grâce aux capitaux de la Standard Oil, celle-ci s'impose rapidement comme l'un des plus prestigieux centres de recherches du monde, principalement dans le domaine de la physique, de l'économie et de la médecine".

P. 442, l'auteur nous apprend que Donald Rumsfeld, qui fut chef du pentagone, a été PDG du laboratoire Searle "Laboratoire pharmaceutique et phytosanitaire racheté en 1985 par Monsanto à l'issue d'un drastique dégraissage ordonné par Rumsfeld, Searle fait aujourd'hui partie du groupe Pfizer." Ce même Donald Rumsfeld, indique l'auteur, était en première ligne dans les années 80 pour négocier le tracé d'un oléoduc partant du sud de l'Irak jusqu'à la mer rouge.

Le laboratoire Searle a été également celui duquel est sorti l'aspartame comme édulcorant. Sans discuter des bienfaits ou méfaits de cette molécule, on peut se rendre compte en suivant les débats qui l'ont concernée de l'immense capacité de communication de ces industriels.

P. 360  "Le groupe pétrolier français Elf Aquitaine va créer en 1973 la filiale qui deviendra plus tard le groupe Sanofi, un des plus grands groupes pharmaceutiques au monde".

Deux des plus grands groupes pharmaceutiques au monde ont donc des liens plus ou moins directs avec l'industrie pétrolière. Pourquoi de tels liens ?

P. 360 " A travers la chimie pharmaceutique, le pétrole et le gaz nature ont pu jouer un rôle important dans la démocratisation de l'accès aux médicaments partout dans le monde. Bien que ne constituant qu'un débouché infime pour les raffineries, la chimie organique, appliquée aux hydrocarbures à partir des années 1930, permet après la guerre de fournir en masse et à bas coût aux laboratoires pharmaceutiques les matériaux de base (amines, solvants, etc.) d'un très grand nombre de préparations médicamenteuses. La généralisation à partir des années 1960 du recours aux matières plastiques dans les hôpitaux a en outre participé aux progrès radicaux de la prophylaxie (gants, seringues et textiles non tissés, jetables, etc.)."

Les profits gigantesques de l'industrie pétrolière pendant des décennies et des décennies ont permis à ses acteurs d'investir dans d'autres secteurs, dont celui de la santé donc.

La rapidité d'intervention des secours (réseau routier, véhicules équipés) a pu être un autre facteur décisif en terme de santé publique. Très directement lié au pétrole bon marché aussi (bitume, essence).

Il y a d'autres influences possibles entre monde du pétrole et monde de la santé. La mer du Nord a été la source d'une incroyable richesse pour les îles britanniques et la Norvège. Le haut de la production de la mer du Nord, exploitée depuis 1975, a été atteint entre 1995 et environ 2002. L'année 2000 a été le moment de la naissance de l'immense groupe pharmaceutique GSK, qui devenait le second groupe mondial à ce moment, par fusion de deux sociétés. Ces échanges de dizaines de milliards de livres dans le secteur pharmaceutique britannique ont-ils été favorisés par le dynamisme économique lié aux ressources pétrolières ? Difficile à dire, mais pas impossible.

Depuis, la ressource pétrolière de la mer du nord s'épuise, pour être aujourd'hui la même que celle du début des années 80.

Beaucoup des progrès médicaux sont donc liés à des facilités technologiques, à ces facilités de déplacements, eux mêmes liés à l'abondance, au moins à ces périodes, de pétrole très peu cher.

Le triomphe "médical" de cette période n'est pas que scientifique, il est surtout dépendant de l'exploitation de ressources géologiques, qui permettent des créations et des transformations de matière inédites jusqu'alors. Ce progrès est plutôt de nature technologique. On fait moins cher, mieux, en plus grand nombre, plus vite, avec beaucoup plus de moyens, ce qu'on connaissait déjà. Si cela fonctionne, pourquoi s'en priver ?

Bien sûr, il y a des revers de la médaille.

Progrès scientifiques et technologiques

Une confusion existe, entre les avancées technologiques (les moyens pour intervenir, observer, mesurer, etc.), formidables, portées par cette puissance énergétique et financière, et les avancées scientifiques (la compréhension des mécanismes, et parmi ceux-ci, la hiérarchisation des plus importants), formidables aussi, mais peut être moins nombreuses. Les zones d'ombre sont toujours là, par exemple les causes inexpliquées - ou très discutées - de dizaines de maladies, des cancers aux maladies auto-immune, des mécanismes causaux de l'infarctus du myocarde à la fibromyalgie.

Le risque est que la confiance placée dans les moyens technologiques, place la majorité des moyens dans ce domaine. Et donc limite les budgets et les cerveaux disponibles pour la recherche scientifique.

L'apport de la puissance énergétique et financière du pétrole a été aussi indirecte. Par exemple à travers la fondation Rockfeller (différente de l'université de Chicago déjà citée), créée par la famille la plus liée à la découverte du pétrole et aux profits financiers gigantesques qui s'en sont suivis. Cette fondation a financé des travaux et recherches scientifiques pour la santé et l'alimentation (voir chapitre suivant). Fondation Rockfeller qui a eu aussi une phase de collaboration avec IG Farben avant la seconde guerre mondiale, soit avec un conglomérat, poussé par les nazis, d'entreprises allemandes, dont Bayer, groupe chimique et pharmaceutique. Voir dans le livre cité (chap. 9, p. 162, ou sur le net). Pétrole et santé ont souvent été liés, pétrole et guerre aussi. Pétrole et éthique, ou pétrole et démocratie, n'ont par contre pas toujours été liés d'après ce même livre.

Du point de vue de la recherche scientifiques, les plus gros moyens financiers ont été apportés à un moment où la technologie pouvait prendre le relai, avec un appui financier très fort souvent lié au pétrole. Cela a été très favorable pour la santé publique comme individuelle. Mais cela a pu figer les lignes. Par exemple, les découvertes de l'insuline (années 1920) ou des antibiotiques (un peu plus tard) ont été suivies en assez peu de temps de moyens industriels pour produire ces médicaments en grandes quantités. Les chercheurs et médecins qui ont exercé ensuite, et jusqu'à aujourd'hui, ont pu rester "bloqués" sur cette idée qu'à une pathologie correspondait un médicament très précis. La plupart des recherches, réflexions, sur l'aspect écologique (au sens des relations de l'individu ou des populations avec leur environnement, dont l'alimentation) sont passées à l'as.

Aujourd'hui, alors que cette puissance financière, qui permet de mobiliser beaucoup de ressources intellectuelles, matérielles, organisationnelles semble se tarir (voir les nombreux sites internet relatifs au pic du pétrole, aux phénomènes de plateau ondulant, etc.) et que les ressources générées par les patients concernent justement des molécules très spécialisées, où trouver les moyens financiers de chercher dans ce domaine des relations environnement / santé ?

De telles recherches existent, mais elle ne sont pas la majorité. Et elles sont très mal connues par le corps médical.

Effets sur la santé du pétrole

Si l'impact "santé" direct du pétrole sur chaque individu, et des industries associées, est moins fort que celui du charbon, il est tout de même bien présent, et jouerait un rôle pour plusieurs maladies, parfois inattendues :

Le lien entre santé et pétrole est aussi directement lié à son prix. Quand le prix du pétrole, et donc de l'énergie monte beaucoup, les familles les moins aisées entrent en précarité énergétique, ce qui a un impact direct sur la santé. Voir le chapitre "influence du contexte économique" en milieu de ce lien :

Liens entre alimentation et pétrole

Changements dans le monde agricole

Bayer, Monsanto, pétroliers américains, ... les liens entre production de médicaments et de matériel médical, production de nourriture, pétrole (et donc armées), sont profonds depuis longtemps. Avec un tournant dans les années 40 et surtout 50.

P. 356 "Si le nombre d'humains a plus que doublé au cours de la seconde moitié du XXème siècle, c'est en premier lieu parce que, entre-temps, la production mondiale de blé, de maïs et de riz a pu être triplée. Et si celle ci a pu connaître une telle escalade, c'est avant tout grâce aux hydrocarbures."

"En deux décennies seulement (... 1950 1970 ... ) "les paysans ont accru les récoltes d'autant qu'au cours des onze mille années précédentes, de la naissance de l'agriculture à 1950""

"Depuis 1950, les quatre cinquièmes de la croissance des récoltes de céréales ont été obtenus en améliorant la productivité des sols, une amélioration due, pour l'essentiel, à l'afflux de pétrole" ( ...) mécanisation, développement massif de l'irrigation, acheminement de nouvelles semences à haut rendement, ou encore multiplication ( ...), rien qu'au cours des années 1960, des quantités d'engrais épandues, passant de 30 à 90 millions de tonnes par an. L'ammoniac de synthèse qui permet de fabriquer les engrais azotés est désormais produit en très grandes majorité à partir de naphta et de gaz naturel : grâce au procédé Haber-Bosch, près de 40% des protéines ingérées par les humains seront bientôt tributaires des hydrocarbures".

"La modernisation de l'agriculture gagne l'Europe à partir des années 1950"

L'auteur signale là aussi le rôle central de la fondation Rockfeller dans le déroulement de la révolution verte, et sa diffusion à travers le monde (Amérique du sud, Inde, ...) entres autres pour lutter contre le communisme.

Agriculture du pétrole et Seignalet

Dans ce site, je mets très souvent en avant les résultats incroyables, car persistants dans le temps, reproduits dans de très nombreux cas (en général, plus de 70 % des patients pour lesquels des témoignages existent, avec des reculs parfois de deux décennies) de l'alimentation dite Seignalet. Trois aliments supprimés dans le régime Seignalet, gluten, produits laitiers, et maïs, ont subi des modifications profondes à ces périodes (autour des années 1950). Par contre, pour la majorité des patients concernés, le retour à des produits dits "ancestraux" épeautre, kamut, laits d'espèces nourries plus naturellement, ne change rien à l'affaire.

Les transformations entreprises dans les années 50 ont certainement démultiplié les intolérances alimentaires déclarées, car nos organismes ont été alors "bombardés" par ces substances. Mais ces intolérances ont donc dû être présentes de tous temps, puisque des produits alimentaires antérieurs aux années 50 les déclenchent également.

Une autre hypothèse est que des substances artificielles récentes aient pu ces dernières décennies largement augmenter la perméabilité intestinale, et donc favoriser ces intolérances. Toutefois, aucun produit avec ces propriétés n'a été trouvé de façon avérée.

Les patients, nouveaux puits de pétrole ?

Big oil et big pharma

Les compagnies qui ont dominé et dominent encore le marché du pétrole ont été et sont très peu nombreuses dans le monde. A majorité américaines (le sous-sol américain a été un des plus fantastiques pourvoyeurs de pétrole classique depuis la fin des années 1800. Puis le pétrole classique facile à extraire s'étant épuisé, les ressources plus complexes à extraire, moins concentrées, permettent, mais pour un temps plus limité, et des coûts de plus en plus élevés, de retrouver de hauts niveaux d'extraction aux Etats-Unis), elles ont été surnommées "Big Oil". Ou les 7 sœurs pour une partie d’entre elles. Beaucoup de puissance financière (voir dans cet ouvrage l'incroyable proximité entre le monde pétrolier et les banques type Morgan Chase), décisionnaire, militaire (l'auteur Mathieu Auzanneau nous apprend par exemple qu'à certaines périodes récentes, l'armée américaine consommait autant de pétrole qu'un pays comme la Grèce), a donc été, et est, réunie entre une poignée de sociétés.

Le terme Big pharma désigne un ensemble pas vraiment défini de grandes compagnies pharmaceutiques.

On trouve quelques airs de famille avec Big Oil. Le pétrole, et les médicaments, sont indispensables au fonctionnement de nos sociétés. La dépendance au pétrole (et aux autres ressources fossiles dans une moindre mesure : charbon, gaz, uranium, ..) est quasi totale (bitume et goudron des routes, essence des véhicules, matières plastiques, chauffage, électricité, composants de peintures, vernis, médicaments, habits, produits ménagers, engrais, lubrifiants divers pour les moteurs, pour les rouages industriels, paraffines, etc.).

La dépendance aux médicaments, moins. Toutefois, sous le terme de prévention, se cachent des stratégies de dépistage, de traitements "préventifs", qui tendent à considérer une énorme part de la population comme devant être traitée.

Comme pour le pétrole, les décisions sont dans les mains d'un nombre assez petit d'individus. C'est le cas en sciences en général (que ce soit en sciences physiques, naturelles, humaines, cf. Thomas Kuhn "la structure des révolutions scientifiques"). Les tenants d'une théorie dominante, une à quelques personnes, orientent les protocoles scientifiques qui ne peuvent aller ensuite que dans un sens de confirmation. Les chercheurs, enseignants, thésards, praticiens, sont tous embauchés car ils entrent plus ou moins dans ce moule. Après un stand bye de ce type qui peut durer très longtemps, des périodes de révolutions scientifiques s'installent. Mais quand, comme en médecine, les protocoles et pratiques usuels sont sources de revenus en milliards, ce phénomène de "révolution scientifique" risque bien d'être bloqué longtemps, quelles que soient les réalités scientifiques.

Exemples de patients - puits de pétrole

Comment transformer un patient en puits de pétrole ? Selon deux voies : la première, la plus habituelle, c'est de traiter le plus de patients possibles, le plus longtemps possible, et de les rendre "captifs" de ces traitements. Le mécanisme est identique pour certains dépistages sur-vendus, et rendus systématiques. La seconde voie est de concevoir des médicaments extrêmement chers pour des maladies rares. Je traite ici surtout de la première façon. La seconde est tout aussi discutable.

Le cholestérol

Là ce n'est pas qu'une question de norme. Mais de concept. 6 à 7 millions en France, beaucoup plus dans le monde, seraient traités contre le cholestérol. Sans compter tous ceux qui ne mangent que deux oeufs par semaine, ou suivent d'autres recommandations diététiques sans réel fondement. Pour vous faire une idée générale, voir les sites :

En résumé, la majorité des études cliniques récentes montre que faire baisser le cholestérol, ou baisser le LDL et monter le HDL, ne sert strictement à rien. Voire est délétère. Et que ces traitements s'accompagnent trop souvent d'effets secondaires parfois dramatiques. C'en est même effrayant, les essais contre les CETP sont négatifs, comme ceux pour les autres systèmes de traitement anti- PCSK9. La meilleure preuve ? Les industriels les abandonnent. Et les statines ? Leur ancrage comme traitement de référence vient beaucoup de la réussite proclamée des premières études parues sur le sujet. Que ces études n'aient jamais plus été confirmées depuis le milieu des années 2000, qu'elles n'aient pas trouvé à l'époque les effets secondaires pourtant nombreux, (trous de mémoire, douleurs intenses, diabète de type 2, etc. Ces effets, et bien d'autres, concernent des millions de personnes. Je cite ceux ci car le hasard m'a mis récemment en présence de deux personnes qui avaient subi ces effets) ne gêne en rien les défenseurs de cette théorie, et les prescripteurs. Je rappelle souvent cette anecdote de médecins généralistes disant à peu près lors d'un congrès "Nous sommes d'accord, ces médicaments n'apportent rien et génèrent d'énormes effets secondaires, mais si nous les dé-prescrivons nous nous ferons taper sur les doigts (risques de condamnation professionnelles) par le cardiologue prescripteur, ou par la sécu".

Puissance financière, puissance de communication, lobbying, génération de peur peuvent expliquer la persistance de ces médicaments dangereux.

Pour les médecins qui seraient choqués ou étonnés par cette remise en cause : à la base, ces molécules anti cholestérol ne peuvent pas être testées en double aveugle, contrairement à ce qui est annoncé, puisque la moindre prise de sang permet de savoir qui voit sont taux de cholestérol chuter. Partant de là, des biais, volontaires ou non, sont possibles dans l'analyse de cas, dans les déclarations de morbidité, dans la recherche de causes de mortalité, etc. Les sources d'erreur ont donc été présentes dès le début pour les médicaments anti-cholestérol. Le fait que les effets secondaires majeurs, comme l'énorme effet diabétogène, les troubles cognitifs (trous de mémoire, épisodes dépressifs sévères, symptômes type Alzheimer, ..), les douleurs terribles, n'aient que peu, ou pas, été vus au départ (les essais dans les années 90, début des années 2000 - ceux sur lesquels se basent toutes les recommandations) devrait suffire aussi à jeter un discrédit total sur cette classe de médicaments.

En d'autres termes. Des études paraissant suspectes ont permis d'installer en force des médicaments, pour lesquels les terribles effets secondaires n'ont été qu’égrénés ensuite, en insistant à chaque fois sur les effets positifs. Lesquels ? Etonnant puisque dans la majorité des études, il n'y a strictement aucun gain, ou des gains très très limités, en termes de survie pour des médicaments sensés sauver beaucoup de vies. Pour des patients qui sont hors du cadre double aveugle.

Comment des docteurs es médecine, et d'autres docteurs es sciences, ont ils pu à ce point se laisser abuser ?

Le dépistage des cancers

J'ai longtemps été persuadé que le dépistage systématique était une bénédiction. Après lecture des analyses faites sur ce sujet, je ne le pense plus du tout.

Voir dans le lien qui suit, le premier paragraphe, et les liens qu'il contient. Cela représente beaucoup de lecture. Cet effort peut être nécessaire si vous êtes une personne concernée, tellement les bienfaits du dépistage ont été ancrés dans nos têtes.

Un autre lien plus bref sur le même sujet :

Le surdiagnostic étant avéré, la question du traitement, quel qu'il soit, semble biaisée, notamment pour le cancer du sein. Je vous renvoie aux billets déjà publiés ici, qui mettent en avant notamment l'approche alimentaire :

La Grippe

La grippe est dangereuse, la grippe tue, ou elle est juste très fatigante et douloureuse. Alors pourquoi se priver de vaccination ? Parce que la mortalité liée à la grippe est très mal connue, et selon les données officielles, très peu élevée. Et parce que le rôle préventif des vaccins est très mal connu également.

Il y a quelques années, je lisais ou entendais souvent qu'il fallait vacciner les personnes âgées pour les protéger. Maintenant le vaccin est considéré souvent peu efficace pour les personnes âgées, et il se dit qu'il faudrait les vacciner elles, ainsi que les personnels soignants, voire les enfants qui les approchent. Bref, une fuite en avant, avec de plus en plus de patients qui pourraient devenir captifs de ce grand marché là. Et très peu de certitudes sur une quelconque utilité de ce vaccin.

Pour tout commerce, un revenu même faible à l'unité, mais répété des millions de fois, et surtout prévisible et régulier (pour les vaccinations qui deviennent obligatoires ou ultra conseillées par messages répétés), est une vraie bénédiction. Même si les sommes obtenues sont énoncées faibles (argument souvent asséné dernièrement pour contrer le fait que les vaccinations obligatoires pourraient être vues comme des pactoles financiers), cela représente des gains financiers considérables et surtout prévisibles et reconductibles chaque année. Le rêve de tout commerçant ou de tout financier.

Pour la réalité de la mortalité liée à la grippe, et de l'efficacité du vaccin, voir ici :

Et pourtant, ce vaccin continue d'être présenté comme étant un modèle.

Traduction économique de ces patients puits de pétrole

J'incite toutes les personnes intéressées à acquérir et lire le numéro d'Alternatives économiques de Janvier 2018. Le dossier "Ordonnances sous influence" très factuel, est passionnant.

J'en recopie quelques passages :

P. 64 "Le marché du médicament se trouve en excellente santé. (...) il a été classé comme le secteur le plus rentable aux Etats-Unis par le magazine Forbes, devant la finance. (...) le chiffre d'affaires total du médicament dans le monde était de 1104 milliards de dollars en 2016, en augmentation de 93% depuis 2005. (...) La France, quant à elle, est le cinquième pays au monde où se vendent le plus de médicaments. Côté production, l'industrie pharmaceutique française est la troisième en Europe et elle réalise la moitié de son chiffre d'affaires à l'exportation."

Comment ces puissances économiques que sont les labos pharmaceutiques peuvent peser sur les prix, les autorisations, etc. relatifs aux médicaments ?

Tout simplement par une influence financière, d'abord auprès des doyens et des étudiants en médecine. D'après ce dossier, parmi les 20 labos les plus généreux avec les doyens des facs de médecine, deux ont déjà été cités plus haut : Sanofi, et Pfizer. Les autres jouent les mêmes rôles, avec les mêmes tactiques d'influence. Les pratiques qui fonctionnent, commercialement parlant, se sont vite diffusées, quels qu'aient été les précurseurs.

L'accent est mis sur les prescriptions hospitalières, car les médecins de ville ne remettent que peu en cause ensuite ces prescriptions initiales.

Les spécialités les plus ciblées seraient les endocrinologues diabétologues*, les gastro-entérologues-hépatologues, les cardiologues, les chirurgiens orthopédiques**, et les rhumatologues.

* Les insulines à peu près équivalentes, les matériels de lecture de la glycémie, et d'injection (stylos ou pompes ) insuline sont nombreux. Ceci explique peut être cela, chacun veut faire sa place. Mais il semble aussi que le forcing pour tester le cholestérol et pour traiter ait été très fort.

** C'est un domaine que je connais pas du tout, ceci dit j'ai entendu à plusieurs reprises des professionnels de santé (infirmiers notamment) dire qu'il y avait des abus dans le domaine des prothèses, avec de fortes sommes en jeu. Est ce que c'est ça qui explique les tentatives d'influence dans ce domaine ? Si parmi les lecteurs quelqu'un connait ce domaine, merci de venir témoigner ici.

On retrouve plusieurs médicaments concernant certaines de ces spécialités parmi un panel de médicaments décriés par des professionnels de santé :

Conclusion sur les patients puits de pétrole

En conclusion, une partie des patients semble être considérée comme une source de profits très conséquents, avec des sommes énormes en jeu. Un peu comme des puits de pétrole. 

L'histoire parallèle entre production pétrolière et recherche en santé au 20 ème siècle a pu contribuer à masquer tout un pan de la médecine, celui du rapport entre santé et environnement, dont l'alimentation.

Soigner des patients qui n'en n'ont pas réellement besoin, ou ne pas voir des effets secondaires majeurs pendant quelques décennies, sont des techniques qui aident à accroître les chiffres d'affaire. Qui représentent des sommes considérables. Est-ce que la santé remplacera le domaine du pétrole en termes de financements de nombreux aspects de la vie quotidienne, de la recherche, et d'influences diverses ?

Dans l'expectative, mieux vaut pour chacun d'entre nous prendre les devants et se renseigner sur les très nombreux rôles possibles de l'environnement pour nos pathologies. Notamment les liens entre alimentation et santé. J'ai encore eu par exemple ces jours-ci plusieurs témoignages de réussites du régime Seignalet ou de méthodes proches (Spondylarthrite ankylosante, sclérose en plaque, maladie de Lyme), associé ou non à d'autres techniques.

Voir par exemple :

Pour réduire massivement la dépendance de notre agriculture au pétrole, des pistes de solutions éprouvées existent. Par exemple (chercher le chapitre sur l'agriculture) :

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