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  • Asthme : des résultats spectaculaires

    • Le 14/10/2019

    Le mot spectaculaire n'est ici pas de trop. Pour gagner du temps sur la lecture de ce billet, je recopie d'abord sa conclusion :

    A ce jour, malgré le manque d'études cliniques dédiées, tous les éléments disponibles montrent qu'une alimentation de type Seignalet offre à plus de 90 asthmatiques sur 100 une amélioration nette à très nette de leurs symptômes et de leur maladie. On retrouve les mêmes proportions que ce qu'avait annoncé et constaté le Dr Seignalet. Pour les témoignages avec le plus de recul, une à plusieurs décennies permettent de confirmer les effets de cette alimentation sur le long terme. Ce sont des indices extrêmement forts de l'intérêt de cette alimentation pour l'asthme.

    J'écris à nouveau à ce sujet car j'ai vu récemment deux témoignages qui confirment les bienfaits d'une alimentation de type Seignalet pour limiter ou supprimer les crises d'asthme. Je rappelle d'abord le taux de rémission exceptionnel obtenu pour l'asthme, d'après les résultats connus, avec le régime Seignalet (Second chapitre de la page : Alimentations qui marchent), ou quelquefois une alimentation sans gluten. J'extraie les résultats de ce billet : Maladies associées : l'asthme

    Rappel :

    J'avais par exemple compilé des dizaines de témoignages  ici : http://forum.doctissimo.fr/sante/asthme-bronchite/asthme-bpco-alimentation-sujet_149596_1.htm

    Cette compilation de témoignages écrits ou sur internet, en plusieurs langues, est très longue à parcourir, je résume simplement le décompte final :

    "En récapitulant
    Avec un régime soit sans lait ni produits laitiers, riche en légumes et fruits, sans maïs, et sans blé, ou parfois uniquement sans gluten :

    Sur 135 témoignages recensés, en 4 langues (français, anglais, italien, espagnol) surtout sur l'asthme, parfois la maladie de Widal, et quelques messages sur la BPCO

    • 90 = 66 % de témoignages positifs Très nette diminution des crises jusqu'à disparition totale des crises, baisse très nette, ou plus de besoins pendant des mois ou des années, des médicaments usuels (toujours gardés à portée de main au cas où)
    • 41 = 31 % témoignages de réussite partielle (nette diminution des crises, mais des crises persistent).
    • 4 = 3 % témoignages d'échec net dont un avec une personne qui travaille dans une sandwicherie, et qui a pu donc développer l'équivalent de l'asthme du boulanger (poussières de farine qui rentrent dans les poumons et provoquent la crise d'asthme)

    Et pour les réussites, plusieurs témoignages avec de longs reculs (10 ans, 40 ans dans un cas).

    Pour qu'un pneumologue vous conseille ce type d'alimentation, il faudrait qu'il y ait eu une étude clinique avec tirage au sort randomisé, par des pneumologues habilités (tous ne le sont pas). Une étude adaptée d'ampleur suffisante coûterait environ 800000 euros. Il n'existe aucune volonté, ni aucun budget pour financer ça actuellement (Vu il y a quelques années avec des chercheurs ailleurs en Europe, et après interrogation des personne travaillant dans les systèmes de financement en recherche médicale au niveau de la commission européenne).

    Chacun ne peut donc qu'essayer ce type de changement alimentaire pour voir si ça marche.

    Il n'y a rien à perdre. L'alimentation dite Seignalet est par exemple proche du modèle d'alimentation japonaise traditionnelle, pratiquée par des millions de personnes.

    Attention : Si vous êtes atteints de la maladie de Widal, en plus de l'alimentation Seignalet, il faut aussi essayer de supprimer au maximum les sulfites.

     

    Des témoignages plus récents, qui confirmaient cette tendance de mise en rémission de l'asthme, avaient été indiqués ici :

    Asthme et Seignalet

     

    Deux témoignages plus récents, et qui vont dans le même sens, s'ajoutent aux précédents et devraient inciter chaque médecin à étudier vraiment cette question, et chaque asthmatique qui le souhaite à tester cette méthode, tout en informant son médecin.

    Premier témoignage : Sandra, 28 avril 2019, dans les commentaires de ce billet :

    https://www.julienvenesson.fr/comment-un-regime-sans-gluten-ameliore-lasthme-et-les-allergies-respiratoires/

    Vous pourrez lire que le résultat se maintient depuis 6 ans, sans la moindre crise.

     

    Second témoignage : La plus grande partie du témoignage qui suit concerne une réussite spectaculaire du régime Seignalet pour la Polyarthrite rhumatoïde ; l'auteure évoque aussi son fils chez qui l'asthme a été stoppé grâce à cette alimentation.

    https://www.regimehypotoxique.com/

    Regardez également dans les commentaire de ce lien celui du 15 juillet 2016 à 4h20, avec une réelle amélioration malgré une alimentation hypotoxique pas appliquée entièrement, et celui du 29 novembre 2016, avec un délai d'un mois entre le début de cette alimentation et la disparition de l'asthme, et les rechutes quand l'alimentation est reprise comme avant. Ce sont des indices supplémentaires très forts sur la responsabilité des aliments incriminés.

    A ce jour, malgré le manque d'études cliniques dédiées, tous les éléments disponibles montrent qu'une alimentation de type Seignalet offre à plus de 90 asthmatiques sur 100 une amélioration nette à très nette de leurs symptômes et de leur maladie. On retrouve les mêmes proportions que ce qu'avait annoncé et constaté le Dr Seignalet. Pour les témoignages avec le plus de recul, une à plusieurs décennies permettent de confirmer les effets de cette alimentation sur le long terme. Ce sont des indices extrêmement forts de l'intérêt de cette alimentation pour l'asthme.

    Cela rejoint les effets très positifs pour de nombreuses pathologies, dont la BPCO :

    BPCO : Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive. Alimentation curative possible ?

     

    Ps : le recensement des témoignages disponibles en plusieurs langues avait demandé de nombreuses heures de travail. Si vous avez apprécié ces informations, à ma connaissance uniques avec ce niveau de synthèse et de détail, n'hésitez pas à en témoigner, et aussi à soutenir la démarche adoptée. C'est ici  (dons au choix de 5 €, 12 € ou 20 €) :

     

  • Anticholestérols : nouvelles horreurs

    • Le 13/04/2018

    N'hésitez pas à diffuser ces infos autour de vous, y compris à vos médecins, qui n'ont pas toujours accès à ces informations, qui sont importantes en terme de santé publique et de santé individuelle.

    Je mets ici en lien des articles, très argumentés, sur les effets secondaires incroyablement "violents" des statines : maladie de charcot pour les patients adultes, et atteintes cardiaques des nourrissons dont les mères ont pris des statines ; un article sur l'inutilité de ces statines pour sauver des vies. Et le quatrième article, à partir du même site, que je vous conseille vivement de lire, qui explique comment fonctionnent les essais cliniques (ceux sur lesquels se basent les autorités de santé pour prescrire les médicaments) et les pièges à éviter à leur lecture.

    Juste un bémol, qui ne change pas grand chose à la conclusion générale. L'auteur de l'article indique qu'il n'a pas les chiffres pour savoir combien exactement de personnes prennent des statines en France, et qu'il doit réaliser un calcul approximatif. Il me semble que son chiffre (environ 11 millions, calculé d'après les derniers chiffres connus et en rajoutant chaque année de nouveaux patients concernés) est peut être surestimé, car une partie de la population qui reçoit des statines est à très fort risque de mortalité, donc chaque année une partie de ces patients consommateurs disparaît. Cela montre surtout que ces chiffres sont disponibles seulement de façon fragmentaire, et que le suivi par les autorités sanitaires n'est pas aussi performant que ce qu'il devrait.

    Comme exemple de difficultés pour le calcul des patients concernés, et pour mémoire, à destination des médecins qui liront ces lignes, les diabétiques de type 2 sont un des très forts contingents de patients statinés. Les essais cliniques spécifiques pour des diabétiques de type 2 avec des statines (4D, Aspen) ou d'autres anticholestérols (Field) ont été des échecs patents. Le seul essai clinique présenté comme un succès (Cards) a été arrêté beaucoup plus tôt que prévu, ce qui est contraire à toute méthodologie scientifique basique, et donc hautement suspect, encore plus pour un médicament pris à vie. En d'autres termes, ces patients, parfois sur-médicamentés, décèdent au moins autant, que ceux qui ne sont pas traités par statine. Il est donc difficile de rajouter les patients sous statine année après année.

    Mais pour chaque patient pris individuellement cela ne change pas grand chose, la prise de statine expose à un risque accru de maladie de Charcot = Sclérose Latérale Amyotrophique. Ne sauve aucun diabétique de type 2. Expose les nourrissons, si leur mère est traitée, à des effets secondaires nets. Entres autres bien sûr (effet diabétogène fort des statines, risques accrus d'insuffisance rénale aigüe, etc. etc. etc.). Pour des médicaments qui ne servent à rien selon les chiffres disponibles.

    PS : je recommande la lecture de l'ensemble du site https://www.cholesterol-statine.fr/

  • BPCO : Broncho Pneumopathie Chronique Obstructive. Alimentation curative possible ?

    • Le 08/04/2018

    La BPCO, dénomination qui englobe celle plus ancienne de bronchite chronique, est une maladie potentiellement grave, et parfois mal diagnostiquée.

    Les relations avec l'alimentation ont été affinées par des études, uniquement dans un cadre préventif.

    Malgré le manque de validation scientifique par études cliniques (avec des groupes de patient tirés au sort nourris différemment), beaucoup de données sont concordantes pour montrer la possibilité d'une alimentation curative de la BPCO, en association avec les mesures plus classiques (arrêt du tabac notamment). Ces données sont très solides (voir les derniers chapitres).

    Par contre, les destructions mécaniques du poumon (emphysème, dilatation des bronches) ne sont pas modifiables via l'alimentation. C'est donc le plus tôt qu'il faut améliorer son alimentation. Même en cas d'emphysème ou de dilatation des bronches, l'approche Seignalet peut éviter que ces phénomènes irréversibles ne s'étendent.

    Quelques éléments de repère en contexte hospitalier sont donnés, notamment en fin d'article, aux soignants qui voudraient accompagner leurs patients dans cette alimentation, quelle que soit la complexité (dénutrition, comorbidités, nutrition entérale). Les patients sont tout à fait en droit de réclamer l'approche décrite ici, sans aucun danger, et qui correspond de fait à des modèles alimentaires largement répandus sur le globe (voir plus loin).

    Définition de la BPCO

    La BPCO (pour les recherches internet : COPD en anglais) est une cause régulière de mortalité : 16000 par an en France en moyenne nous dit l'INSERM.

    La maladie serait liée au tabac dans environ 80% des cas. Cette proportion change selon les sources (66 %, 75 %) mais le tabagisme reste le principal facteur connu jusqu'ici. Les autres causes sont discutées, par exemple l'exposition à des polluants. Des métiers exposés sont considérés à risque pour le développement d'une BPCO.

    Extrait du lien cité : "Les travailleurs du secteur minier sont à risque en cas d’exposition à la silice, de travaux au fond des mines de charbon ou de fer avec inhalation de poussières ou fumées d'oxyde de fer. Les métiers du bâtiment et travaux publics sont concernés en cas de creusement des tunnels, d’asphaltage des routes ou encore en cas d’exposition chronique et/ou à des niveaux excessifs de gaz, de poussières et de vapeurs. Un risque de BPCO est également documenté dans les secteurs de la fonderie et la sidérurgie en cas d’exposition à plusieurs particules minérales (poussières métalliques, charbon, silice), à des gaz ou des fumées (émissions des fours, fumées métalliques, oxyde de soufre ou d’azote). Dans l’industrie textile, ce sont les employés de filature de coton, lin, chanvre ou sisal qui sont exposés. Quant aux métiers agricoles et d’élevage, plusieurs sont concernés par ce risque : ouvriers travaillant dans des silos, dans la production laitière, l’élevage de porcs ou de volailles ou encore en cas d’utilisation de pesticides."

    Néanmoins, l'ensemble de la population concernée par le tabac ou par ces expositions professionnelles ne développe pas une BPCO. D'autres facteurs de risque sont présents. Le billet cité de l'Inserm, cite des infections respiratoires pendant l'enfance, et une composante génétique.

    Même si le reste du billet est consacré à l'importance de l'alimentation pour cette atteinte pulmonaire, il est évident que l'arrêt du tabac, la préservation des poumons par rapport aux sources de pollution, sont à mettre en place dès que possible, que la BPCO soit déclarée ou pas. Le côté décrit comme souvent inexorable de la maladie une fois déclenchée peut être un moteur de décision important pour celles et ceux qui ne réussissent pas encore à stopper le tabac. Tabac qui est à l'origine de bien d'autres complications (cancers, infarctus, aggravation des crises de la maladie de Crohn, etc. ...).

    La recherche liée à la BPCO est comme pour la plupart des pathologies ces dernières années, une recherche passionnante mais souvent en entonnoir. C'est à dire qu'on se focalise sur un aspect très précis de la maladie, par exemple comment lutter contre le développement important des fibrocytes (ce sont des types de cellules). Ce type de recherche a un intérêt fort, si ça fonctionne, ce qu'on ne peut savoir à l'avance, et aussi un effet pervers : le risque de ne plus voir la maladie dans sa globalité. Pourtant une approche générale permet d'obtenir des résultats très intéressants pour les patients.

    Alimentation et BPCO

    Il y a à ce jour, officiellement, des notions distinctes pour l'alimentation liée à la BPCO. Les liens connus le sont avec l'obésité, le risque de dénutrition, et l'alimentation préventive. Des travaux moins connus développent une alimentation réellement curative.

    Obésité et BPCO

    La relation entre ces deux pathologies est souvent discutée. Par exemple dans cet article :

    L'obésité reste un facteur de risques d'une façon générale pour les insuffisances respiratoires, en augmentant le travail cardiaque.

    BPCO et dénutrition

    Un autre chapitre en fin de billet traite de la prise en compte de la dénutrition en cas d'un régime curatif en hôpital.

    Une fois la BPCO déclarée, le risque contre lequel luttent les soignants est souvent celui de la dénutrition. Ce risque est évoqué ici :

    C'est important de connaître cet aspect. Les soignants sont mobilisés à raison pour limiter un amaigrissement trop important, et les risques de carences associées, ce qui est essentiel ; mais ils peuvent être très réticents pour mettre en place des alimentations encore considérées malheureusement comme alternatives (voir plus loin), par peur d'aggraver le risque de dénutrition. Il faut donc accepter des deux côtés qu'un dialogue s'instaure, afin de poursuivre l'alimentation choisie, sans que les soignants aient l'impression d'une mise en danger.

    Ce risque de dénutrition est connu, les soignants y sont sensibilisés, et normalement les diététicien(ne)s impliqué(e)s ; ceci étant, que vous ou un de vos proches soit atteint par une BPCO, ou que vous soyez soignant hospitalier en contexte tendu (manque de personnel, sortie trop rapide des patients, erreurs lors des plateaux repas, etc.) ou encore médecin généraliste, il faut y apporter une attention constante. La BPCO est en outre caractérisée par de nombreuses comorbidités (= maladies associées), qui sont également sensibles pour ces questions de dénutrition.

    Ces risques sont pris en charge par un apport contrôlé en protéines notamment.

    L'alimentation peut aussi être modifiée en fonction des comorbidités retrouvées avec la BPCO : moins de sel s'il y a des oedèmes ou une hypertension, moins de sel et moins de sucre s'il y a une corticothérapie, contrôle des apports en potassium, en phosphore, en protéines, si les reins sont atteints et en fonction des analyses sanguines, ou encore alimentation contrôlée de type "confort" en cas de Reflux Gastro Oesophagiens : notamment moins de, ou plus du tout de, café, thé, chocolat, ou d'alcool, ainsi que plusieurs modifications du mode de vie. Les exemples donnés ici sont illustratifs et incomplets, ces types de préconisations là ne peuvent être donnés que par votre médecin, et votre diététicien, une fois votre pathologie identifiée.

    Note hors sujets : j'invite les personnes concernées par les RGO à se pencher réellement sur les préconisations en termes de modes de vie ou de changements alimentaires. Car les traitements classiques par IPP (Inhibiteurs de la pompe à proton = anti acides), s'ils peuvent être nécessaires parfois, présentent plusieurs effets secondaires néfastes. Ils sont donc à limiter autant que possible. Il existe une abondante littérature sur ce sujet, qu'on peut trouver sur le net.

    BPCO et alimentation préventive

    L'alimentation préventive a fait l'objet d'une publication en 2015, suite au suivi de milliers de personnes, pendant de longues années, aux Etats-Unis :

    Les auteurs de cette étude ont analysé l'alimentation des participants de façon détaillée; selon un outil dénommé " Alternate Healthy Eating Index 2010 (AHEI-2010) ". Ils indiquent que la correspondance à cet outil permet d'améliorer plusieurs pathologies : risques diminués de 16 % de développer une des pathologies majeures : diabètes, cancers, maladies cardio-vasculaires, ou qui procure moins de risques de fractures, etc. 

    Les composants de cette alimentation, traduit ensuite sous forme de score (en fonction de la fréquence et des quantités consommées) sont résumés dans l'article " Briefly, the AHEI-2010 is based on 11 components: six components for which the highest intakes were supposed to be ideal (vegetables, fruit, whole grains, nuts and legumes, long chain omega-3 fats (docosahexaenoic acid and eicosapentaenoic acid), and polyunsaturated fatty acids ), one component for which moderate intake was supposed to be ideal (alcohol), and four components for which avoidance or lowest intake were supposed to be ideal (sugar sweetened drinks and fruit juice, red and processed meat, trans fat, and sodium).

    Traduction : "L'outil AHEI 2010 est basé sur 11 composants : 6 pour lesquels la consommation est considérée idéale - légumes (vegetables en anglais), fruits, grains entiers (c'est à dire complets), noix (oléagineux) et légumineuses (legumes en anglais), omégas 3 à longue chaîne : EPA et DHA, et acides gras polyinsaturés) - un composant pour lequel la consommation modérée est supposée idéale (alcool), et 4 composants pour lesquels la consommation modérée ou l'évitement sont considérées idéals : boissons sucrées, jus de fruit*, viande rouge transformée (= plats préparés), acides gras trans, et sodium (c'est à dire sel)".

    * note du blogueur : un jus de fruit est moins sucré qu'un soda, mais contient l'équivalent d'environ 3 morceaux de sucres pour une briquette par exemple (4 si c'est du jus de raisin). En termes de sucres apportés et de rapidité de passage de sucre dans le sang - l'idéal étant que ce passage soit le plus progressif possible - le mieux reste dans l'ordre de préférence un fruit entier, puis un fruit pressé, puis un jus de fruit du commerce, dont la consommation devrait rester modérée, puis un soda qui devrait rester exceptionnel qu'il soit light ou pas (voir Trop de Sodas = Diabètes).

    Ces données sont relativement classiques et simples. C'est très proche du régime méditerranéen. Mais efficace d'après les chiffres donnés.

    "After control for several potential confounders (table 3), the risk of newly diagnosed COPD was one third lower in participants who ate the healthiest diet according to the AHEI-2010 (highest fifth) compared with those who ate the least healthy diet (lowest fifth): the multivariable hazard ratio was 0.67 (0.53 to 0.85). In both women and men, the healthiest diet was associated with a reduced risk of newly diagnosed COPD. "

    Traduction "Après ajustement de plusieurs facteurs de confusion, le risque de nouveau diagnostic de BPCO est d'un tiers inférieur pour les participants qui ont l'alimentation la plus saine au regard de l'outil AHEI 2010, comparés avec ceux qui ont une alimentation moins saine. Pour les hommes comme pour les femmes, l'alimentation la plus saine était associée avec un risque réduit de nouveau diagnostic de BPCO".

    Les grands principes de l'alimentation méditerranéenne traditionnelle sont  résumés ici :

    Et souvent discutées dans ce blog (indépendament de la BPCO, mais ce sont les mêmes principes), rédigé par un des chercheurs qui a le plus étudié les bienfaits santé de la diète méditerranéenne riche en omégas 3, pauvre en omégas 6, surtout pour les maladies cardiovasculaires (infarctus, avc, ...) :

    En termes préventifs, une alimentation de type méditerranéenne réduit donc considérablement le risque de développer une BPCO, indépendamment de la prise de tabac. L'arrêt du tabac, couplé à l'alimentation méditerranéenne, ne peut donc qu'améliorer ce pronostic. Ces données montrent donc que l'alimentation est importante pour la BPCO. Mais on peut faire encore mieux.

    Alimentation curative pour la BPCO

    Pour qu'une approche, médicamenteuse ou autre, soit validée scientifiquement, il faudrait disposer d'études cliniques avec au moins deux groupes distincts de patients (ceux qui prennent le traitement, ceux qui prennent autre chose). Mais cela coûte très cher, et tous les chercheurs ne disposent pas des budgets nécessaires. Une étude, estimée dans le cas de l'asthme, sur les mêmes bases que celles que je vais décrire pour la BPCO, aboutissait à un coût estimé à 800000 euros.

    Le protocole (pour les spécialistes : trois groupes de patients avec 3 alimentations différentes (mieux que les deux groupes usuels, pour éliminer certains biais, groupes randomisés les plus représentatifs possibles de la population réellement touchée par la BPCO, critères d'exclusion très limités (ce n'est malheureusement pas souvent le cas. Quelle que soit la pathologie, beaucoup d'études cliniques sont basés sur des groupes de gens très sélectionnés, avec un profil à la base plutôt favorable au traitement à tester, ce qui pose des problèmes d'effets secondaires mal connus lors de la mise sur le marché), malades répartis sur plusieurs centres, prise en charge intensive pour l'information des patients sur le type de nourriture à consommer, etc. etc.) peut être le plus séduisant possible, il faut qu'en face il y ait des moyens, et des équipes associées. Malheureusement ce type de recherche interventionnelle alimentaire n'est pas du tout au goût du jour.

    En l'absence de budgets et donc de recherches de ce type, il faut s'informer à partir des autres données existantes.

    Le Dr Seignalet a mis en place, dans les années 90, un modèle alimentaire global, adapté à plusieurs pathologies. Pour résumer, il classait la bronchite chronique (nom utilisé à l'époque), dans les maladies d'élimination. Les parois bronchiques (voir ensuite le paragraphe sur l'asthme, pour lequel c'est la muqueuse pulmonaire qui est concernée) rejettent des substances provenant du sang, ce qui favorise toutes les manifestations de la BPCO. Ces substances sont issues directement, ou indirectement, de l'alimentation. La logique est donc d'intervenir sur cette cause première.

    Il a traité 42 patients. 3 ont été améliorés, pour 39 le succès était jugé complet, avec des reculs de 1 à 8 ans (plus de nécessité de traitements, fin des infections bronchiques à répétition). Pour certains patients, le changement peut être très rapide après l'arrêt de l'alimentation. Un des points importants est que parmi les symptômes améliorés, figurent l'asthénie et la reprise de l'appétit. En résumé, en traitant la cause première, on réussit à réduire ou mettre au silence des symptômes gênants et parfois graves.

    Cette alimentation qui peut sembler privative ou étrange est de fait très proche de l'alimentation japonaise traditionnelle par exemple, réputée très bonne pour la santé et la longévité en bonne santé. C'est donc l'équivalent d'une alimentation très saine plus ou moins pratiquée (il y a des variations selon les régions et les époques) par des dizaines de millions de personnes. Elle est définie ici :

    En résumé, c'est une alimentation sans aucun produit laitier, sans gluten (ni seigle, ni avoine, ni blé, ni orge, ni triticale, ni épeautre petite ou grande, ni kamut), sans maïs, qui privilégie les cuissons basse température (vapeur douce, mijotages, etc.) ou le cru quand c'est possible.

    Est ce que cela a été confirmé ensuite ? Difficile à dire pour la BPCO, faute d'étude spécifique. Toutefois, le recensement de nombreux témoignages ultérieurs liés à l'asthme, et de quelques uns liés à la BPCO, suggère une efficacité très forte aussi bien sur la muqueuse des alvéoles que sur celle de l'arbre bronchique.

    Pour les patients, et les soignants qui veulent connaître les chiffres précis, et les mécanismes biologiques soupçonnés (en partie différents des mécanismes usuellement décrits), voir :

    Puis une mise à jour, avec des témoignages plus récents :

    Alimentation Seignalet à l'hôpital

    Ce chapitre est valable pour toutes les personnes suivant le régime Seignalet, que ce soit pour la BPCO, pour l'asthme, ou pour bien d'autres pathologies, qui passent à l'hôpital

    Plateaux repas

    Comme dit plus haut, une des préoccupations fréquentes des équipes soignantes est d'éviter la dénutrition. Note : celà peut paraître étonnant parfois pour des personnes obèses, mais il n'y a pas de contradiction. Il peut y avoir une obésité héritée d'évènements de vie antérieurs, qui a du mal à se résorber, et un apport alimentaire insuffisant pour faire face aux besoins de l'organisme.

    Mais il faut bien comprendre que l'alimentation Seignalet, en réduisant une partie des symptômes, permet souvent de retrouver l'appétit. Pour les patients aussi bien que pour les soignants, Il faut être ferme dans les demandes relatives aux repas, et exiger également, au delà des aliments déjà cités à exclure, l'absence totale de beurre et de crème fraîche, trop souvent considérés uniquement comme corps gras, et pas comme des produits laitiers, alors que la présence de protéines de lait y est possible.

    La réaction de ces patients n'est pas de type allergique, c'est vraiment une modification très rapide de la flore intestinale, puis de la muqueuse bronchique, qui est attendue. Ce n'est donc pas parce qu'il n'y a pas de réaction biologique manifeste qu'il faut considérer que le régime n'a aucun effet. Ce sont des résultats à moyen (mais parfois quelques jours) et long terme qui sont attendus.

    Nutrition entérale

    Des comorbidités (= maladies associées) ou des phases d'aggravation de la BPCO peuvent rendre temporairement impossible la prise alimentaire normale. Dans ce cas vous serez mis en nutrition entérale, c'est à dire avec une sonde, le plus souvent par le nez (sonde naso-gastrique), qui vous distribue la nourriture dans l'estomac. Ce sont des poches de produits spécialisés dont la majorité sont sans gluten et sans lactose. C'est déjà un très bon point pour la poursuite du régime Seignalet. Par contre, la plupart de ces produits sont réalisés à base de produits laitiers.

    Il existe toutefois quelques poches à base de protéines de lait hydrolysées, c'est à dire que ces molécules ont été cassées. Ces proches spécifiques sans gluten, sans lactose, avec des protéines de lait hydrolysées sont à ma connaissance ce qui se fait de plus proche du régime Seignalet.  Elles ne sont pas utilisées d'habitude pour une simple dénutrition, mais n'hésitez pas à demander si c'est possible, si vous pratiquez déjà ou commencez le régime Seignalet.

    Dans le cas contraire (résistance des soignants, poches adaptées non disponibles dans votre établissement, ..) prenez ce qui est disponible pour récupérer suffisamment d'énergie, car en général la durée est courte, et passez dès que possible à une alimentation orale de type Seignalet. C'est mieux que rien car déjà sans gluten et sans lactose.

    Plus tôt vous commencerez à supprimer gluten, maïs, produits laitiers, cuissons trop poussées, moins vous risquerez d'être exposés à ces passages désagréables. Il n'y a pas de garantie, mais tous les éléments connus montrent que votre BPCO sera largement améliorée.

    Conclusion pour l'alimentation et la BPCO

    La BPCO est une maladie souvent sournoise, discrète au début, mais qui évolue inexorablement, en détruisant petit à petit les fonctions pulmonaires.

    Le tabac, et certaines pollutions, sont les facteurs principaux de cette maladie qui tue énormément de monde chaque année (environ 16000 en France, dont de plus en plus de femmes). Il faut tout faire pour arrêter le tabac. Mais d'autres facteurs du mode de vie, ignorés jusqu'à assez récemment, sont importants. Surtout l'alimentation.

    L'alimentation de type méditerranéenne a un rôle préventif important, et démontré. C'est à mettre en place a minima et au plus tôt. Mais on peut faire encore mieux.

    L'alimentation Seignalet (très smilaire à l'alimentation japonaise par exemple) a un rôle curatif très probable, vécu par plusieurs patients, même si cela n'a pas pu être démontré par les méthodes scientifiques usuelles, fautes de budget. C'est la même chose pour l'asthme, quoiqu'on dispose de beaucoup plus de témoignages spontanés dans ce cas, qui montrent des résultats (plus de 70 % de réussite, c'est à dire de nette diminution, voire de disparition, du nombre de crises) pour une maladie avec un mécanisme très similaire à celui de la BPCO, hormis pour les tissus touchés : la paroi bronchique pour la BPCO. C'est à essayer le plus tôt possible pour éviter ou limiter les complications (emphysème, ...).

    A titre d'exemple, je mets en lien un témoignage d'une personne qui a éliminé de très nombreux problèmes de santé, dont la BPCO (elle en parle à la fin) grâce à la mise en place de plusieurs méthodes, principalement le régime Seignalet :

    La pratique de cette alimentation est possible y compris lors d'un passage en hôpital, même en cas de nutrition entérale (voir les détails dans le billet).

  • Personnes âgées : Médicaments à diminuer, stopper ou à ne pas commencer

    • Le 31/03/2017

    Résumé

    Mise à jour : Je remonte ce billet. En plus des médicaments cités ici, j'attire votre attention sur les molécules contenant du tramadol. Incontournable pour certains en cas de très fortes douleurs, cette molécule présente des effets indésirables puissants chez plusieurs personnes. Si vous êtes obligé d'en prendre, ne le faites pas seul, notamment au sevrage (progressif si possible) car cela peut présenter les effets secondaires d'un sevrage à une drogue. Je rajoute ces quelques lignes suite à la lecture de cet article, et des commentaires qui vont avec :

    http://docteurdu16.blogspot.com/2010/01/le-tramadol-est-une-molecule.html?showComment=1538175152213#c947580028938825633

    En cas de douleurs fortes, étudiez avec votre médecin toutes les alternatives possibles et efficaces pour éviter cette molcéule, ou pour en diminuer le dosage et la durée de prise. En cas de douleurs supportables, évitez la prise de cette classe de médicaments, les effets secondaires n'en valent pas le coup. Dans tous les cas, n'hésitez pas à passer par les pratiques dites alternatives avec actions possibles sur les degrés de douleur et qui ne vous proposent pas d'autres molécules à avaler : hypnose, ostéopathie, acupuncture, en fonction des thérapeutes présents près de chez vous et de leur réputation.

    Le billet initial est toujours valable, et il commençait ici :

    Des praticiens de santé du Canada ont choisi 14 médicaments à déprescrire si possible chez les personnes âgées, en raison de leurs effets secondaires et/ou de leur inefficacité. Ces médicaments mal et sur-prescrits sont rappelés ici, et commentés pour quelques uns. 

    J'élargis à d'autres molécules qui posent des problèmes similaires, puis à des pistes de solutions (deux médicaments à stopper en priorité pour baisser voire stopper les autres, hygiène de vie, alimentation). Ces solutions sont souvent efficaces pour soulager les pathologies que les médecins ont tenté de traiter avec les molécules dangereuses. 

     

    Constat rapide sur les médicaments

    Ce billet concerne d'abord les personnes âgées sur-médicamentés. Les conclusions, pour des médicaments peu efficaces et avec de nombreux effets secondaires, peuvent être utilisées par les autres patients, pour en discuter avec vos médecins afin de diminuer ou stopper les médicaments les plus inutiles, ou les plus dangereux.

    La surconsommation de médicaments est un fait connu et souvent dénoncé. Avec des effets secondaires dont une mortalité associée (liée à ces causes dites iatrogéniques) non négligeable. Les estimations, difficiles, varient. Elles ont par exemple été données à 140000 hospitalisations et 13000 décès par an en France. Les personnes âgées sont celles qui paient le plus lourd tribu. 

    Concrètement, comment faire, que supprimer, quand soi-même, ou un parent proche, êtes muni d'une longue ordonnance, avec de multiples effets secondaires et un médecin qui vous dit que ce n'est pas possible de faire autrement ?  

    Solution 1 : 14 médicaments à surveiller, diminuer ou stopper chez les personnes âgées

    Plusieurs professionnels de santé du Canada : infirmier(e)s, pharmacien(ne)s, médecins, avaient été interrogés, et ont rendu leur verdict, en 2015, sur les médicaments à supprimer en priorité chez les personnes âgées. Les résultats sont présentés dans cet article : http://journals.plos.org/plosone/article/file?id=10.1371/journal.pone.0122246&type=printable 

    La synthèse des avis des professionnels de santé est donnée dans ce tableau (traduction en français en suivant) :

    15 medicaments a arreter pr personnes agees canada

    Les médicaments dont les professionnels de santé du Canada interrogés se méfient le plus sont dans l'ordre décroissant (les premiers médicaments de la liste sont les plus décriés) : 

    1. Les benzodiazépines : utilisés contre l'anxiété, l'agitation, pour faciliter le sommeil
    2. Les antipsychotiques atypiques, dits de 2nde génération : utilisés contre les psychoses
    3. Les statines : classe d'anticholestérols la plus répandue
    4. Les antidépresseurs tricycliques
    5. Les "Inhibiteurs de la pompe à proton" : des molécules anti acidité gastrique, utilisées en cas d'ulcères, de RGO, de prise régulière d'aspirine, ...
    6. Les anticholinergiques contre les fuites urinaires
    7. Les antipsychotiques typiques, dits de première génération : molécules anciennes pour lutter contre les psychoses
    8. Les inhibiteurs de la cholinestérase : pris pour réduire les symptômes d'Alzheimer
    9. Les opioïdes : anti douleurs
    10. Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine : antidépresseurs, contres les troubles anxieux, ...
    11. Les biphosphonates : utilisés pour lutter contre l'ostéoporose, et parfois contre des métastases osseuses
    12. Les anti convulsivants : dits aussi anti épileptiques. La dépakine (célèbre pour provoquer des effets secondaires chez les foetus) fait partie de cette classe de médicaments.
    13. Les béta bloquants : utilisés surtout pour lutter contre plusieurs maladies du coeur, et contre l'hypertension
    14. Les anti-plaquettaires : utilisés contre le risque de formation de caillots

    N'hésitez pas une seconde à demander à votre médecin si vous ou vous proches pouvez diminuer les dosages de ces médicaments, ou les stopper. Plusieurs professionnels de santé pensent que ces molécules sont loin d'être toujours nécessaires. Et avec beaucoup trop d'effets secondaires.

    Il est trop long de passer en revue ici chacune de ces molécules, mais quelques enseignements généraux peuvent être déduits de l'article. J'effectue ensuite un  récapitulatif sur le diabète de type 2, qui est un des critères importants lié à cette liste, puisqu'au moins deux types de médicaments cités ici, et un autre non cité dans cette liste, augmentent le risque d'augmenter le diabète de type 2. 

    Pistes de discussions avec votre médecin

    Trois des quatre premiers médicaments concernent la santé mentale. L'autre est la classe de médicaments anticholestérol la plus répandue, la statine (il y a en fait plusieurs sortes de statines, qui se ressemblent beaucoup).

    Les statines sont connues pour être, entres autres, à l'origine de troubles cognitifs divers.

    Il est probable que l'arrêt de cet anticholestérol diminue une partie des troubles cognitifs, qui nécessitent eux mêmes des médicaments, on le voit mal tolérés. Cela ne signifie pas que tous les troubles cognitifs soient liés à la prise d'anticholestérols, mais simplement qu'ils peuvent les aggraver ou en déclencher. 

    Avec un moteur de recherche et les mots clé "effets cognitifs statines", on obtient de nombreux résultats, par exemple : http://www.notretemps.com/sante/dietetique/statines-liste-effets-secondaires-agrandit,i5060. Ce qui est intéressant ici, ce sont les commentaires, plusieurs font état d'effets indésirables divers. Certains renvoient vers les écrits du Dr de Lorgeril, que je cite régulièrement. Je conseille le lien suivant, sur les effets cognitifs des statines : http://michel.delorgeril.info/cholesterol/alerte-confirmation-de-la-neurotoxicite-des-medicaments-anticholesterol. Et celui-ci sur un effet secondaire encore plus connu, la douleur : https://aimsib.org/2017/03/22/statines-et-douleurs-musculaires-qui-desinforme-qui/

    PS : des médecins pourraient avoir été informés de l'absence, supposée, des effets cognitifs avec les nouveaux anti cholestérols injectables, en cours de développement. Ce n'est malheureusement pas crédible du tout. Voir à ce sujet le chapitre en fin de billet. 

    Bref, a minima pour les personnes âgées, rien que la suppression des statines pourrait largement diminuer la prise de médicaments anti dépresseurs, anti-alzheimer, et anti douleurs. Les mêmes causes produisant les mêmes effets - peut être moins rapides chez des personnes plus jeunes - la même prudence doit être nécessaire a priori pour les autres patients, quelque soit leur âge. 

    La suppression des statines pourrait aider à la diminution ou à la suppression des benzodiazépines, médicaments les plus cités en vue d'une déprescription par le panel de praticiens interrogés au Canada. Elles (les benzodiazépines) sont suspectées depuis longtemps d'augmenter les symptômes de type Alzheimer, tout comme les statines. J'avais écrit un billet à ce sujet : Somnifères dangereux et diabétes. Ce qui est dit dans ce lien au sujet des diabétiques type 1 et 2 peut s'appliquer aussi aux non diabétiques.

    La suppression de deux classes de médicaments : statines et benzodiazépines, pourrait considérablement améliorer la qualité de vie des patients âgés, et faciliter l'arrêt de plusieurs autres médicaments, dont plusieurs parmi les 12 autres problématiques selon les professionnels. 

    La lecture de l'article cité montre aussi que les progrès entre plusieurs générations de médicaments, par exemple les antipsychotiques de 1ère, puis de 2nde génération, ne sont pas évidents, puisque ces deux classes de médicaments font partie des plus décriées par les professionnels de santé pour les personnes âgées.

    Cela incite à se montrer prudent envers toute nouveauté présentée comme miraculeuse. Le "miracle médicamenteux" peut arriver, mais ne résiste pas toujours à une analyse des faits après quelques années d'utilisation. 

    Cas du diabète de type 2 (DT2)

    Quels sont les médicaments qui peuvent provoquer du diabète de type 2, maladie qui peut se caractériser une fois qu'elle est installée, par des complications diverses (yeux, reins, pieds, ...). Les médecins ont souvent tendance à surtraiter les patients atteints de DT2. 

    - les statines : Statines = diabètes. Les chiffres d'augmentation du DT2 sous statines augmentent régulièrement. Une raison de plus de se méfier de ces médicaments. D'autant qu'une fois qu'une personne est diabétique de type 2, les statines ne l'aident en rien, voire aggravent la situation : Résumé d'études cliniques

    - les inhibiteurs de la pompe à proton (IPP) augmenteraient aussi ce risque. Je viens de découvrir ce lien possible entre IPP et diabète de type 2 (source : Medscape). Je n'ai pas trouvé ailleurs mention de cet effet diabétogène ; les autres effets secondaires suffisent pour être très prudents vis à vis des IPP. Ces médicaments étaient déjà connus, entres autres, pour augmenter le risque de fractures osseuses, d'infections intestinales, de malabsorption de divers nutriments. La prescription d'IPP est parfois due à la prescription au long cours d'aspirine. Voir par exemple sur ce sujet les écrits du Dr de Lorgeril pour se passer, quand c'est possible, d'aspirine à long terme, et donc des IPP liés (Source : Prévenir l'infarctus et l'accident vasculaire cérébral). Dans ces cas, les anti-plaquettaires peuvent être préférables à l'aspirine. 

    - hors liste des 14 médicaments à déprescrire en priorité, les anti-arthrosiques pourraient également augmenter le risque de devenir DT2 (source : Medscape). A ce sujet, voir les pistes de solutions proposées dans le chapitre qui suit. 

    Solution 2 : Modalités d'hygiène de vie pour diminuer ou stopper les médicaments incriminés

    Aucun produit miracle, dit naturel ou médicamenteux n'est proposé dans ce chapitre. Des actions très concrètes en termes d'hygiène de vie et d'alimentation peuvent aider, avec la déprescription de molécules dangereuses par le médecin, à améliorer les états qui ont entraîné la prise de médicaments. 

    Fragilité osseuse, réelle ou supposée, (d'où prescription de biphosphonates, qui font partie de la liste des 14 médicaments les plus décriés) : voir les solutions préconisées dans ce billet : Fragilité osseuse, causes et solutions et dans celui-ci, dans le chapitre spécifique à l'ostéoporose : Glycations, médicaments, dans la revue Sports & Vie.

    Arthrose : le régime de type Seignalet, dit hypotoxique, fonctionne très bien pour stopper l'évolution d'une arthrose en cours. Voir par exemple les témoignages publiés ici : https://jacquelinelagace.net/tag/arthrose/. ou le témoignage du 17 octobre 2015 ici : https://www.regimehypotoxique.com/divers/temoignage/

    Pour les symptômes de type Alzheimer, voir les pistes d'amélioration nettes présentées dans ce billet, en plus de l'arrêt des benzodiazépines et des statines : Alzheimer, parkinson, ... aussi !

    Nouveautés miraculeuses ? Le cas des anticholestérols injectables

    Si vous êtes médecin, je vous invite avant de lire ce bref chapitre, à parcourir la littérature spécialisée à laquelle vous avez facilement accès. A titre d'exemple, Medscape, et les différents journaux médicaux. Vous verrez que parmi les cholestérols injectables, tous n'ont pas été arrêtés, et des bénéfices médicaux sont déduits par les auteurs de ces articles.

    Une analyse plus fouillée montre toutefois que les effets positifs relèvent plus de l'espoir que de la réalité médicale : http://michel.delorgeril.info/cholesterol/jupiter/exultate-jubilate-fourier-est-un-flop. Si par manque de temps vous ne pouvez lire ce lien passionnant, le résumé est : plus de décès dans le groupe traité que dans le groupe témoin. Il est intéressant de lire, malgré ça, les commentaires positifs dans des revues ou des sites dédiés aux médecins, prescripteurs potentiels. 

    Cela se rajoute aux travaux qui montrent que plus on baisse le LDL plus la mortalité ... augmente (lien en anglais).: http://bmjopen.bmj.com/content/6/6/e010401. C'est un argument de poids pour se méfier des traitements, ou régimes, anti cholestérols en général, dont les statines en particulier. 

  • Cancer du pancréas : causes éliminables ? Tabac et IPP

    • Le 23/10/2022

    Le cancer du pancréas est une maladie redoutable et redoutée en raison de la rapidité de son évolution. Son incidence a cru dans des proportions inquiétantes voire dantesques depuis les années 80. C'est une catastrophe pour les personnes concernées mais aussi pour leur entourage ainsi que pour les soignants avec souvent peu de marges de manoeuvres.

    Plusieurs données relatées ici mettent en cause la responsabilité de médicaments au regard des publications disponibles. Je suis un particulier qui suit ces questions depuis longtemps, ni médecin, ni soignant, ni chercheur. Pour toute question relative à votre traitement en particulier passez par votre médecin. Qui est indispensable aussi pour suivre l'évolution de ce type de maladie grave ou des autres maladies citées ici.

    Par contre les liens donnés ci-dessous, et les références associées, peuvent vous permettre d'entamer une discussion constructive avec votre médecin / votre équipe soignante. Il s'agit de votre santé, n'hésitez pas à échanger.

    Causes possibles classiques du cancer du pancréas

    Quand un particulier recherche des données sur le cancer du pancréas il tombe par exemple sur ce premier niveau d'information, limité mais fondamental :

    Facteurs de risque usuels du cancer du pancréas

    Cancer du pancréas : incidence, causes connues

    Le tabac est le premier suspect, une raison de plus pour le diminuer puis le stopper au plus tôt.

    Vient ensuite le diabète de type 2.

    Plusieurs billets de ce blog y sont consacrés (liens en fin de billet) : des causes aussi diverses que la consommation trop régulière de sodas, mais aussi de médicaments comme les statines sont des causes connues et récurrentes. Un autre cause médicamenteuse dont on va reparler longuement est la classe de médicaments anti acidité de l'estomac, les IPP, Inhibiteurs de la Pompe à Proton. J'en reparle un peu plus loin avec leur lien possible avec l'explosion de l'incidence du cancer du pancréas.

    L'obésité est citée également parmi les causes qui favorisent le cancer du pancréas..

    Pancréatite chronique : le lien est cité après les autres causes mentionnées. Un des aspects paraît peu clair : la pancréatite chronique est souvent liée à la prise excessive d'alcool. Un des liens indique qu'il n'y a pas de lien entre alcool et cancer du pancréas. Le lien entre pancréatite chronique et cancer du pancréas serait surtout connu pour les pancréatites chroniques tropicales (personnes jeunes en régions tropicales) ou héréditaires : Détails sur la pancréatite chronique

    Polluants ?

    Un des deux articles cités met en avant la possibilité de causes environnementales telles que les métaux lourds : risques accrus de cancers de pancréas chez certains groupes d'agriculteurs qui suggèrent la responsabilité de pesticides.

    L'exposition au Dioxyde de Titane ainsi qu'au Cadmium est aussi citée comme une cause possible.

    Les formes de cancer de pancréas héréditaire sont limitées à environ 5 % à 10 % des cas. Il paraît donc clair que le cancer du pancréas est une maladie environnementale au sens large, c'est à dire que la maladie est influencée par notre rapport à notre environnement, avec au premier rang ce que nous respirons (fumée de tabac) et au second rang ce que nous choisissons d'ingérer en provenance de notre environnement et la façon dont nous nous mouvons dans notre environnement (obésité). Les substances  respirées et ingérées de façon non intentionnelles (polluants, pesticides) pourraient jouer un rôle également.

    Avec une aussi forte sensibilité aux facteurs environnementaux, qu'en est il du rôle possible de molécules médicamenteuses ? Ce lien paraît net avec les médicaments de la classe des IPP = Inhibiteurs de la Pompe à Proton.

    Les IPP = anti-acides, cancer du pancréas et autres effets secondaires

    IPP = Inhibiteurs de la Pompe à Protons = prazols.

    Ces médicaments sont connus pour limiter les brûlures acides, les remontées acides, etc. Je ne tourne pas autour du pot ils semblent clairement associés à une augmentation des cas de cancer du pancréas :

    Association entre IPP et risque de cancer du pancréas (en anglais ; article de Plos One)

    Que disent les auteurs à l'issue de leur suivi de 12 années ?

    " Results: There were 3,086 cases of pancreatic cancer during the period of 2,920,000 person-years. PPI users exceeding 60 DDDs were at a higher risk of pancreatic cancer compared with non-users (HR, 1.34; 95% CI, 1.04-1.72). Subgroup analyses revealed that a significant association existed between PPI use and pancreatic cancer in low risk groups including individuals who were female, engaged in healthy lifestyle habits, and had no history of diabetes or chronic pancreatitis.

    Conclusion: Exposure to PPI appears to increase the risk of pancreatic cancer, independent of conventional risk factors."

    En gros ils écrivent que le risque est augmenté en moyenne de 34 % chez les personnes qui ont pris des IPP. Ce risque est augmenté de la même façon chez les personnes qui ont une vie saine sans les facteurs de risques connus usuellement.

    En d'autres termes la prise régulière d'IPP pourrait être une des causes de l'augmentation incroyable des cas de cancers de pancréas pendant ces 30 dernières années, de façon indépendante des autres facteurs de risque.

     

    A noter que bien d'autres effets secondaires graves sont connus pour cette classe de médicaments :

    Les IPP aggravent la Covid-19

    Lien qui cite ce billet : https://michel.delorgeril.info/diabete-2/inhibiteur-de-la-pompe-a-protons-medicament-antiacide-et-sante-cardiovasculaire/

    Rien que les données relatées ici auraient dû depuis longtemps, avant la crise Covid-19, conduire les autorités à revoir les indications et les traitements systématiques par IPP.  Les autres effets secondaires également. Le lien avec Cancer du pancréas, bien sûr, très inquiétant, mais aussi ce type de lien :

    Lien entre IPP et maladie du foie gras = stéatose hépatique non alcoolique (en anglais ; pubmed)

    En résumé : après un suivi de 13 années sur plus de 75000 patients, le risque supplémentaire de développer une stéatose hépatique non alcoolique est, une fois ajustés tous les autres facteurs de risque,d'en moyenne 50 % supérieur chez ceux qui ont pris des IPP, avec un effet dose-réponse.

    Déjà cité dans un lien précédent et tout aussi fondamental :

    Liens entre IPP et diabète de type 2 (en anglais ; british medical journal)

    Les auteurs indiquent que la prise d'IPP est associée avec l'apparition de cas de diabètes de type 2. Augmentation en moyenne de 5 % avec moins de deux ans de traitement par IPP, qui passe à une augmentation moyenne de 26 % avec un traitement de plus de 2 ans.

    Cancer du pancréas, surmortalité cardio-vasculaire, aggravation du Covid-19, diabète de type 2, stéatose hépatique sont de bonnes raisons, voire des raisons impérieuses pour rediscuter de ce traitement et des alternatives possibles avec votre médecin. D'autres effets non cités ci de type diarrhées paraissent non rares au dire des patients qui en prennent.

     

    Comment diminuer ce risque de cancer du pancréas ?

    Utiles dans ces moments précis les IPP restent sur-employés au regard de l'ensemble des effets secondaires connus. Il faudrait leur préférer dans la majorité des cas :

    - si incontournables, une prise à la demande uniquement en cas de crise de douleurs acides, pas en prévention ;

    - sinon un pansement gastrique (type Maalox) qui n'a pas d'effets secondaires aussi poussés ;

    - des mesures hygiéno-diététiques : gérer les moments de prise de boisson, éviter certains aliments (à voir avec votre diététicien) qui favorisent les poussées acides ainsi que travailler sur les postures d'après repas par ex. (toujours à voir avec votre diététicien) pour éviter de favoriser ces poussées ou remontées acides par action mécanique. A noter que la théobromine du chocolat avait été indiquée comme pouvant favoriser ces remontées acides (références non retrouvées), cet aliment fait partie de ceux à éviter dans ces cas de figure ;

    - dans beaucoup de situations liées à un traitement cardio-vasculaire : re-discuter avec votre cardiologue après avoir de préférence lu les chapitres dédiés dans l'ouvrage résumé ici :

    Maladies cardiaques : progrès médicaux à connaître

    Le but ici est de remplacer au plus tôt possible la prise de l'aspirine par un anti-plaquettaire (type Plavix sous réserve de résultat du test Vasp, sinon autre antiplaquettaire avec adaptation des doses au besoin). Car l'aspirine favorise les douleurs liées à l'acidité stomachale et que les médecins lui associent souvent systématiquement la prise d'IPP.

     

    En résumé pour diminuer le risque de cancer du pancréas, deux niveaux d'action en termes de priorités sont spécifiques à cette maladie :

    • Arrêter le tabac au plus tôt
    • Limiter ou stopper la prise d'IPP en collaboration avec son équipe soignante.
    • Limiter la prise d'aspirine au long cours. Un autre billet cité en lien entre dans le détail concernant le traitement de maladie cardio-vasculaire à base d'aspirine qui entraîne quasi systématiquement la prise d'IPP. D'autres options sont possibles en relation avec vos facteurs de risques, à discuter impérativement là encore avec votre médecin. Par exemple en cas de pose de stent, l'aspirine reste indispensable pendant une moyenne de 6 mois mais devrait être systématiquement remplacée ensuite (cf. détails dans le lien : Maladies cardiaques : progrès médicaux à connaître)

    Puis

    • Améliorer au mieux son alimentation
    • Faire de l'exercice
    • Manger des aliments bio quand cela est possible pour éviter l'exposition trop massive à des polluants

    L'ensemble de ces actions sont de plus favorables à une vie globale en bonne santé.

     

    Autres liens utiles pour diabète de type 2 et obésité

    Un lien est possible entre ces états et le cancer du pancréas. Sans connaître l'effet sur le cancer du pancréas on peut limiter la gravité d'un diabète de type 2  et parfois de l'obésité.

    Billets en lien avec le diabète de type 2.

    Il y a encore des nouveautés intéressantes d'une façon globale sur cette maladie, j'en ferai un billet dès que possible. En attendant des causes de diabètes de type 2 ont été clairement identifiées ou fortement suspectées :

    Statines = diabètes ; Polluants et DT2 ; Trop de Sodas = Diabètes

    Parmi les pistes d'amélioration, outre limiter l'exposition aux polluants cités, aux sodas et discuter avec son médecin pour réévaluer les traitements par statine et par IPP (voir plus haut), modifier son mode de vie a aussi des vertus intéressantes pour ramener la glycémie vers des valeurs plus compatibles avec une bonne santé à long terme. Par exemple : Témoignages DT2

     

    Billet en lien avec l'obésité

    Lutter contre l'obésité est plus facile à dire qu'à faire. Quelques pistes de réflexion et d'action pour regagner en santé surtout et parfois en silhouette : Obésité : causes principales et moyens d'action

  • Bons choix pour la santé y compris pour le cancer du sein

    • Le 16/10/2022

    Ce billet traite de santé mais aussi de salaire car ça permet de très bien comprendre l'importance des chiffres utilisés. Comme d'habitude je précise que je ne suis pas soignant mais un patient qui suit depuis longtemps quelques uns des sujets ayant trait à la santé.

    Pour décider si une action médicale peut-être efficace il faut disposer de données les plus solides possibles.

    Elles conditionnent les choix en santé publique : est-ce que les autorités autorisent et favorisent tel ou tel protocole ? Est ce que les équipes soignantes sont informées et incitées à les utiliser ? ainsi qu'en santé individuelle : est-ce que pour tel patient ce protocole est nécessaire ? Doit-on l'adapter à ce patient ?

    Les critères nécessaires pour des données fiables sont stricts et nombreux. L'un d'entre eux est la réduction de risque. Depuis de longues années et encore aujourd'hui un désaccord persiste sur le type de réduction à prendre en compte. Très schématiquement du côté des chercheurs affiliés à l'industrie et des médecins universitaires liés par contrat pour des essais cliniques on pousse à utiliser la réduction de risque relatif. Du côté de médecins, chercheurs et médecins-chercheurs plus indépendants ainsi que de patients informés on pousse à utiliser la réduction de risque absolu. Chaque vision a ses supporters . Toutefois en 2022 il paraît étonnant qu'on cherche encore à publier des résultats en diminution du risque relatif, c'est pourtant le cas.

    D'autres l'expliquent mieux que moi. Prenez le temps de lire les quelques liens qui suivent. C'est rapide et facile d'accès et ça conditionne aussi nos propres décisions sur l'acceptation de tel ou tel traitement.

     

    Réduction du risque absolu avec dépistage du cancer du sein

    C'est défini dans le chapitre "Points négatifs -3).

    Les auteurs l'expliquent très bien. Dans cet exemple une baisse de risque annoncée à 20 %, ce qui est formidable, est un leurre car c'est annoncé en réduction de risque relatif. En réduction de risque absolu on tombe à ... environ 0,1 %. Exprimé autrement : 1 personne sur 1000 bénéficiera du protocole en plus de 10 ans d'application de ce protocole. Bref ce résultat n'est pas significatif et aucune décision de santé publique ne devrait être prise sur ces bases.

    Les deux chiffres sont vrais et représentent la même chose : 20 % = 0,1 % en termes d'effets. Le second chiffre, la réduction de risque absolu, paraît être le seul qui montre l'action réelle du protocole en question à l'échelle de la population traitée.

     

    Risque relatif et absolu par un médecin

    Ici c'est un médecin qui nous explique cela de façon claire. Avec le même exemple que dans le lien précédent puis un autre exemple également. Cette prise en compte nécessaire s'adresse aussi bien à nous, patients, qu'à pas mal de médecins qui prescrivent de bonne foi sur la base de réduction de risque relatifs qui donnent une image faussée de la réalité.

     

    Si on augmentait nos salaires, notre RSA, nos prestations CAF, etc. par une augmentation relative on s'apercevrait illico du foutage de gueule. Un patient a lui-aussi abordé cette question des risques relatifs et absolu en prenant avec humour cet exemple d'augmentation de revenus. C'est amusant et très parlant :

    Pourcentage relatif et absolu en santé ou pour les salaires

     

    Lire ces exemples permet déjà d'avoir une bonne vision de l'importance des chiffres à prendre en compte. Oui mais après, on en fait quoi ?

    Dans le cadre d'un des dépistages de masse pris comme exemple, ici pour le cancer du sein, cela pousse des médecins à réclamer  l'arrêt du dé^pistage de masse remplacé par des dépistages ciblés : familles à risque, antécédents, comportements à risque, etc. Le but est d'éviter des sur-mutilations c'est à dire des opérations pour des personnes qui n'auraient pas souffert de ces cancers et de se concentrer sur les personnes les plus susceptibles de bénéficier de programmes ciblés. Je ne sais pas où en est ce débat mais la question devrait être posée et débattue plus ouvertement. Vous trouverez par exemple sur Twitter plusieurs médecins qui tirent la sonnette d'alarme à ce sujet de façon argumentée, par exemple : doc du 16 twitter

    Dans le cadre des maladies cardio-vasculaires cela permet de changer de nombreuses approches et de sauver beaucoup plus de vies. En résumé d'anciennes façons de considérer ces pathologies et de les traiter étaient basées sur des diminution de risque relatif. La prise en compte de la diminution de risque absolu permet de relativiser plusieurs de ces approches et de se recentrer sur ce qui est réellement utile pour les patients. C'est le sujet de ce billet : Maladies cardiaques : progrès médicaux à connaître que je vous incite à consulter.

     

    Quand un traitement, un dépistage une action médicale pose question, si vous avez des effets secondaires, pas d'effets bénéfiques ressentis n'hésitez pas à en parler à votre médecin.

    Demandez lui les résultats de ce médicament ou de tel protocole de dépistage en réduction de risque absolu. Discutez en posément afin d'avoir toutes les cartes en main.

    Vous pourrez avoir des surprises et lui-aussi. Il a peut-être des arguments qui montrent que dans votre cas précis, telle action médicale reste recommandée, écoutez-les aussi, discutez en. Mais plus la réduction de risque absolue est basse moins le médicament en question paraît utile.

    N'oubliez pas de poser les mêmes questions pour tout traitement alternatif. Vous pourrez également avoir des surprises.

  • Maladies cardiaques : progrès médicaux à connaître

    • Le 28/05/2022

    Infarctus et AVC : comment les prévenir ou empêcher les récidives

    En blanc surligné de bleu : les points clé.

    Le texte qui suit ne remplace pas la relation entre patients et médecins, qui reste incontournable, d'autant plus pour des maladies de cette nature. Au contraire un des buts est de faciliter l'appropriation par tous de ces données récentes et de stimuler les discussions constructives entre patients et médecins, en vue d'une réelle meilleure durée et qualité de vie en bonne santé.

    Je suis et j'écris sur des questions de santé depuis longtemps, mais ne suis ni soignant, ni chercheur. Ici comme ailleurs dès qu'il s'agit de santé allez vérifier les sources avec les liens & ouvrages cités.

    Ce billet concerne des évolutions majeures récentes de la médecine, réellement efficaces pour les maladies CV. Il s'adresse à toutes et toutes et toous, encore plus aux personnes :

    - déjà atteintes ou à risque cardio-vasculaire (notées CV dans la suite) : histoire familiale avec un ou plusieurs infarctus (=crise cardiaque), et/ou AVC ischémique ou hémorragique, phlébites, embolies pulmonaires ;  hypertension notable ; syndrome métabolique ; "Foie gras" = stéatose hépatique non alcoolique ; etc.

    - diabétiques de type 2 surtout, de type 1 également ;

    Tout ce qui est résumé ici peut s'appliquer aux patients diabétiques. D'autres questions se posent sur les médicaments anti-diabétiques oraux, ou encore sur les nombreux médicaments diabétogènes dont plusieurs utilisés couramment, je ferai un billet dédié aux diabètes.

    - atteintes de toute maladie auto-immune, encore plus pour celles connues pour majorer le risque CV ;   Cf. en fin de billet.

    - atteintes de fibrillation auriculaire ;

    - qui cumulent un ou plusieurs facteurs de risques nets : sédentarité choisie ou forcée ; tabagisme ; alimentation déséquilibrée ; stress intenses ; sédentarité ; cannabis en même temps que certains médicaments ;

    - femmes avec traitements contraceptifs considérés comme augmentant les risques CV ;

    - femmes à l'approche, pendant ou après la ménopause ;

    - qui ont tout autre état pouvant favoriser les maladies CV ;

    - qui ont un ou plusieurs médicaments visant à prévenir tout risque ou toute récidive de maladie CV ;

    - qui sont soignant(e)s avec un temps trop limité pour parcourir avec recul la littérature médicale dans son ensemble sur ces sujets. ;

    - qui s'intéressent à la médecine et à la biologie.

    Les maladies cardio-vasculaires constituent une cause majeure de mortalité. Des progrès incroyables (scientifiques, techniques, de savoir-faire aussi dans les domaines chirurgicaux) ont déjà été conduits dans ce domaine.

    Mais il reste bien des mystères. Par exemple pourquoi telle personne sans facteurs de risques nets déclenche une crise cardiaque ? Et une autre avec des facteurs de risque habituels n'en déclenche pas ?

    Enfin plusieurs cancers ont des facteurs de risques similaires aux maladies CV. Ce qui suit est à lire aussi de ce pont de vue, notamment en termes de mode de vie.

    Livre "Comment échapper à l'infarctus ou à l'AVC" du Dr Michel de Lorgeril

    Le Dr Michel de Lorgeril est le principal chercheur à l'origine de la notion de régime méditerranéen qui sauve des vies même en prévention secondaire, c'est à dire après un infarctus. Il a également mené très tôt ou participé à plusieurs recherches sur la biologie des plaquettes sanguines, sur les polyphénols, et a vécu la période d'apparition des stents, les évolutions des techniques de pontage, etc. Bref il a pu participer et assister à la plupart des évolutions de ces dernières décennies concernant les maladies cardio-vasculaires, ainsi que du système immunitaire, très lié.

    Il a écrit et co-écrit plusieurs articles dans les revues médicales spécialisées, dont certaines très souvent citées, ainsi que plusieurs livres tous publics sur ce sujet, toujours passionnants et ultra référencés. Son tout dernier est celui qui est le plus complet sur la majorité des problématiques cardio-vasculaires ainsi que sur les traitements associés.

    Si vous vous pensez concernés, acquérez le livre, ou commandez le à votre bibliothèque. C'est une avancée considérable pour votre propre prise en charge et pour les médecins, pour la prise en charge des patients à risque CV ou avec des maladies CV, quel que soit leur parcours et leur situation actuelle.

    Je tente ici un résumé, partiel tant l'ouvrage est complet et documenté. Je n'ai pas la place d'aborder plusieurs chapitres : techniques diagnostiques, malnutrition et dénutrition, plusieurs aspects de l'importance du mode de vie, rôle des vitamines B, insuffisances cardiaques et aspects nutritionnels liés, périodes liées à la ménopause, stéatoses, diabètes (j'en ferai un billet à part), non importance de mesurer plusieurs paramètres comme les triglycérides (ce qui est important est la qualité des acides gras transportés, pas la quantité des transporteurs que sont les triglycérides), etc.

    Des chapitres techniques sont plutôt dédiés aux professionnels de santé, ainsi que les publications citées. Dont certaines, fondamentales, n'ont pas été toujours mises en avant dans la presse médicale classique. Pour tous les lecteurs, patients, chercheurs, médecins : les chapitres de type cas clinique "Le cas Gérard" "le cas Malika", .... sont accessibles à tous et très parlant.

    Avant toute chose l'auteur insiste sur le concept de médecine de précision, adaptée à chaque patient, en dehors de toute standardisation de traitement.

    Des facteurs de risques CV majeurs

    Facteurs de risques biologiques

    Nombreuses références à l'appui le médecin présente les facteurs de risque CV majeurs : les paramètres de l'hypercoagulation. C'est un des thèmes centraux du livre. Les paramètres qui suivent expliquent nettement les formations de thrombus et l'athérosclérose, détaillés finement dans l'ouvrage.*

    Fibrinogène ; Homocystéine ; Protéine C ; Protéine S ; Antithrombine ; Lipoprotéine (A).

    Ce sont les paramètres sanguins, accessibles en médecine de ville (c à d non réservés à l'hôpital) les plus importants à mesurer si vous êtes dans un des cas cités plus haut. D'autres paramètres sanguins sont discutés aussi, mais ils sont d'utilisation plus exceptionnelle.

    Selon le paramètre, une valeur trop élevée ou trop basse doit alerter. Mais un ensemble de tendances y compris comprises dans les normes doit alerter aussi, encore plus en cas d'historique familial riche en événements CV et/ou de mode de vie délétère.

    * Descriptions qui rappellent que l'athérome, pourtant si souvent cité, n'existe pas. Seule l'athérosclérose, donc avec une partie indurée (sclérose), est présente dans le corps humain. Quand après un examen médical on vous dit que vous avez une plaque d'athérome à tel ou tel endroit, c'est en fait une image indirecte, interprétée comme telle, de façon erronée. Cela contribue à la méconnaissance des mécanismes en oeuvre dans le système sanguin. Car cela donne l'impression que les corps gras accumulés sont la cause majeure de la fermeture de l'artère, alors que les mécanismes sont très différents.

    Facteurs de risque liés au mode de vie

    Ces facteurs de risque liés aux caractéristiques biologiques de chaque personne peuvent se lier aux facteurs de risque liés au mode de vie : tabac, alimentation, sédentarité, pollutions, souffrances psychiques intenses, (professionnelles, familiales, ...). Ils sont tout aussi importants et font l'objet d'un développement qui devrait parler à chacun, avec des indications nettes de ce qui fonctionne ou moins en terme de durée de vie en bonne santé.

    L'arrêt du tabac, une alimentation de type méditerranéenne, la prise en compte des souffrances subies, la mise en place d'une activité physique adaptée à chaque profil, .... restent incontournables et présentent des bénéfices nets pour la santé.

    Un rôle central : l'endothélium des vaisseaux sanguins

    L'ensemble est modifié par et/ou influence un élément clé : l'endothélium, c'est à dire la paroi interne des vaisseaux sanguins. La bonne santé de l'endothélium conditionne le bon déroulement des processus, incessants dans notre corps, de coagulation et de fibrinolyse = arrêt de la formation du thrombus (le caillot) avant qu'il ne risque de boucher le vaisseau sanguin.

    L'endothélium est influencé, de façon neutre, positive ou délétère par les paramètres du mode de vie. Ces derniers devraient faire l'objet d'une évaluation systématique, suffisamment longue, au cabinet médical, car ils ont un rôle majeur.

    C'est ce système : endothélium en plus ou moins bonne santé et paramètres de l'hypercoagulation qui joue un rôle dans la formation des thrombus (= caillots) et de l'athérosclérose.

    Des médicaments antithrombotiques peuvent être nécessaires en fonction des résultats de ces analyses et de l'historique familial. Des changements du mode de vie sont le plus souvent nécessaires également.

    Les médicaments antithrombotiques sont : les anti-agrégants plaquettaires = anti plaquettaires ; les anticoagulants ; les fibrinolytiques. Certains sont du domaine des urgences hospitalières. D'autres sont utilisés en médecine quotidienne, ce sont ceux qui sont discutés. Je cite ici quelques éléments mais le livre reste incontournable.

    Médicaments discutés dans l'ouvrage

    Molécules antithrombotiques et aussi IPP (souvent liés à la prise d'aspirine) :

    - les antiplaquettaires.

    L'aspirine prescrite au long cours pose une grande quantité de problèmes santé. Elle ne devrait être réservée qu'à un cas précis : en doublon d'un autre anti-plaquettaire après stenting, pendant une durée de 6 mois environ, à moduler en fonction par ex. des paramètres de l'hyper-coagulation.

    Dans strictement tous les autres cas : lui préférer le Plavix. Réaliser un test "VASP" au préalable et en cas d'intolérance au Plavix, passer alors au Ticagrelor (brilique). En cas d'essoufflement par ex. avec ce dernier, pondérer la dose.

    Parmi les effets secondaires discutés de l'aspirine (sur l'endothélium, toxicité rénale, insuffisances cardiaques, estomac et digestion des vitamines B, ...) : les brûlures d'estomac. L'aspirine détruit une partie de la couche protectrice de l'estomac) qui conduisent souvent à prescrire des IPP (Prazols, etc.).

    - Les IPP

    Ces derniers sont source d'effets secondaires qui paraissent soit embêtants (pb digestifs de type diarrhées), soit parfois majeurs, certains connus depuis longtemps, d'autres plus récents : Les IPP aggravent la Covid-19

    Les IPP devraient être prescrits uniquement à la demande en cas de brûlures gastriques, ponctuellement, jamais de façon systématique ni standardisée. Ou encore mieux, remplacés par des pansements gastriques, à la demande également en cas de symptômes.

    Mais selon les données disponibles, l'idéal est de remplacer l'aspirine dès que possible après stenting, au plus tôt dans tous les autres cas. Cela limitera déjà le recours systématisé aux IPP et leurs effets secondaires.

    Les IPP pourraient par ailleurs interférer avec le métabolisme du Plavix. C'est une raison supplémentaire de les éviter.

    - Les anti-coagulants

    c'est une des principales nouveautés, qui nécessite aussi discussion avec le médecin traitant pour évaluer l'intérêt d'un changement d'ordonnance. A ce jour ce sont les anti-vitamines K qui sont utilisés en majorité. Ils nécessitent des analyses sanguines régulières pour mesurer l'INR et adapter les dosages pour éviter les risques hémorragiques, aussi bien que les risques de caillots. D'autres anticoagulants existent. Ils ont été déconseillés pendant plusieurs années, par ex. par ce médecin. J'en avais écrit quelques lignes aussi (non retrouvées) à l'époque en déconseillant à l'époque le Pradaxa et préférant les anti-vitamines K.

    La situation a changé par apparition d'antidotes efficaces pour ces nouveaux anti-coagulants. En résumé : en cas d'hémorragies liés à ces médicaments, les antidotes permettent un retour à la normale. Ca paraît constituer une avancée majeure. 3 nouveaux anticoagulants oraux existent : Xarelto, Eliquis, Pradaxa. En fonction des publications, de l'efficacité et des effets secondaires recensés et de ses expériences cliniques l'auteur affiche une préférence pour l'Eliquis, tout en invitant les médecins à adapter le choix de prescription à chaque patient. Pour l'Eliquis : la double prise journalière permet de très vite modérer le risque hémorragique par arrêt de la prise.

    Pourquoi remplacer les anti-vitamines K pourtant connues depuis longtemps ? C'étaient il y a peu les seules molécules sur le marché mais elles présentent plusieurs effets secondaires et nécessitent une prise de sang et des ajustements permanents. Les situations alternatives maintenant disponibles que sont Xarelto, Eliquis et Pradaxa devraient conduire à utiliser ces derniers, avec une préférence à ce jour pour l'Eliquis.

    Ces antidotes sont disponibles à ce jour en contexte hospitalier, leur praticité d'utilisation dans votre cas précis nécessite aussi une discussion avec votre médecin.

    A noter que ces médicaments sont prescrits notamment en cas de Fibrillation Auriculaire. Pour plus de détails sur cette pathologie, se rapporter au livre.

    Dans tous les cas, une discussion est nécessaire avec le médecin pour adapter la meilleure approche pour chaque patient.

    Les omégas 3

    Ce sont des nutriments importants qui ne devraient pas être utilisés comme des médicaments.

    L'auteur indique le changement de composition sanguine de la population entre l'étude de Lyon, celle qui a fait connaître l'importance des omégas 3 végétaux et la situation actuelle. Lors de l'étude de Lyon, les vies sauvées l'étaient vraisemblablement en partie par correction des déficiences en omégas 3 "végétaux" (A.L.A). Aujourd'hui les mêmes supplémentations ont un rôle plus limité car les analyses sanguins montrent la présence de ces omégas 3. Il y a beaucoup moins de déficits dans la population. Grâce notamment à cette étude de Lyon et aux communications faites ensuite. Les déficits sont donc plus rares, apporter des omégas 3 à une personne non déficitaire aura beaucoup moins d'effets sur sa santé.

    La composition des omégas 3 consommés et prescrits est une autre problématique. Ce sont souvent des omégas 3 différents de ceux présents dans l'alimentation. Cette différence est génératrice d'effets secondaires possibles (fibrillation auriculaire par exemple). Les excès en omégas 3 peuvent aussi créer plusieurs effets secondaires.

    En d'autres termes les omégas 3, végétaux (dans l'huile de Colza, les noix, pas mal de légumes verts par ex. mâche et pourpier) et animaux (poissons notamment poissons gras mais aussi, dans une moindre mesure, si les animaux sont nourris à l'herbe et à l'extérieur dans les oeufs, dans la viande) sont à consommer régulièrement dans le cadre alimentaire classique. La supplémentation peut devenir problématique selon les types d'omégas 3 pris et selon les doses consommées.

    Elle reste un plus en cas de malnutrition manifeste ou encore d'allergie au poisson.

    Note : l'étude de Lyon avait consisté à pousser le groupe traité à s'alimenter avec une alimentation équilibrée entre les acides gras essentiels omégas 6 (trop consommés et donc diminués) et omégas 3 (sous-consommés et donc augmentés) dans le cadre d'une alimentation de type méditerranéenne riche en légumes, huile d'Olive, etc., avec un groupe témoin qui se nourrissait selon les recommandations des autorités médicales de l'époque pour les patients à maladies CV. La survie a été nettement meilleure dans le groupe "alimentation méditerranéenne et équilibrée en omégas 6 et 3" que dans le groupe "alimentation recommandée de façon classique". A noter que la survenue de cancers était aussi moins nombreuse dans le groupe "alimentation méditerranéenne" malgré le bref temps d'étude : quelques années.

    Les antihypertenseurs

    Le diagnostic de l'hypertension devrait reposer uniquement sur des holters posés pendant suffisamment de temps pour visualiser les niveaux de tension ainsi que les variations. Une pression diurne assez élevée mais accompagnée d'une pression plus basse pendant la nuit est de meilleur pronostic qu'une pression moyenne qui ne baisse pas en période nocturne. Des symptômes gênants sont une autre raison de traitement.

    En termes de traitement les changements de mode de vie, c'est à dire activités physiques adaptées et alimentation méditerranéenne, allégée en sel si besoin, sont régulièrement préférables et plus efficaces que les traitements médicamenteux.

    Si des traitements doivent être pris : préférer les diurétiques en 1ère intention *.

    D'autres médicaments peuvent être nécessaires. Tous (IEC, Bêtabloqueurs, etc.) ont des effets secondaires parfois inattendus, parfois sérieux, discutés dans l'ouvrage. C'est au médecin de choisir la classe de médicaments en fonction de son expérience. Mais l'approche adaptée nommée médecine de précision par le Dr de Lorgeril permet de réduire le nombre de patients qui nécessitent ces médicaments.

    Cas particulier des patients coronariens  avec hypertension :

    La baisse de la pression systolique s'accompagne de la baisse de la pression diastolique (en gros quand le coeur se décontracte, phase qui lui permet de s'irriguer lui-même). Les recommandations usuelles donnent une pression diastolique à atteindre de l'ordre de 70/80 (le 2ème chiffre quand on vous donne la tension est 7 ou 8).

    Si les recommandations usuelles indiquent une pression diastolique idéale vers 70/80, l'auteur indique qu'une pression de 80, voire légèrement supérieure, est de meilleur pronostic, notamment en cas de sténose des artères coronaires, pour permettre une irrigation efficace du coeur.

    * L'auteur n'aborde pas ici un phénomène qui serait régulier : les diurétiques sont efficaces mais font uriner, c'est leur rôle. En conséquence certains patients stoppent ce traitement pour aller moins aux toilettes. Il est vraisemblable que les médecins devraient davantage discuter avec leurs patients pour les convaincre de l'intérêt des diurétiques et peut être aussi jouer sur les doses.

    Les anticholestérols

    D'autres analyses et traitements pourtant usuellement proposés voire faisant partie des pratiques bénéficiant de ROSP pour les médecins (Rémunération sur Objectifs de Santé Publique, les médecins sont rémunérés quand ils ont prescrit tel type de test ou de médicaments, qui sont  jugés importants pour la santé publique) sont décrits. En fonction des données cumulées et de l'expérience clinique, plusieurs sont largement déconseillés.

    Au premier rang desquels les statines et l'ensemble des médicaments anti-cholestérol. Le nombre étonnant d'effets secondaires de ces médicaments, y compris des effets qui majorent les risques CV, (effet diabétogène net par exemple), leur inefficacité chronique (cf. publications récentes citées dans l'ouvrage), les constats de mortalité accrue quand le LDL est bas, etc. devraient amener à arrêter ces prescriptions. Y compris dans les cas de prévention secondaire et d'Hypercholestérolémie Familiale (HF), hétérozygote*. Des médecins pourront bondir à la lecture de cette dernière phrase : je vous invite vivement à parcourir d'abord les chapitres dédiés et les références citées sur ces sujets.

    * L'HF homozygote est extrêmement rare. La LDL-aphérèse serait la technique de traitement la plus adaptée. L'auteur souligne par contre un possible excès d'utilisation de cette technique en cas d'HF hétérozygote.

    En conclusion de ces chapitres :

    la médecine de précision telle que décrite, en s'intéressant pour chaque personne aux facteurs clés des risques ou maladies cardio vasculaires, permet une approche réellement plus efficace. C'est une approche qui reste médicale, des traitements sont régulièrement nécessaires. Mais au regard des ordonnances très standardisées souvent prescrites, le progrès est là aussi considérable puisqu'on peut parfois passer d'ordonnances d'une 10 aine de médicaments à un seul ou quelques uns.

    Ce qui signifie que les effets iatrogènes (effets secondaires des médicaments) diminuent d'autant. Mais que les facteurs de risque réels sont par contre pris en compte, ce qui est plus sécure pour les patients.

    Le livre cité fait à mon sens partie des ouvrages de médecine à lire absolument, à la fois par les patients et par leurs soignants. J'espère vous en avoir donné l'envie.

    Maladies auto-immunes et risques CV

    Apparté : je remercie toutes les personnes qui m'encouragent et qui trouvent parfois ici, sur des maladies auto-immunes parfois mal connues, des synthèses qu'elles trouvent peu ailleurs et qui leur permet, avec les références citées, de mener leurs propres recherches. Je développe particulièrement ce chapitre à l'attention de toutes les personnes atteintes de maladies auto-immunes en lien avec un risque CV. Il y a souvent de quoi améliorer la qualité de vie et le pronostic, en complément de la médecine usuelle. Dans ce chapitre je cite puis m'éloigne de l'ouvrage cité.

    Maladies auto-immunes et risques CV dans le livre du Dr de Lorgeril

    Les passages relatifs aux maladies auto-immunes dans cet ouvrage, bien que brefs, sont à lire attentivement par les soignants.

    Des événements CV sont parfois liés à des maladies auto-immunes, qui ont pu passer inaperçues jusque là. La recherche d'auto-anticorps peut parfois permettre de déceler une maladie auto immune, pour celles génératrices de troubles cardio-vasculaires. Parmi ces anticorps les antiphospholipides majorent les risques d'hypercoagulation. Les médicaments à base d'anticorps monoclonaux utilisés en traitement de maladies inflammatoires intestinales ou rhumatismales augment la sécrétion de ces types d'anticorps. Ces traitements, parfois incontournables, ont donc des effets délétères. Qui peuvent toutefois être nuancés par les approches "mode de vie".

    Données complémentaires hors ouvrage cité

    Pour mémoire, certaines maladies auto-immunes sont plus associées au risque CV :

    Lupus érythémateux disséminé ; Thyroïdite de Hashimoto ; Polyarthrite rhumatoïde ; Diabète de type 1 ; Polymyosite / dermatomyosite ; Périartérite noueuse ; Sclérodermie systémique, (Sclérodermie localisée dans une moindre mesure) ; Cirrhose biliaire primitive ; Anémie hémolytique auto-immune ; Psoriasis ; Spondylarthrite ankylosante ; Sclérose latérale amyotrophique (= maladie de charcot) ; Maladie de Behcet ; Chorée de Sydendham (= danse de Saint-Gui) ; Maladie de Crohn ; Maladie de Basedow ; Purpura thrombocytopénique ; Hépatite lupoïde (= HAI, Hépatite auto-immune) ; Sclérose en plaques ; Myasthénie grave* ; Anémie pernicieuse ; Polymyalgia reumatica ; Maladie de Reiter (= Arthrite réactionnelle, type de spondylarthrite après infection à Chlamydia ou Shigella, Salmonella, Yersinia, Campylobacter) ; Fièvre rhumatismale ; Sarcoïdose** ; Sjögren ; Colite ulcéreuse ; Granulomatose de Wegener.

    Source : Maladies CV et auto-immunes

    Je sors maintenant totalement du cadre de l'ouvrage du Dr de Lorgeril  pour rappeler d'autres spécificités des maladies auto-immunes.

    Toutefois ce que propose le Dr de Lorgeril reste incontournable : mesures des paramètres de l'hypercoagulation, arrêt du traitement par anticorps monoclonaux si possible, modification du mode de vie notamment en termes alimentaires. Ce qu'il propose en termes alimentaires est déjà un progrès immense : la mise en place d'une alimentation méditerranéenne modernisée. Cela apporte des bénéfices santé indéniables. Ce serait un palier bénéfique à atteindre pour l'ensemble des patients concernés.

    Mais je pense qu'on peut aller beaucoup plus loin et faire encore mieux pour la partie alimentaire : la mise en place d'une alimentation très proche de l'alimentation japonaise traditionnelle, l'alimentation Seignalet.

    Dans les grandes lignes : l'alimentation Seignalet vise à s'attaquer aux causes premières de plusieurs maladies auto-immunes, environnementales et pour la majorité alimentaires. Le but est de diminuer la réaction immunitaire initiale, ce qui permet aussi de diminuer les phénomènes inflammatoires et tous les phénomènes secondaires à l'auto-immunité.

    Quelques exemples de discussions et résultats sur des maladies auto-immunes, avec une approche Seignalet et parfois d'autres paramètres environnementaux, ou encore des maladies dans lesquelles l'alimentation paraît intervenir très peu comme la SLA :

    Confirmation pour la maladie de behcet, une vascularite ; Vascularites

    Maladie de Basedow Graves et Seignalet

    Polyarthrite et arthrose : succès flagrants

    Sclérodermies : rôles majeurs de polluants et d'aliments ; Sclérodermie en coup de sabre chez un enfant : témoignage

    SLA Maladie de Charcot : exemple de maladie surtout environnementale ?

    SPA : Spondylarthrite ankylosante, SEP et Seignalet

    Aucune étude interventionnelle randomisée (pas en double aveugle car ce n'est pas possible dans l'alimentaire) n'a été réalisée dans ces domaines, ce qui peut faire hésiter des médecins ou des patients. Pourtant cette alimentation est très proche de l'alimentation japonaise traditionnelle, considérée comme une des meilleurs au monde, avec la méditerranéenne, pour la durée de vie en bonne santé.

    Par ailleurs les témoignages disponibles, comme ceux rapportés ci-dessus, sont le plus souvent concordants.

    Pour avoir un peu vu, par la fenêtre certes, le fonctionnement et les priorités du système de recherche en médecine, ainsi que des systèmes de financement, nous pouvons attendre bien longtemps avant que des études de qualité soient financées en ce sens. Tout médecin, tout spécialiste, avec une habilitation à la recherche clinique pourra essayer de bâtir un essai de qualité en ce sens pour s'en rendre compte (suffisamment de patients, critères d'exclusion clairs et le moins poussés possible pour rester représentatifs, hypothèse primaire nette et non mélangée avec d'autres critères, réel suivi et accompagnement professionnel des patients pour les changements alimentaires, éventuellement constitution de 3 groupes pour limiter l'absence de double-aveugle, etc.). Il risque de mesurer toute la difficulté de ce type de recherche là.

    Dans l'attente, l'alimentation Seignalet étant très similaire à une alimentation associée à une longue durée de vie en bonne santé, tout un chacun peut essayer cette approche. Dans plusieurs cas cela a permis à terme de diminuer la posologie des traitements pris, et donc les effets secondaires associés. Les alimentations méditerranéenne et l'alimentation Seignalet sont résumées ici :

    Alimentations méditerranéenne et Seignalet

     

    * La Myasthénie est une des maladies qui pourrait ne pas répondre à l'alimentation Seignalet. J'ai croisé une personne qui n'avait pas guéri mais amélioré par contre nettement son état par la pratique régulière de Chi-Qong. Il est possible que la pratique régulière des mouvements doux, précis, variés, amples, associé à des respirations calmes, plutôt ventrales, puisse jouer le même rôle. C'est peut être un cas isolé ou un mieux-être passager pour la personne mais c'est intéressant d'essayer pour les patients atteints.

    ** Les causes de la Sarcoïdose paraissent être liées à l'air ambiant, notamment à la présence de poussière de silice. L'alimentation jouerait un rôle mineur.

     

     

  • Les traitements en cours fonctionnents-ils sur la mortalité ?

    • Le 21/02/2022

    Ce billet porte sur des critères pour conclure si un traitement est efficace, ne l'est pas, ou si les données disponibles sont insuffisantes. Toute ressemblance avec une situation existante ...

    Je ne suis ni soignant ni chercheur, n'hésitez pas à vérifier tous les chiffres que je cite et ce que j'écris. Je me base ceci-dit sur les chiffres et publications officielles pour les données brutes de traitement, mortalité ou hospitalisations, et je choisis à la fin des liens de chercheurs et/ou médecins ou encore particuliers qui font de même.

    Les préalables : méthodologies, etc. sont importants, mais longs. Si vous manquez de temps allez directement à la seconde partie avec les graphes. Ainsi que vers les liens et vidéos en fin de billet. Par exemple celle du Pr qui intervient devant le congrès en Espagne condense et résume de façon très claire et professionnelle plusieurs des problématiques rencontrées. Ou encore si vous préférez des approches par des médecins.

    J'emploie le terme général de "traitement" car la même logique de précautions et d'analyse des résultats devrait prévaloir pour toute substance préventive ou curative, pas uniquement celle évoquée ici. Et accessoirement pour éviter à ce post d'être placardisé par des algorithmes des moteurs de recherche.

    Des traitements comment, pour qui et pour quoi ?

    Imaginons une maladie qui se répand rapidement et qui occasionne, hélas, un surcroît de mortalité. Tout traitement proposé devra être testé de façon minutieuse, dans un voire plusieurs essais cliniques randomisés en double-aveugle. Plusieurs essais distincts pour une même molécule permettraient de mieux cibler les catégories de population qui en bénéficient ou celles qui n'en bénéficient pas, voire celles pour qui c'est délétère.

    Une fois le produit testé et approuvé avec les méthodes idoines, ce produit peut être diffusé auprès des catégories de population concernées, avec ses doses adaptées.

    Parmi les procédures idoines il y a la conception : quel est l'objectif précis (primary endpoint) de l'essai ? Cette question conditionne la constitution des groupes : catégories d'âges, de population, critères d'exclusion, nombre de personnes nécessaires et durée nécessaire. Si par exemple un essai a pour objectif principal de limiter les infections mais conclut ensuite que le traitement diminue les formes graves, c'est à ce stade un possible non-sens ; un essai, avec comme objectif principal de diminuer les formes graves, devrait être rebâti, avec de nouveaux groupes de taille adaptée, pour tester cette nouvelle hypothèse. Il semble que ce type d'erreur ait été effectué pour un des traitements les plus répandus. Je renvoie aux écrits du Dr de Lorgeril qui analyse les essais cliniques très précisément sur plusieurs aspects dont celui-ci ou aux interventions du Dr Alice Desbiolles qui évoque brièvement cette partie là.

    En résumé tout essai qui vise un objectif ne peut que confirmer ou infirmer si cet objectif est atteint, rien d'autre. Pour une autre hypothèse il faut un autre essai. Si ce n'est pas possible, le résultat non recherché reste peu interprétable.

    Par ailleurs si la maladie qui se répand offre un grand taux de rémission spontanée, de plus de 90 %, la méthodologie des études doit être extrêmement scrupuleuse, car avec ces ordres de grandeur des erreurs d'interprétation sont très vite possibles. On peut vite déduire une efficacité alors que c'est le taux naturel de guérison.

    Sur quel critère mesurer l'efficacité du traitement ?

    - Un taux d'anticorps ou toute autre analyse biologique ? C'est un critère indicatif indirect, nécessaire mais non directement corrélé à l'état clinique, donc pas toujours fiable.

    - Un niveau d'hospitalisation ? Il subsiste des différences de choix d'admission, de places, etc. entre les établissements, les saisons, les pays, la disponibilité en personnel hospitalier, ce critère, indicatif lui aussi, n'est également pas fiable à 100 % .

    - La mortalité ? C'est a priori le critère le plus sûr pour jauger d'un traitement sur une maladie en partie mortelle. Ce critère n'est pas non plus totalement fiable car les calculs de mortalité ne sont pas effectués partout pareils, les vérifications de causes de mortalité sont plus rapides dans des pays que dans d'autres. ou encore l'attribution de causes de mortalité est parfois discutée. Mais cela reste le moins mauvais de tous ces critères et les grandes tendances restent a priori les mêmes après vérification.

    Mesurer l'efficacité du traitement en valeur relative ou en valeur absolue ?

    C'est une question cruciale, uniquement si l'essai est bien fait. On peut très bien avoir une efficacité de 95 % en valeur relative, affichée partout, mais de fait autour de 1 % en valeur absolue. C'est le cas pour le traitement le plus utilisé au monde actuellement, comme pour son concurrent. Cf. les différents liens dont la vidéo du Pr espagnol, qui résume très bien cet aspect ou un lien dédié à cette question ou bien encore les écrits du Dr de Lorgeril qui avait décrit cet aspect il y a des mois.

    Comparaisons - conclusives ? - de traités et de non-traités

    Toutes ces étapes préalables doivent être réalisées du mieux possible. Car dans la vie réelle ensuite il est ensuite beaucoup plus difficile de comparer une groupe traité et un groupe non traité.

    Sinon trop de biais sont possibles. Par exemple : telle  maladie affecte préférentiellement des classes sociales plus pauvres. En majorité celles-ci auront plus tendance à refuser les traitements en fonction de leurs expériences médicales antérieures : en termes médicaux purs mais en terme de condescendance ressentie aussi et/ou d'incompréhension, ou encore d'accès difficile au monde médical. Ce sont des situations classiques, vues à plusieurs reprises.

    Quand on croit comparer en vie réelle la mortalité d'un groupe traité contre un groupe non traité, on risque donc de comparer par ex. des niveaux sociaux différents ainsi que les états sanitaires antérieurs correspondant. Avec souvent un désavantage pour les groupes les plus pauvres : beaucoup plus en contact avec des sources de contamination, un état nutritionnel, et donc immunitaire, plus aléatoire, expositions plus poussées à des toxiques dans l'habitat et/ou comme maladies professionnelles qui abîment au choix sphère ORL, poumons, reins .... C'est même d'une effroyable banalité. Il est étonnant qu'assez peu de médecins, mais il y en a quand même, ne fassent cette distinction. Bref ces comparaisons restent peu valables. C'est une des erreurs majeures actuelles, comparer à longueur de temps des groupes qui de fait sont peu ou pas comparables.

    A-t-on un exemple actuel comportement différent entre personnes en fonction de leur situation socio-économique ? Oui dans cet article du Lancet par exemple : Article Lancet Différences comportements tests en France

    Je traduis une partie du résumé : " L'incidence du SRAS-CoV-2 était plus élevée dans les zones les plus défavorisées que dans les zones les moins défavorisées (...) et les taux de positivité étaient également plus élevés (...), alors que les taux de dépistage étaient plus faibles dans les zones les plus défavorisées que dans les zones les moins défavorisées (...). Les taux d'incidence et de positivité du SRAS-CoV-2 sont restés plus élevés dans les zones les plus défavorisées que dans les zones les moins défavorisées pendant les deuxième et troisième confinements nationaux, et une variation du taux de dépistage a été observée en fonction de la densité de population."

    Un autre article récent sur le sujet avec un titre très clair : Les plus défavorisés sont moins souvent vaccinés

    Des parties de la population se sont donc beaucoup moins testées que d'autres et développent des incidences plus fortes. La charge virale initiale est aussi un des facteurs possibles de gravité de la maladie. Il est possible ou probable que cette population recoupe en partie celle des non-vaccinés. La sur-mortalité de non traités peut tout autant être due au manque de traitement qu'à une charge virale plus forte, plus d'épisodes de contamination, ou tout autre facteur par exemple plus de comorbidités, un classique aussi, sans rapport avec le traitement.

    Enfin la logique de toute épidémie est, à terme, de diminuer d'intensité. Par ailleurs l'expérience acquise en réanimation tend a priori à en améliorer l'efficacité, par exemple en sachant dans quels cas intuber ou pas, etc. La baisse globale de mortalité est donc une évolution logique et classique.

    Les effets constatés sur la mortalité en population générale

    Si tous ces problèmes existent, pourquoi dit-on qu'un traitement est efficace ? Bonne question, ce n'est pas si sûr au regard des évolutions de mortalité.

    Pour répondre à cette question de façon concrète et aussi visuelle, j'ai récupéré des graphiques issus du site Our World in Data.

    Précautions de lecture des graphes

    Les courbes du premier schéma = niveau d'administration du traitement en schéma dit complet, c'est à dire avec le nombre de doses requises.

    Les courbes du second schéma, en dessous = mortalité en pourcentage au regard de la population.

    Pour un gain de place j'apparie plusieurs pays entre eux, de préférence des pays proches les uns des autres, comparables. Bien regarder les chiffres à gauche pas toujours à même échelle selon les graphes. Une grande vague dans un pays peut paraître modérée dans un autre. Le point de départ chronologique entre mortalité (début 2020) et distribution de traitement (début 2021) n'est pas le même, les dates en bas de chaque graphique aident à comparer les courbes.

    Avant chaque graphique "traitement" j'indique : Pays (% de gens avec traitement complet au 16 ou 17 février 2022)

    La question des boosters est traitée dans le chapitre suivant.

    Quatre pays du sud de l'Europe

    Portugal (91%) - Espagne (83 %) - Italie (entre 77 et 78 %) - France (entre 77 et 78 %)

    Vc italie france espagne portugal

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dc italie france espagne portugal

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    En termes de mortalité :

    Le Portugal connaît sa 3ème vague de mortalité, en décrue mais encore en cours. C'est le 4ème pic de mortalité en Espagne, encore en hausse au 18/02/2022.

    Quatrième vague de décès pour l'Italie et la France.

    Le Portugal, à 90 % de schéma complet, est un exemple type de pays pour lequel le traitement distribué a soit joué un rôle limité sur la mortalité, soit n'a joué aucun rôle. La situation des 3 autres pays, notamment en Espagne à ce jour, va dans le même sens. Les pics de mortalité sont heureusement en décrue pour trois pays, mais non finis. Ils sont encore en croissance en Espagne.

    Ces 4 pays montrent que le rôle du traitement, massivement distribué, paraît être mineur dans la progression de la mortalité.

    Cinq pays du nord de l'Europe

    Plus ou moins de l'autre côté de l'Europe. Danemark (81 % traitement complet) - Finlande (76 %) - Suède (74 %) - Allemagne (74 %) - Norvège (73 %)

    Vc nordiques

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dc nordiques

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le Danemark est en train de connaître son principal pic de mortalité depuis le début de la pandémie, toujours en progression. Le Danemark est un autre exemple type d'inutilité ou d'utilité très modérée du traitement distribué.

    En Finlande la vague de mortalité en cours est également la plus élevée depuis le début. La progression diminue mais est toujours là. L'Allemagne a connu son second pic de mortalité à mi-décembre. Depuis début février la mortalité repart à la hausse, de façon plus modérée.

    La Norvège n'a pas connu à ce jour de grand pic de mortalité. Est-ce que ce bon résultat est dû à la siutation géographique du pays? Difficile à affirmer mais c'est possible. Ce bon résultat depuis le départ, bien avant l'arrivée d'un traitement, n'a pas grand chose si ce n'est rien à voir avec le taux de traitement.

    Israël

    Israël (66 % - trois doses de traitement pour la moitié de la population début janvier - 4 ème dose administrée à partir du 3 janvier aux plus de 60 ans et au personnel soignant après avoir été injectée aux immuno-déprimés)

    La particularité de ce pays est d'avoir eu le plus rapidement au monde une administration massive du traitement.

    Vc israel

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dc israel

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le pic actuel de mortalité, hélas démarré en même temps que la distribution étendue de la 4ème dose, le 3 janvier, est le plus élevé qu'ait connu ce pays. J'espérais ici aussi qu'il soit bref, mais la décrue est encore lente.

    Le traitement a-t-il eu un rôle pour limiter les vagues précédentes et celle-ci ? C'est possible car les vagues ont été en moyenne moins hautes que dans d'autres pays dits riches. Mais des vagues ont tout de même eu lieu et les données des ces dernières semaines ne plaident pas pour l'utilité du traitement.

    Les modalités de traitement, à doses répétées pour des catégories plus ciblées de population, ne semblent que peu ou pas fonctionner. La concomitance entre 4ème dose et surcroît de mortalité est a priori une coïncidence, troublante tout de même. Scientifiquement parlant et vue la corrélation entre 4ème dose et pic de mortalité, une hypothèse de causalité devrait être recherchée, de façon la plus transparente possible, pour mieux la démentir s'il le faut.

    Bien que moins net que pour le Portugal et le Danemark, l'échec du traitement en Israël semble être manifeste également. La population est moins protégée qu'avant, malgré une distribution intensive du traitement aux personnes jugées fragiles ou en danger.

    Deux pays au centre de l'Europe

    Je reprends l'Allemagne dans ce graphe pour faciliter la comparaison avec un schéma précédant.

    Tchéquie (63 %) - Autriche (72 %)

    Vc tchequie autriche

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dc tchequie autriche

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    La mortalité vient de connaître un pic en Tchéquie, heureusement moins fort que les précédents. La Tchéquie est un des pays qui a connu les plus forts taux de surmortalité liée au Covid. Le niveau de traitement relativement bas et la mortalité élevée pourrait plaider pour l'utilité de ce traitement. Néanmoins alors que ce traitement est de plus en plus distribué la mortalité continue à augmenter en Autriche, ce qui va peu dans le sens d'une efficacité.

    Les deux pays d'Amérique du Nord

    Canada (80 %) - US (64 %)

    Vc us canada

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dc us canada

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le Canada vient de connaître sa 2ème vague de mortalité quotidienne, sa 3ème si on prend en compte l'étalement dans le temps à ce stade. Les Etats-Unis en sont à leur 2nde vague de mortalité. Cette différence entre deux pays voisins peut-être une indication de l'efficacité du traitement. Néanmoins les encouragements passés répétés pour une partie de la population US de ne pas s'occuper de gestes barrières ont pu également jouer un rôle néfaste dans la contagiosité et la charge virale de personnes pour partie en déficit immunitaires (obésité répandue surtout dans les classes populaires). En résumé la différence de vaccination peut jouer un rôle sur la différence de mortalité mais d'autres aspects peuvent l'expliquer aussi. Les vagues de mortalité plus imposantes aux Etats-Unis qu'au Canada au moment où le vaccin était plus répandu aux Etats-Unis semblent montrer que le traitement n'est pas un facteur efficace pour limiter la mortalité.

    Et deux pays d'Asie

    Japon (79 %) - Corée du sud (86 %) - France ajoutée pour faciliter la comparaison

    Vc japon coree sud)

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dc japon coree france echelle

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le Japon est une île très peuplée. La Corée du Sud, avec sa seule frontière terrestre quasiment étanche, est une quasi-île. A ce stade et comme dans d'autres secteurs asiatiques, la pandémie paraît avoir peu frappé. C'est actuellement le premier pic de mortalité pour le Japon. Le 3ème, encore en progression, pour la Corée du sud. La vaccination était déjà à 80 % quand la vague la plus meurtrière du pays a touché a Corée du Sud.

    La situation géographique particulière rend difficile toute interprétation, avec une mortalité beaucoup plus faible, dès le départ, que dans les pays occidentaux. Le traitement a t il contribué à cet aspect ? Difficile à dire car même limitées les vagues de mortalité prennent de l'ampleur récemment alors que le traitement est devenu très répandu.

     

    Globalement pour la majorité des pays cités, le démarrage de la distribution du traitement s'est faite surtout à partir du printemps et de l'été 2021. L'effet positif globalement constaté à ce moment-là : moins de contaminations et moins de décès a probablement été dû à un effet "saison", l'été étant moins propice aux infections respiratoires. La reprise de la mortalité à l'automne 2021 et/ou cet hiver 2021-2022 va dans le sens d'un effet saisonnier plus que lié au traitement.

    Mourir du Covid ou avec le covid ?

    Une des explications avancées pour ces mauvais résultats est de dire : les gens meurent d'autre chose mais le variant actuel est si contagieux qu'en fait le diagnostic "mort de la maladie contagieuse" est faussé. C'est une possibilité, mais le rapport taux de contamination / décès n'est pas si net par exemple en Allemagne, ce qui va dans le sens d'un découplage entre ces deux valeurs. Les décès "covid-19" semblent bien être des décès covid-19.

    Effet des booster ?

    Les booster sont les doses supplémentaires de traitement, déjà citées pour Israël. Parmi les pays cités, Italie, Portugal, Israël et Allemagne sont les plus concernés avec 55 % à 60 % de personnes boosterisées.

    Boost ts pays

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pour l'ensemble des pays l'accélération est nette entre début et mi-novembre 2021. On voit d'emblée que ces boosters n'ont pas empêché la vague de mortalité des différents pays entre les mois de décembre et le 18 février. Une corrélation avec la mortalité, à investiguer comme écrit plus haut, semble même apparaître en Israël.

    En résumé la distribution massive à très massive d'un traitement semble avoir eu un rôle limité à nul sur la mortalité dans une majorité de pays. Le Portugal, le Danemark et dans une moindre mesure Israël sont des contre-exemples de l'efficacité du traitement.  La troisième dose, voire la 4ème en Israël, n'ont pas pas joué de rôle apparent d'évitement de la mortalité qui est même montée en flèche à ce moment.

    Conclusion ?

    Difficile de conclure que le traitement ou les traitements disponibles fonctionnent. Mais difficile de dire également qu'ils n'ont jamais aucune utilité pour personne. Comme le demandent plusieurs des professionnels particulièrement expérimentés cités ci-dessous, ces traitements paraissant peu efficaces pour la mortalité et n'empêchant pas la transmission, ils devraient être réservés aux personnes qui en expriment la volonté. Les chiffres récents ne plaident pas pour la continuité d'une obligation. Ils plaident plutôt pour une grande prudence, notamment avec l'exemple de la mortalité dans les pays les plus traités et les plus boostérisés.

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