Bons choix pour la santé y compris pour le cancer du sein

Ce billet traite de santé mais aussi de salaire car ça permet de très bien comprendre l'importance des chiffres utilisés. Comme d'habitude je précise que je ne suis pas soignant mais un patient qui suit depuis longtemps quelques uns des sujets ayant trait à la santé.

Pour décider si une action médicale peut-être efficace il faut disposer de données les plus solides possibles.

Elles conditionnent les choix en santé publique : est-ce que les autorités autorisent et favorisent tel ou tel protocole ? Est ce que les équipes soignantes sont informées et incitées à les utiliser ? ainsi qu'en santé individuelle : est-ce que pour tel patient ce protocole est nécessaire ? Doit-on l'adapter à ce patient ?

Les critères nécessaires pour des données fiables sont stricts et nombreux. L'un d'entre eux est la réduction de risque. Depuis de longues années et encore aujourd'hui un désaccord persiste sur le type de réduction à prendre en compte. Très schématiquement du côté des chercheurs affiliés à l'industrie et des médecins universitaires liés par contrat pour des essais cliniques on pousse à utiliser la réduction de risque relatif. Du côté de médecins, chercheurs et médecins-chercheurs plus indépendants ainsi que de patients informés on pousse à utiliser la réduction de risque absolu. Chaque vision a ses supporters . Toutefois en 2022 il paraît étonnant qu'on cherche encore à publier des résultats en diminution du risque relatif, c'est pourtant le cas.

D'autres l'expliquent mieux que moi. Prenez le temps de lire les quelques liens qui suivent. C'est rapide et facile d'accès et ça conditionne aussi nos propres décisions sur l'acceptation de tel ou tel traitement.

 

Réduction du risque absolu avec dépistage du cancer du sein

C'est défini dans le chapitre "Points négatifs -3).

Les auteurs l'expliquent très bien. Dans cet exemple une baisse de risque annoncée à 20 %, ce qui est formidable, est un leurre car c'est annoncé en réduction de risque relatif. En réduction de risque absolu on tombe à ... environ 0,1 %. Exprimé autrement : 1 personne sur 1000 bénéficiera du protocole en plus de 10 ans d'application de ce protocole. Bref ce résultat n'est pas significatif et aucune décision de santé publique ne devrait être prise sur ces bases.

Les deux chiffres sont vrais et représentent la même chose : 20 % = 0,1 % en termes d'effets. Le second chiffre, la réduction de risque absolu, paraît être le seul qui montre l'action réelle du protocole en question à l'échelle de la population traitée.

 

Risque relatif et absolu par un médecin

Ici c'est un médecin qui nous explique cela de façon claire. Avec le même exemple que dans le lien précédent puis un autre exemple également. Cette prise en compte nécessaire s'adresse aussi bien à nous, patients, qu'à pas mal de médecins qui prescrivent de bonne foi sur la base de réduction de risque relatifs qui donnent une image faussée de la réalité.

 

Si on augmentait nos salaires, notre RSA, nos prestations CAF, etc. par une augmentation relative on s'apercevrait illico du foutage de gueule. Un patient a lui-aussi abordé cette question des risques relatifs et absolu en prenant avec humour cet exemple d'augmentation de revenus. C'est amusant et très parlant :

Pourcentage relatif et absolu en santé ou pour les salaires

 

Lire ces exemples permet déjà d'avoir une bonne vision de l'importance des chiffres à prendre en compte. Oui mais après, on en fait quoi ?

Dans le cadre d'un des dépistages de masse pris comme exemple, ici pour le cancer du sein, cela pousse des médecins à réclamer  l'arrêt du dé^pistage de masse remplacé par des dépistages ciblés : familles à risque, antécédents, comportements à risque, etc. Le but est d'éviter des sur-mutilations c'est à dire des opérations pour des personnes qui n'auraient pas souffert de ces cancers et de se concentrer sur les personnes les plus susceptibles de bénéficier de programmes ciblés. Je ne sais pas où en est ce débat mais la question devrait être posée et débattue plus ouvertement. Vous trouverez par exemple sur Twitter plusieurs médecins qui tirent la sonnette d'alarme à ce sujet de façon argumentée, par exemple : doc du 16 twitter

Dans le cadre des maladies cardio-vasculaires cela permet de changer de nombreuses approches et de sauver beaucoup plus de vies. En résumé d'anciennes façons de considérer ces pathologies et de les traiter étaient basées sur des diminution de risque relatif. La prise en compte de la diminution de risque absolu permet de relativiser plusieurs de ces approches et de se recentrer sur ce qui est réellement utile pour les patients. C'est le sujet de ce billet : Maladies cardiaques : progrès médicaux à connaître que je vous incite à consulter.

 

Quand un traitement, un dépistage une action médicale pose question, si vous avez des effets secondaires, pas d'effets bénéfiques ressentis n'hésitez pas à en parler à votre médecin.

Demandez lui les résultats de ce médicament ou de tel protocole de dépistage en réduction de risque absolu. Discutez en posément afin d'avoir toutes les cartes en main.

Vous pourrez avoir des surprises et lui-aussi. Il a peut-être des arguments qui montrent que dans votre cas précis, telle action médicale reste recommandée, écoutez-les aussi, discutez en. Mais plus la réduction de risque absolue est basse moins le médicament en question paraît utile.

N'oubliez pas de poser les mêmes questions pour tout traitement alternatif. Vous pourrez également avoir des surprises.

 

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