Cancer du pancréas : causes éliminables ? Tabac et IPP

Le cancer du pancréas est une maladie redoutable et redoutée en raison de la rapidité de son évolution. Son incidence a cru dans des proportions inquiétantes voire dantesques depuis les années 80. C'est une catastrophe pour les personnes concernées mais aussi pour leur entourage ainsi que pour les soignants avec souvent peu de marges de manoeuvres.

Plusieurs données relatées ici mettent en cause la responsabilité de médicaments au regard des publications disponibles. Je suis un particulier qui suit ces questions depuis longtemps, ni médecin, ni soignant, ni chercheur. Pour toute question relative à votre traitement en particulier passez par votre médecin. Qui est indispensable aussi pour suivre l'évolution de ce type de maladie grave ou des autres maladies citées ici.

Par contre les liens donnés ci-dessous, et les références associées, peuvent vous permettre d'entamer une discussion constructive avec votre médecin / votre équipe soignante. Il s'agit de votre santé, n'hésitez pas à échanger.

Causes possibles classiques du cancer du pancréas

Quand un particulier recherche des données sur le cancer du pancréas il tombe par exemple sur ce premier niveau d'information, limité mais fondamental :

Facteurs de risque usuels du cancer du pancréas

Cancer du pancréas : incidence, causes connues

Le tabac est le premier suspect, une raison de plus pour le diminuer puis le stopper au plus tôt.

Vient ensuite le diabète de type 2.

Plusieurs billets de ce blog y sont consacrés (liens en fin de billet) : des causes aussi diverses que la consommation trop régulière de sodas, mais aussi de médicaments comme les statines sont des causes connues et récurrentes. Un autre cause médicamenteuse dont on va reparler longuement est la classe de médicaments anti acidité de l'estomac, les IPP, Inhibiteurs de la Pompe à Proton. J'en reparle un peu plus loin avec leur lien possible avec l'explosion de l'incidence du cancer du pancréas.

L'obésité est citée également parmi les causes qui favorisent le cancer du pancréas..

Pancréatite chronique : le lien est cité après les autres causes mentionnées. Un des aspects paraît peu clair : la pancréatite chronique est souvent liée à la prise excessive d'alcool. Un des liens indique qu'il n'y a pas de lien entre alcool et cancer du pancréas. Le lien entre pancréatite chronique et cancer du pancréas serait surtout connu pour les pancréatites chroniques tropicales (personnes jeunes en régions tropicales) ou héréditaires : Détails sur la pancréatite chronique

Polluants ?

Un des deux articles cités met en avant la possibilité de causes environnementales telles que les métaux lourds : risques accrus de cancers de pancréas chez certains groupes d'agriculteurs qui suggèrent la responsabilité de pesticides.

L'exposition au Dioxyde de Titane ainsi qu'au Cadmium est aussi citée comme une cause possible.

Les formes de cancer de pancréas héréditaire sont limitées à environ 5 % à 10 % des cas. Il paraît donc clair que le cancer du pancréas est une maladie environnementale au sens large, c'est à dire que la maladie est influencée par notre rapport à notre environnement, avec au premier rang ce que nous respirons (fumée de tabac) et au second rang ce que nous choisissons d'ingérer en provenance de notre environnement et la façon dont nous nous mouvons dans notre environnement (obésité). Les substances  respirées et ingérées de façon non intentionnelles (polluants, pesticides) pourraient jouer un rôle également.

Avec une aussi forte sensibilité aux facteurs environnementaux, qu'en est il du rôle possible de molécules médicamenteuses ? Ce lien paraît net avec les médicaments de la classe des IPP = Inhibiteurs de la Pompe à Proton.

Les IPP = anti-acides, cancer du pancréas et autres effets secondaires

IPP = Inhibiteurs de la Pompe à Protons = prazols.

Ces médicaments sont connus pour limiter les brûlures acides, les remontées acides, etc. Je ne tourne pas autour du pot ils semblent clairement associés à une augmentation des cas de cancer du pancréas :

Association entre IPP et risque de cancer du pancréas (en anglais ; article de Plos One)

Que disent les auteurs à l'issue de leur suivi de 12 années ?

" Results: There were 3,086 cases of pancreatic cancer during the period of 2,920,000 person-years. PPI users exceeding 60 DDDs were at a higher risk of pancreatic cancer compared with non-users (HR, 1.34; 95% CI, 1.04-1.72). Subgroup analyses revealed that a significant association existed between PPI use and pancreatic cancer in low risk groups including individuals who were female, engaged in healthy lifestyle habits, and had no history of diabetes or chronic pancreatitis.

Conclusion: Exposure to PPI appears to increase the risk of pancreatic cancer, independent of conventional risk factors."

En gros ils écrivent que le risque est augmenté en moyenne de 34 % chez les personnes qui ont pris des IPP. Ce risque est augmenté de la même façon chez les personnes qui ont une vie saine sans les facteurs de risques connus usuellement.

En d'autres termes la prise régulière d'IPP pourrait être une des causes de l'augmentation incroyable des cas de cancers de pancréas pendant ces 30 dernières années, de façon indépendante des autres facteurs de risque.

 

A noter que bien d'autres effets secondaires graves sont connus pour cette classe de médicaments :

Les IPP aggravent la Covid-19

Lien qui cite ce billet : https://michel.delorgeril.info/diabete-2/inhibiteur-de-la-pompe-a-protons-medicament-antiacide-et-sante-cardiovasculaire/

Rien que les données relatées ici auraient dû depuis longtemps, avant la crise Covid-19, conduire les autorités à revoir les indications et les traitements systématiques par IPP.  Les autres effets secondaires également. Le lien avec Cancer du pancréas, bien sûr, très inquiétant, mais aussi ce type de lien :

Lien entre IPP et maladie du foie gras = stéatose hépatique non alcoolique (en anglais ; pubmed)

En résumé : après un suivi de 13 années sur plus de 75000 patients, le risque supplémentaire de développer une stéatose hépatique non alcoolique est, une fois ajustés tous les autres facteurs de risque,d'en moyenne 50 % supérieur chez ceux qui ont pris des IPP, avec un effet dose-réponse.

Déjà cité dans un lien précédent et tout aussi fondamental :

Liens entre IPP et diabète de type 2 (en anglais ; british medical journal)

Les auteurs indiquent que la prise d'IPP est associée avec l'apparition de cas de diabètes de type 2. Augmentation en moyenne de 5 % avec moins de deux ans de traitement par IPP, qui passe à une augmentation moyenne de 26 % avec un traitement de plus de 2 ans.

Cancer du pancréas, surmortalité cardio-vasculaire, aggravation du Covid-19, diabète de type 2, stéatose hépatique sont de bonnes raisons, voire des raisons impérieuses pour rediscuter de ce traitement et des alternatives possibles avec votre médecin. D'autres effets non cités ci de type diarrhées paraissent non rares au dire des patients qui en prennent.

 

Comment diminuer ce risque de cancer du pancréas ?

Utiles dans ces moments précis les IPP restent sur-employés au regard de l'ensemble des effets secondaires connus. Il faudrait leur préférer dans la majorité des cas :

- si incontournables, une prise à la demande uniquement en cas de crise de douleurs acides, pas en prévention ;

- sinon un pansement gastrique (type Maalox) qui n'a pas d'effets secondaires aussi poussés ;

- des mesures hygiéno-diététiques : gérer les moments de prise de boisson, éviter certains aliments (à voir avec votre diététicien) qui favorisent les poussées acides ainsi que travailler sur les postures d'après repas par ex. (toujours à voir avec votre diététicien) pour éviter de favoriser ces poussées ou remontées acides par action mécanique. A noter que la théobromine du chocolat avait été indiquée comme pouvant favoriser ces remontées acides (références non retrouvées), cet aliment fait partie de ceux à éviter dans ces cas de figure ;

- dans beaucoup de situations liées à un traitement cardio-vasculaire : re-discuter avec votre cardiologue après avoir de préférence lu les chapitres dédiés dans l'ouvrage résumé ici :

Maladies cardiaques : progrès médicaux à connaître

Le but ici est de remplacer au plus tôt possible la prise de l'aspirine par un anti-plaquettaire (type Plavix sous réserve de résultat du test Vasp, sinon autre antiplaquettaire avec adaptation des doses au besoin). Car l'aspirine favorise les douleurs liées à l'acidité stomachale et que les médecins lui associent souvent systématiquement la prise d'IPP.

 

En résumé pour diminuer le risque de cancer du pancréas, deux niveaux d'action en termes de priorités sont spécifiques à cette maladie :

  • Arrêter le tabac au plus tôt
  • Limiter ou stopper la prise d'IPP en collaboration avec son équipe soignante.
  • Limiter la prise d'aspirine au long cours. Un autre billet cité en lien entre dans le détail concernant le traitement de maladie cardio-vasculaire à base d'aspirine qui entraîne quasi systématiquement la prise d'IPP. D'autres options sont possibles en relation avec vos facteurs de risques, à discuter impérativement là encore avec votre médecin. Par exemple en cas de pose de stent, l'aspirine reste indispensable pendant une moyenne de 6 mois mais devrait être systématiquement remplacée ensuite (cf. détails dans le lien : Maladies cardiaques : progrès médicaux à connaître)

Puis

  • Améliorer au mieux son alimentation
  • Faire de l'exercice
  • Manger des aliments bio quand cela est possible pour éviter l'exposition trop massive à des polluants

L'ensemble de ces actions sont de plus favorables à une vie globale en bonne santé.

 

Autres liens utiles pour diabète de type 2 et obésité

Un lien est possible entre ces états et le cancer du pancréas. Sans connaître l'effet sur le cancer du pancréas on peut limiter la gravité d'un diabète de type 2  et parfois de l'obésité.

Billets en lien avec le diabète de type 2.

Il y a encore des nouveautés intéressantes d'une façon globale sur cette maladie, j'en ferai un billet dès que possible. En attendant des causes de diabètes de type 2 ont été clairement identifiées ou fortement suspectées :

Statines = diabètes ; Polluants et DT2 ; Trop de Sodas = Diabètes

Parmi les pistes d'amélioration, outre limiter l'exposition aux polluants cités, aux sodas et discuter avec son médecin pour réévaluer les traitements par statine et par IPP (voir plus haut), modifier son mode de vie a aussi des vertus intéressantes pour ramener la glycémie vers des valeurs plus compatibles avec une bonne santé à long terme. Par exemple : Témoignages DT2

 

Billet en lien avec l'obésité

Lutter contre l'obésité est plus facile à dire qu'à faire. Quelques pistes de réflexion et d'action pour regagner en santé surtout et parfois en silhouette : Obésité : causes principales et moyens d'action

 

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