Protéine S

  • Maladies cardiaques : progrès médicaux à connaître

    Infarctus et AVC : comment les prévenir ou empêcher les récidives

    En blanc surligné de bleu : les points clé.

    Le texte qui suit ne remplace pas la relation entre patients et médecins, qui reste incontournable, d'autant plus pour des maladies de cette nature. Au contraire un des buts est de faciliter l'appropriation par tous de ces données récentes et de stimuler les discussions constructives entre patients et médecins, en vue d'une réelle meilleure durée et qualité de vie en bonne santé.

    Je suis et j'écris sur des questions de santé depuis longtemps, mais ne suis ni soignant, ni chercheur. Ici comme ailleurs dès qu'il s'agit de santé allez vérifier les sources avec les liens & ouvrages cités.

    Ce billet concerne des évolutions majeures récentes de la médecine, réellement efficaces pour les maladies CV. Il s'adresse à toutes et toutes et toous, encore plus aux personnes :

    - déjà atteintes ou à risque cardio-vasculaire (notées CV dans la suite) : histoire familiale avec un ou plusieurs infarctus (=crise cardiaque), et/ou AVC ischémique ou hémorragique, phlébites, embolies pulmonaires ;  hypertension notable ; syndrome métabolique ; "Foie gras" = stéatose hépatique non alcoolique ; etc.

    - diabétiques de type 2 surtout, de type 1 également ;

    Tout ce qui est résumé ici peut s'appliquer aux patients diabétiques. D'autres questions se posent sur les médicaments anti-diabétiques oraux, ou encore sur les nombreux médicaments diabétogènes dont plusieurs utilisés couramment, je ferai un billet dédié aux diabètes.

    - atteintes de toute maladie auto-immune, encore plus pour celles connues pour majorer le risque CV ;   Cf. en fin de billet.

    - atteintes de fibrillation auriculaire ;

    - qui cumulent un ou plusieurs facteurs de risques nets : sédentarité choisie ou forcée ; tabagisme ; alimentation déséquilibrée ; stress intenses ; sédentarité ; cannabis en même temps que certains médicaments ;

    - femmes avec traitements contraceptifs considérés comme augmentant les risques CV ;

    - femmes à l'approche, pendant ou après la ménopause ;

    - qui ont tout autre état pouvant favoriser les maladies CV ;

    - qui ont un ou plusieurs médicaments visant à prévenir tout risque ou toute récidive de maladie CV ;

    - qui sont soignant(e)s avec un temps trop limité pour parcourir avec recul la littérature médicale dans son ensemble sur ces sujets. ;

    - qui s'intéressent à la médecine et à la biologie.

    Les maladies cardio-vasculaires constituent une cause majeure de mortalité. Des progrès incroyables (scientifiques, techniques, de savoir-faire aussi dans les domaines chirurgicaux) ont déjà été conduits dans ce domaine.

    Mais il reste bien des mystères. Par exemple pourquoi telle personne sans facteurs de risques nets déclenche une crise cardiaque ? Et une autre avec des facteurs de risque habituels n'en déclenche pas ?

    Enfin plusieurs cancers ont des facteurs de risques similaires aux maladies CV. Ce qui suit est à lire aussi de ce pont de vue, notamment en termes de mode de vie.

    Livre "Comment échapper à l'infarctus ou à l'AVC" du Dr Michel de Lorgeril

    Le Dr Michel de Lorgeril est le principal chercheur à l'origine de la notion de régime méditerranéen qui sauve des vies même en prévention secondaire, c'est à dire après un infarctus. Il a également mené très tôt ou participé à plusieurs recherches sur la biologie des plaquettes sanguines, sur les polyphénols, et a vécu la période d'apparition des stents, les évolutions des techniques de pontage, etc. Bref il a pu participer et assister à la plupart des évolutions de ces dernières décennies concernant les maladies cardio-vasculaires, ainsi que du système immunitaire, très lié.

    Il a écrit et co-écrit plusieurs articles dans les revues médicales spécialisées, dont certaines très souvent citées, ainsi que plusieurs livres tous publics sur ce sujet, toujours passionnants et ultra référencés. Son tout dernier est celui qui est le plus complet sur la majorité des problématiques cardio-vasculaires ainsi que sur les traitements associés.

    Si vous vous pensez concernés, acquérez le livre, ou commandez le à votre bibliothèque. C'est une avancée considérable pour votre propre prise en charge et pour les médecins, pour la prise en charge des patients à risque CV ou avec des maladies CV, quel que soit leur parcours et leur situation actuelle.

    Je tente ici un résumé, partiel tant l'ouvrage est complet et documenté. Je n'ai pas la place d'aborder plusieurs chapitres : techniques diagnostiques, malnutrition et dénutrition, plusieurs aspects de l'importance du mode de vie, rôle des vitamines B, insuffisances cardiaques et aspects nutritionnels liés, périodes liées à la ménopause, stéatoses, diabètes (j'en ferai un billet à part), non importance de mesurer plusieurs paramètres comme les triglycérides (ce qui est important est la qualité des acides gras transportés, pas la quantité des transporteurs que sont les triglycérides), etc.

    Des chapitres techniques sont plutôt dédiés aux professionnels de santé, ainsi que les publications citées. Dont certaines, fondamentales, n'ont pas été toujours mises en avant dans la presse médicale classique. Pour tous les lecteurs, patients, chercheurs, médecins : les chapitres de type cas clinique "Le cas Gérard" "le cas Malika", .... sont accessibles à tous et très parlant.

    Avant toute chose l'auteur insiste sur le concept de médecine de précision, adaptée à chaque patient, en dehors de toute standardisation de traitement.

    Des facteurs de risques CV majeurs

    Facteurs de risques biologiques

    Nombreuses références à l'appui le médecin présente les facteurs de risque CV majeurs : les paramètres de l'hypercoagulation. C'est un des thèmes centraux du livre. Les paramètres qui suivent expliquent nettement les formations de thrombus et l'athérosclérose, détaillés finement dans l'ouvrage.*

    Fibrinogène ; Homocystéine ; Protéine C ; Protéine S ; Antithrombine ; Lipoprotéine (A).

    Ce sont les paramètres sanguins, accessibles en médecine de ville (c à d non réservés à l'hôpital) les plus importants à mesurer si vous êtes dans un des cas cités plus haut. D'autres paramètres sanguins sont discutés aussi, mais ils sont d'utilisation plus exceptionnelle.

    Selon le paramètre, une valeur trop élevée ou trop basse doit alerter. Mais un ensemble de tendances y compris comprises dans les normes doit alerter aussi, encore plus en cas d'historique familial riche en événements CV et/ou de mode de vie délétère.

    * Descriptions qui rappellent que l'athérome, pourtant si souvent cité, n'existe pas. Seule l'athérosclérose, donc avec une partie indurée (sclérose), est présente dans le corps humain. Quand après un examen médical on vous dit que vous avez une plaque d'athérome à tel ou tel endroit, c'est en fait une image indirecte, interprétée comme telle, de façon erronée. Cela contribue à la méconnaissance des mécanismes en oeuvre dans le système sanguin. Car cela donne l'impression que les corps gras accumulés sont la cause majeure de la fermeture de l'artère, alors que les mécanismes sont très différents.

    Facteurs de risque liés au mode de vie

    Ces facteurs de risque liés aux caractéristiques biologiques de chaque personne peuvent se lier aux facteurs de risque liés au mode de vie : tabac, alimentation, sédentarité, pollutions, souffrances psychiques intenses, (professionnelles, familiales, ...). Ils sont tout aussi importants et font l'objet d'un développement qui devrait parler à chacun, avec des indications nettes de ce qui fonctionne ou moins en terme de durée de vie en bonne santé.

    L'arrêt du tabac, une alimentation de type méditerranéenne, la prise en compte des souffrances subies, la mise en place d'une activité physique adaptée à chaque profil, .... restent incontournables et présentent des bénéfices nets pour la santé.

    Un rôle central : l'endothélium des vaisseaux sanguins

    L'ensemble est modifié par et/ou influence un élément clé : l'endothélium, c'est à dire la paroi interne des vaisseaux sanguins. La bonne santé de l'endothélium conditionne le bon déroulement des processus, incessants dans notre corps, de coagulation et de fibrinolyse = arrêt de la formation du thrombus (le caillot) avant qu'il ne risque de boucher le vaisseau sanguin.

    L'endothélium est influencé, de façon neutre, positive ou délétère par les paramètres du mode de vie. Ces derniers devraient faire l'objet d'une évaluation systématique, suffisamment longue, au cabinet médical, car ils ont un rôle majeur.

    C'est ce système : endothélium en plus ou moins bonne santé et paramètres de l'hypercoagulation qui joue un rôle dans la formation des thrombus (= caillots) et de l'athérosclérose.

    Des médicaments antithrombotiques peuvent être nécessaires en fonction des résultats de ces analyses et de l'historique familial. Des changements du mode de vie sont le plus souvent nécessaires également.

    Les médicaments antithrombotiques sont : les anti-agrégants plaquettaires = anti plaquettaires ; les anticoagulants ; les fibrinolytiques. Certains sont du domaine des urgences hospitalières. D'autres sont utilisés en médecine quotidienne, ce sont ceux qui sont discutés. Je cite ici quelques éléments mais le livre reste incontournable.

    Médicaments discutés dans l'ouvrage

    Molécules antithrombotiques et aussi IPP (souvent liés à la prise d'aspirine) :

    - les antiplaquettaires.

    L'aspirine prescrite au long cours pose une grande quantité de problèmes santé. Elle ne devrait être réservée qu'à un cas précis : en doublon d'un autre anti-plaquettaire après stenting, pendant une durée de 6 mois environ, à moduler en fonction par ex. des paramètres de l'hyper-coagulation.

    Dans strictement tous les autres cas : lui préférer le Plavix. Réaliser un test "VASP" au préalable et en cas d'intolérance au Plavix, passer alors au Ticagrelor (brilique). En cas d'essoufflement par ex. avec ce dernier, pondérer la dose.

    Parmi les effets secondaires discutés de l'aspirine (sur l'endothélium, toxicité rénale, insuffisances cardiaques, estomac et digestion des vitamines B, ...) : les brûlures d'estomac. L'aspirine détruit une partie de la couche protectrice de l'estomac) qui conduisent souvent à prescrire des IPP (Prazols, etc.).

    - Les IPP

    Ces derniers sont source d'effets secondaires qui paraissent soit embêtants (pb digestifs de type diarrhées), soit parfois majeurs, certains connus depuis longtemps, d'autres plus récents : Les IPP aggravent la Covid-19

    Les IPP devraient être prescrits uniquement à la demande en cas de brûlures gastriques, ponctuellement, jamais de façon systématique ni standardisée. Ou encore mieux, remplacés par des pansements gastriques, à la demande également en cas de symptômes.

    Mais selon les données disponibles, l'idéal est de remplacer l'aspirine dès que possible après stenting, au plus tôt dans tous les autres cas. Cela limitera déjà le recours systématisé aux IPP et leurs effets secondaires.

    Les IPP pourraient par ailleurs interférer avec le métabolisme du Plavix. C'est une raison supplémentaire de les éviter.

    - Les anti-coagulants

    c'est une des principales nouveautés, qui nécessite aussi discussion avec le médecin traitant pour évaluer l'intérêt d'un changement d'ordonnance. A ce jour ce sont les anti-vitamines K qui sont utilisés en majorité. Ils nécessitent des analyses sanguines régulières pour mesurer l'INR et adapter les dosages pour éviter les risques hémorragiques, aussi bien que les risques de caillots. D'autres anticoagulants existent. Ils ont été déconseillés pendant plusieurs années, par ex. par ce médecin. J'en avais écrit quelques lignes aussi (non retrouvées) à l'époque en déconseillant à l'époque le Pradaxa et préférant les anti-vitamines K.

    La situation a changé par apparition d'antidotes efficaces pour ces nouveaux anti-coagulants. En résumé : en cas d'hémorragies liés à ces médicaments, les antidotes permettent un retour à la normale. Ca paraît constituer une avancée majeure. 3 nouveaux anticoagulants oraux existent : Xarelto, Eliquis, Pradaxa. En fonction des publications, de l'efficacité et des effets secondaires recensés et de ses expériences cliniques l'auteur affiche une préférence pour l'Eliquis, tout en invitant les médecins à adapter le choix de prescription à chaque patient. Pour l'Eliquis : la double prise journalière permet de très vite modérer le risque hémorragique par arrêt de la prise.

    Pourquoi remplacer les anti-vitamines K pourtant connues depuis longtemps ? C'étaient il y a peu les seules molécules sur le marché mais elles présentent plusieurs effets secondaires et nécessitent une prise de sang et des ajustements permanents. Les situations alternatives maintenant disponibles que sont Xarelto, Eliquis et Pradaxa devraient conduire à utiliser ces derniers, avec une préférence à ce jour pour l'Eliquis.

    Ces antidotes sont disponibles à ce jour en contexte hospitalier, leur praticité d'utilisation dans votre cas précis nécessite aussi une discussion avec votre médecin.

    A noter que ces médicaments sont prescrits notamment en cas de Fibrillation Auriculaire. Pour plus de détails sur cette pathologie, se rapporter au livre.

    Dans tous les cas, une discussion est nécessaire avec le médecin pour adapter la meilleure approche pour chaque patient.

    Les omégas 3

    Ce sont des nutriments importants qui ne devraient pas être utilisés comme des médicaments.

    L'auteur indique le changement de composition sanguine de la population entre l'étude de Lyon, celle qui a fait connaître l'importance des omégas 3 végétaux et la situation actuelle. Lors de l'étude de Lyon, les vies sauvées l'étaient vraisemblablement en partie par correction des déficiences en omégas 3 "végétaux" (A.L.A). Aujourd'hui les mêmes supplémentations ont un rôle plus limité car les analyses sanguins montrent la présence de ces omégas 3. Il y a beaucoup moins de déficits dans la population. Grâce notamment à cette étude de Lyon et aux communications faites ensuite. Les déficits sont donc plus rares, apporter des omégas 3 à une personne non déficitaire aura beaucoup moins d'effets sur sa santé.

    La composition des omégas 3 consommés et prescrits est une autre problématique. Ce sont souvent des omégas 3 différents de ceux présents dans l'alimentation. Cette différence est génératrice d'effets secondaires possibles (fibrillation auriculaire par exemple). Les excès en omégas 3 peuvent aussi créer plusieurs effets secondaires.

    En d'autres termes les omégas 3, végétaux (dans l'huile de Colza, les noix, pas mal de légumes verts par ex. mâche et pourpier) et animaux (poissons notamment poissons gras mais aussi, dans une moindre mesure, si les animaux sont nourris à l'herbe et à l'extérieur dans les oeufs, dans la viande) sont à consommer régulièrement dans le cadre alimentaire classique. La supplémentation peut devenir problématique selon les types d'omégas 3 pris et selon les doses consommées.

    Elle reste un plus en cas de malnutrition manifeste ou encore d'allergie au poisson.

    Note : l'étude de Lyon avait consisté à pousser le groupe traité à s'alimenter avec une alimentation équilibrée entre les acides gras essentiels omégas 6 (trop consommés et donc diminués) et omégas 3 (sous-consommés et donc augmentés) dans le cadre d'une alimentation de type méditerranéenne riche en légumes, huile d'Olive, etc., avec un groupe témoin qui se nourrissait selon les recommandations des autorités médicales de l'époque pour les patients à maladies CV. La survie a été nettement meilleure dans le groupe "alimentation méditerranéenne et équilibrée en omégas 6 et 3" que dans le groupe "alimentation recommandée de façon classique". A noter que la survenue de cancers était aussi moins nombreuse dans le groupe "alimentation méditerranéenne" malgré le bref temps d'étude : quelques années.

    Les antihypertenseurs

    Le diagnostic de l'hypertension devrait reposer uniquement sur des holters posés pendant suffisamment de temps pour visualiser les niveaux de tension ainsi que les variations. Une pression diurne assez élevée mais accompagnée d'une pression plus basse pendant la nuit est de meilleur pronostic qu'une pression moyenne qui ne baisse pas en période nocturne. Des symptômes gênants sont une autre raison de traitement.

    En termes de traitement les changements de mode de vie, c'est à dire activités physiques adaptées et alimentation méditerranéenne, allégée en sel si besoin, sont régulièrement préférables et plus efficaces que les traitements médicamenteux.

    Si des traitements doivent être pris : préférer les diurétiques en 1ère intention *.

    D'autres médicaments peuvent être nécessaires. Tous (IEC, Bêtabloqueurs, etc.) ont des effets secondaires parfois inattendus, parfois sérieux, discutés dans l'ouvrage. C'est au médecin de choisir la classe de médicaments en fonction de son expérience. Mais l'approche adaptée nommée médecine de précision par le Dr de Lorgeril permet de réduire le nombre de patients qui nécessitent ces médicaments.

    Cas particulier des patients coronariens  avec hypertension :

    La baisse de la pression systolique s'accompagne de la baisse de la pression diastolique (en gros quand le coeur se décontracte, phase qui lui permet de s'irriguer lui-même). Les recommandations usuelles donnent une pression diastolique à atteindre de l'ordre de 70/80 (le 2ème chiffre quand on vous donne la tension est 7 ou 8).

    Si les recommandations usuelles indiquent une pression diastolique idéale vers 70/80, l'auteur indique qu'une pression de 80, voire légèrement supérieure, est de meilleur pronostic, notamment en cas de sténose des artères coronaires, pour permettre une irrigation efficace du coeur.

    * L'auteur n'aborde pas ici un phénomène qui serait régulier : les diurétiques sont efficaces mais font uriner, c'est leur rôle. En conséquence certains patients stoppent ce traitement pour aller moins aux toilettes. Il est vraisemblable que les médecins devraient davantage discuter avec leurs patients pour les convaincre de l'intérêt des diurétiques et peut être aussi jouer sur les doses.

    Les anticholestérols

    D'autres analyses et traitements pourtant usuellement proposés voire faisant partie des pratiques bénéficiant de ROSP pour les médecins (Rémunération sur Objectifs de Santé Publique, les médecins sont rémunérés quand ils ont prescrit tel type de test ou de médicaments, qui sont  jugés importants pour la santé publique) sont décrits. En fonction des données cumulées et de l'expérience clinique, plusieurs sont largement déconseillés.

    Au premier rang desquels les statines et l'ensemble des médicaments anti-cholestérol. Le nombre étonnant d'effets secondaires de ces médicaments, y compris des effets qui majorent les risques CV, (effet diabétogène net par exemple), leur inefficacité chronique (cf. publications récentes citées dans l'ouvrage), les constats de mortalité accrue quand le LDL est bas, etc. devraient amener à arrêter ces prescriptions. Y compris dans les cas de prévention secondaire et d'Hypercholestérolémie Familiale (HF), hétérozygote*. Des médecins pourront bondir à la lecture de cette dernière phrase : je vous invite vivement à parcourir d'abord les chapitres dédiés et les références citées sur ces sujets.

    * L'HF homozygote est extrêmement rare. La LDL-aphérèse serait la technique de traitement la plus adaptée. L'auteur souligne par contre un possible excès d'utilisation de cette technique en cas d'HF hétérozygote.

    En conclusion de ces chapitres :

    la médecine de précision telle que décrite, en s'intéressant pour chaque personne aux facteurs clés des risques ou maladies cardio vasculaires, permet une approche réellement plus efficace. C'est une approche qui reste médicale, des traitements sont régulièrement nécessaires. Mais au regard des ordonnances très standardisées souvent prescrites, le progrès est là aussi considérable puisqu'on peut parfois passer d'ordonnances d'une 10 aine de médicaments à un seul ou quelques uns.

    Ce qui signifie que les effets iatrogènes (effets secondaires des médicaments) diminuent d'autant. Mais que les facteurs de risque réels sont par contre pris en compte, ce qui est plus sécure pour les patients.

    Le livre cité fait à mon sens partie des ouvrages de médecine à lire absolument, à la fois par les patients et par leurs soignants. J'espère vous en avoir donné l'envie.

    Maladies auto-immunes et risques CV

    Apparté : je remercie toutes les personnes qui m'encouragent et qui trouvent parfois ici, sur des maladies auto-immunes parfois mal connues, des synthèses qu'elles trouvent peu ailleurs et qui leur permet, avec les références citées, de mener leurs propres recherches. Je développe particulièrement ce chapitre à l'attention de toutes les personnes atteintes de maladies auto-immunes en lien avec un risque CV. Il y a souvent de quoi améliorer la qualité de vie et le pronostic, en complément de la médecine usuelle. Dans ce chapitre je cite puis m'éloigne de l'ouvrage cité.

    Maladies auto-immunes et risques CV dans le livre du Dr de Lorgeril

    Les passages relatifs aux maladies auto-immunes dans cet ouvrage, bien que brefs, sont à lire attentivement par les soignants.

    Des événements CV sont parfois liés à des maladies auto-immunes, qui ont pu passer inaperçues jusque là. La recherche d'auto-anticorps peut parfois permettre de déceler une maladie auto immune, pour celles génératrices de troubles cardio-vasculaires. Parmi ces anticorps les antiphospholipides majorent les risques d'hypercoagulation. Les médicaments à base d'anticorps monoclonaux utilisés en traitement de maladies inflammatoires intestinales ou rhumatismales augment la sécrétion de ces types d'anticorps. Ces traitements, parfois incontournables, ont donc des effets délétères. Qui peuvent toutefois être nuancés par les approches "mode de vie".

    Données complémentaires hors ouvrage cité

    Pour mémoire, certaines maladies auto-immunes sont plus associées au risque CV :

    Lupus érythémateux disséminé ; Thyroïdite de Hashimoto ; Polyarthrite rhumatoïde ; Diabète de type 1 ; Polymyosite / dermatomyosite ; Périartérite noueuse ; Sclérodermie systémique, (Sclérodermie localisée dans une moindre mesure) ; Cirrhose biliaire primitive ; Anémie hémolytique auto-immune ; Psoriasis ; Spondylarthrite ankylosante ; Sclérose latérale amyotrophique (= maladie de charcot) ; Maladie de Behcet ; Chorée de Sydendham (= danse de Saint-Gui) ; Maladie de Crohn ; Maladie de Basedow ; Purpura thrombocytopénique ; Hépatite lupoïde (= HAI, Hépatite auto-immune) ; Sclérose en plaques ; Myasthénie grave* ; Anémie pernicieuse ; Polymyalgia reumatica ; Maladie de Reiter (= Arthrite réactionnelle, type de spondylarthrite après infection à Chlamydia ou Shigella, Salmonella, Yersinia, Campylobacter) ; Fièvre rhumatismale ; Sarcoïdose** ; Sjögren ; Colite ulcéreuse ; Granulomatose de Wegener.

    Source : Maladies CV et auto-immunes

    Je sors maintenant totalement du cadre de l'ouvrage du Dr de Lorgeril  pour rappeler d'autres spécificités des maladies auto-immunes.

    Toutefois ce que propose le Dr de Lorgeril reste incontournable : mesures des paramètres de l'hypercoagulation, arrêt du traitement par anticorps monoclonaux si possible, modification du mode de vie notamment en termes alimentaires. Ce qu'il propose en termes alimentaires est déjà un progrès immense : la mise en place d'une alimentation méditerranéenne modernisée. Cela apporte des bénéfices santé indéniables. Ce serait un palier bénéfique à atteindre pour l'ensemble des patients concernés.

    Mais je pense qu'on peut aller beaucoup plus loin et faire encore mieux pour la partie alimentaire : la mise en place d'une alimentation très proche de l'alimentation japonaise traditionnelle, l'alimentation Seignalet.

    Dans les grandes lignes : l'alimentation Seignalet vise à s'attaquer aux causes premières de plusieurs maladies auto-immunes, environnementales et pour la majorité alimentaires. Le but est de diminuer la réaction immunitaire initiale, ce qui permet aussi de diminuer les phénomènes inflammatoires et tous les phénomènes secondaires à l'auto-immunité.

    Quelques exemples de discussions et résultats sur des maladies auto-immunes, avec une approche Seignalet et parfois d'autres paramètres environnementaux, ou encore des maladies dans lesquelles l'alimentation paraît intervenir très peu comme la SLA :

    Confirmation pour la maladie de behcet, une vascularite ; Vascularites

    Maladie de Basedow Graves et Seignalet

    Polyarthrite et arthrose : succès flagrants

    Sclérodermies : rôles majeurs de polluants et d'aliments ; Sclérodermie en coup de sabre chez un enfant : témoignage

    SLA Maladie de Charcot : exemple de maladie surtout environnementale ?

    SPA : Spondylarthrite ankylosante, SEP et Seignalet

    Aucune étude interventionnelle randomisée (pas en double aveugle car ce n'est pas possible dans l'alimentaire) n'a été réalisée dans ces domaines, ce qui peut faire hésiter des médecins ou des patients. Pourtant cette alimentation est très proche de l'alimentation japonaise traditionnelle, considérée comme une des meilleurs au monde, avec la méditerranéenne, pour la durée de vie en bonne santé.

    Par ailleurs les témoignages disponibles, comme ceux rapportés ci-dessus, sont le plus souvent concordants.

    Pour avoir un peu vu, par la fenêtre certes, le fonctionnement et les priorités du système de recherche en médecine, ainsi que des systèmes de financement, nous pouvons attendre bien longtemps avant que des études de qualité soient financées en ce sens. Tout médecin, tout spécialiste, avec une habilitation à la recherche clinique pourra essayer de bâtir un essai de qualité en ce sens pour s'en rendre compte (suffisamment de patients, critères d'exclusion clairs et le moins poussés possible pour rester représentatifs, hypothèse primaire nette et non mélangée avec d'autres critères, réel suivi et accompagnement professionnel des patients pour les changements alimentaires, éventuellement constitution de 3 groupes pour limiter l'absence de double-aveugle, etc.). Il risque de mesurer toute la difficulté de ce type de recherche là.

    Dans l'attente, l'alimentation Seignalet étant très similaire à une alimentation associée à une longue durée de vie en bonne santé, tout un chacun peut essayer cette approche. Dans plusieurs cas cela a permis à terme de diminuer la posologie des traitements pris, et donc les effets secondaires associés. Les alimentations méditerranéenne et l'alimentation Seignalet sont résumées ici :

    Alimentations méditerranéenne et Seignalet

     

    * La Myasthénie est une des maladies qui pourrait ne pas répondre à l'alimentation Seignalet. J'ai croisé une personne qui n'avait pas guéri mais amélioré par contre nettement son état par la pratique régulière de Chi-Qong. Il est possible que la pratique régulière des mouvements doux, précis, variés, amples, associé à des respirations calmes, plutôt ventrales, puisse jouer le même rôle. C'est peut être un cas isolé ou un mieux-être passager pour la personne mais c'est intéressant d'essayer pour les patients atteints.

    ** Les causes de la Sarcoïdose paraissent être liées à l'air ambiant, notamment à la présence de poussière de silice. L'alimentation jouerait un rôle mineur.