Carences ?

Une page avec autant de questions que de réponses, ce domaine est loin d'être aussi connu que ce que l'on pourrait croire. Une page appelée à évoluer en fonction des progrès de connaissance, des retours d'expérience, etc.

En résumé de cette page :

- les approches alimentaires type Seignalet sont parfois très décriées, par peur des carences, notamment en calcium ;

- une étude récente montre que plus la consommation de lait est forte, plus la mortalité est forte également, et que cette consommation ne réduit pas le risque de fracture chez les femmes, ou n'a aucun effet chez les hommes ;

- l'argument "carences" est étonnant : quand, grâce à une alimentation bien choisie, on normalise ses glycémies en cas de diabète de type 2, divise nettement le nombre et la gravité des crises d'asthme, quand on diminue le nombre de crises invalidantes de Polyarthrite rhumatoïde et les déformations articulaires, quand on diminue le nombre de crises de maladie de Crohn, toutes choses à retentissement fort sur la qualité et la durée de vie, soit on le fait en créant des carences, et il n'y a plus qu'à compenser ces carences de la bonne façon, et continuer de profiter des bienfaits de ces changements alimentaires, soit ces carences n'existent pas, ou alors leur portée biologique est limitée, et une surveillance ponctuelle suffit,

- A titre personnel, étant très suivi médicalement, depuis longtemps, pour une diabète de type 1, on m'a détecté récemment une carence en Phosphore, sans aucun symptôme associé, carence que des médecins du service ont tôt fait de mettre sur le compte des non apports en produits laitiers (d'autres hypothèses ont été émises aussi). Après des recherches, des interrogations, je n'ai pas retrouvé ce phénomène chez d'autres personnes qui ne prennent aucun produit laitier depuis des années.

- calcium, phosphore, ... sont parmi les éléments les plus importants du corps humain. La méconnaissance dans ces domaines, par les mondes scientifique et médical, montre que d'énormes progrès restent à faire pour la compréhension de leurs rôles, de leurs apports nécessaire, de leur synergie avec d'autres éléments (magnésium, diverses vitamines, ...). Et qu'en parallèle, les affirmations sur les normes, les apports conseillés, les recommandations officielles, sont le reflet de connaissances fragmentaires, sur la base de compromis plus que de données scientifiques établies.

- beaucoup de questions restent posées dans ces domaines ; méfiez vous des conclusions sans appel, qu'elles viennent de praticiens classiques (médecins, diététiciens, ...), de journalistes ou de praticiens alternatifs (naturopathes, médecines alternatives en général, produits miracles dans les rayons compléments alimentaires, dans les magasins bio, ...).

Contexte 

Le régime hypotoxique, sans gluten, sans produits laitiers, sans maïs, est souvent réputé, chez une partie des médecins et des diététicien-ne-s, comme susceptible d'entraîner des carences. 

Pourtant, ce régime est très très proche du régime Japonais traditionnel, et notamment okinawaien, connu comme étant un des plus sains du monde, et qui contribue à la longévité exceptionnelle sur cette île. 

En occident, la principale crainte est la carence en calcium, avec la peur de l'augmentation du risque de fracture si une personne ne prend pas de produits laitiers.

Cela fait des années que des patients, des médecins, des scientifiques, des journalistes s'écharpent en débats contradictoires à ce sujet. Parmi les médecins-chercheurs, le Dr Seignalet affirmait haut et fort dès le début des années 90 que ce lien entre lait et os était un mythe ne correspondant pas à la physiologie de l'os, et que de plus le lait pouvait parfois être dangereux, ainsi que souvent contribuer à l'ostéoporose. Parmi les journalistes qui combattent ce mythe, Thierry Souccar qui a écrit notamment le livre "Lait, mensonge et propagande". Parmi les citoyens, patients, il y en a beaucoup, dont certains sont devenus connus ou très connus notamment sur internet : Manon (cf. l'appart des spasmos en lien), et diverses personnes sous pseudos internet, sur les sites dans lesquels les noms ne sont pas autorisés : Pr Petzouille, Olive verte (que je connais très bien !), ... Impossible de faire une liste exhaustive de toutes les contributrices et de tous les contributeurs. Ces exemples soulignent le fait que ce débat existe de façon soutenue et très argumentée en France depuis les années 90. Et relayés de façon plus poussée encore grâce aux écrits récents de Jacqueline Lagacé, JM Magnien, et aux innombrables témoignages sur le net, dans la presse écrite, ou quelquefois lors de reportages télévisés.

Parmi les autres contributions récentes, celle du Dr Poinsignon : http://docteurpoinsignon.over-blog.fr/article-la-premiere-regle-dietetique-du-dr-seignalet-voyage-au-bresil-122362978.html. Les explications du blog sont parfois plus rapides que le détail que ce Dr donne lors de ses interventions orales très complètes : Résumé de la conférence du 4 octobre 2014, mais l'essentiel y est.

Cet article de blog, comme les écrits du Dr Seignalet, et des autres auteurs cités, avait été écrit avant la parution de l'étude ci-dessous :

Consommation de lait, fractures et mortalité

Une étude récente vient donner des précisions sur le rôle du lait :

http://www.bmj.com/content/349/bmj.g6015

Results During a mean follow-up of 20.1 years, 15 541 women died and 17 252 had a fracture, of whom 4259 had a hip fracture. In the male cohort with a mean follow-up of 11.2 years, 10 112 men died and 5066 had a fracture, with 1166 hip fracture cases. In women the adjusted mortality hazard ratio for three or more glasses of milk a day compared with less than one glass a day was 1.93 (95% confidence interval 1.80 to 2.06). For every glass of milk, the adjusted hazard ratio of all cause mortality was 1.15 (1.13 to 1.17) in women and 1.03 (1.01 to 1.04) in men. For every glass of milk in women no reduction was observed in fracture risk with higher milk consumption for any fracture (1.02, 1.00 to 1.04) or for hip fracture (1.09, 1.05 to 1.13). The corresponding adjusted hazard ratios in men were 1.01 (0.99 to 1.03) and 1.03 (0.99 to 1.07). In subsamples of two additional cohorts, one in males and one in females, a positive association was seen between milk intake and both urine 8-iso-PGF2α (a biomarker of oxidative stress) and serum interleukin 6 (a main inflammatory biomarker).

Conclusions High milk intake was associated with higher mortality in one cohort of women and in another cohort of men, and with higher fracture incidence in women. Given the observational study designs with the inherent possibility of residual confounding and reverse causation phenomena, a cautious interpretation of the results is recommended.

En résumé : après un suivi de l'ordre de 20 ans sur plusieurs dizaines de milliers de personnes, plus les femmes boivent de lait, plus leur mortalité augmente. Et leur risque de fracture ne diminue pas. Chez les hommes, il y a une légère augmentation de mortalité en parallèle à la consommation de lait, pas suffisante pour être considérée significative. 

La consommation de lait semble, d'après les auteurs, être liée à des marqueurs d'oxydation* et d'inflammation**, qui pourraient participer à ces effets.

* NDB (Note du blogueur) : l'oxydation, c'est un phénomène normal et nécessaire dans le corps, qui aide à combattre des virus, des bactéries, grâce aux fameux radicaux libres, mais par contre, ce phénomène peut devenir pathologique quand il est trop marqué. Il y a beaucoup de débat sur les liens entre la prise d'anti-oxydants en gélules, poudres, préparations diverses, et un sur-risque de mortalité. Par contre, les alimentations riches, entres autres, en éléments anti-oxydants, c'est à dire riches en légumes notamment, et en fruits, sont protectrices pour la santé : alimentation traditionnelle crétoise, alimentation traditionnelle okinawaïenne, ... Donc, dans l'attente d'y voir plus clair parmi les préparations anti-oxydantes, qui pourraient marcher et celles qui sont délétères, mieux vaut une alimentation riche en légumes et en fruits, sans s'interdire le vin rouge, de façon modérée bien sûr. En cas de prise d'anti-oxydants en compléments, le faire à doses modérées (cf. la rubrique Liens).

** NDB (Note du blogueur) : l'inflammation est un phénomène connu depuis longtemps, sous le descriptif connu, "rougeur, gonflement, chaleur, douleur". D'autres aspects sont moins visibles. L'inflammation chronique est suspectée être à l'origine d'un grand nombre de pathologies, ou de complications de ces pathologies. Un peu comme l'oxydation, c'est un phénomène naturel qui nous sauve la vie, mais qui en excès serait responsable de maladies et de décès. Les anti-inflammatoires font partie des classes de médicaments les plus connus, et parfois extrêment efficaces, par exemple dans le cas de l'asthme. 

L'inflammation chronique a eu tendance à être mise à toutes les sauces ces dernières décennies. Le problème est que les phénomènes inflammatoires sont composés de multiples interactions entre des molécules différentes, qui ne sont pas toutes connues. Augmenter ou baisser, de façon excessive, telle ou telle molécule inflammatoire revient à risquer de modifier la biologie d'autres molécules très utiles. De plus, le phénomène inflammatoire est une réaction naturelle du corps. Lutter contre la réaction peut soulager, mais ne supprime pas la cause première. Les anti-inflammatoires sont souvent très utiles, incontournables, mais mieux vaut chercher et corriger la cause première. L'alimentation est une cause nettement plus fréquente que ce que l'on (on = les patients en général, la plupart des médecins, les chercheurs selon leur culture en nutrition) croit.

Commentaires

Les comparaisons de cette étude se sont faites entre des personnes qui buvaient beaucoup de lait, et d'autres qui en prenaient moins. Il manque une comparaison avec des personnes qui n'en prennent pas du tout.

Ceci dit, ce lien : + de lait = + de fractures, est édifiant. ça remet en cause tout ce qui nous est dit depuis longtemps sur ce sujet. Beaucoup de temps perdu à pousser des gens à consommer beaucoup de laits et produits laitiers, pour rien, ou plutôt pour plus de problèmes de santé.

En extrapolant, la conclusion pourrait valoir pour le lait dans son intégralité, c'est à dire pour une à plusieurs de ses composantes : calcium, phosphore, caséine, lactose, acides gras, ... du moins pour le niveau d'apport fourni par les produits laitiers. Le données disponibles ne sont pas concluantes à ce niveau de détail, mais incitent à se poser des questions : les "apports conseillés" pour la population en général ont-ils une réelle base scientifique ?  Voir la seconde partie de cette page.

Conclusions à partir de cet article ?

Sur la base de cet article paru en 2014, il n'y a pas de raison d'arrêter tous les produits laitiers. Mais d'en prendre uniquement de façon modérée à très modérée. à l'image de ce qui se fait par exemple dans le régime méditerranéen traditionnel. Pour diminuer le risque de mortalité pour toutes les personnes qui n'ont pas de gros problème de santé en particulier. 

Par contre, si cet argument du lait qui protège des fractures, et de la surmortalité, tombe, il n'y a pas non plus de raisons de ne pas essayer de stopper les produits laitiers quand on est confronté à des pathologies où l'alimentation joue un rôle. Ces pathologies, une centaine, sont rappelées ici : 

http://seignalet.fr/images/stories/pdf/tableau1.pdf

http://seignalet.fr/images/stories/pdf/tableau2.pdf

http://seignalet.fr/images/stories/pdf/tableau3.pdf

On peut y rajouter la stéatose hépatique, où le régime marche bien (source : JM Magnien, cf. Bibliographie), ou certaines formes d'ataxie cérebelleuse (source : julien Venesson, cf. Liens).

Les infos sur ce site, ou sur les autres sites en lien, permettent de disposer d'exemples de réussite de ce régime. Avec plusieurs années de recul.

Bref, avec plusieurs années de diminution ou de disparition de symptômes, y compris pour des maladies très graves, est ce que des carences éventuelles peuvent poser un problème à plus long terme ? Ce risque hypothétique empêche t il vraiment de profiter des bienfaits du régime ?

Dangers ? Solutions

Carences dangereuses à plus long terme ?

D'abord, quelques définitions pour y voir clair.

Qu'est qu'une carence ? "Absence, ou manque de quelque chose. Ex : carence en vitamine" selon le dictionnaire Larrousse. Sur wikipedia, on trouve "La carence désigne en physiologie l'absence ou l'apport insuffisant d'une ou de plusieurs substances nécessaires à la croissance et à l'équilibre d'un organisme animal ou végétal". Sur le site de l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), on trouve la notion suivante : "Les carences nutritionnelles peuvent concerner les macro-nutriments (protéines. lipides. glucides) mais également les micro-nutriments (vitamines, minéraux, oligo-élémenls). Ces carences en micronutriments peuvent accompagner une dénutrition, ou s'observer de manière isolée."

Les carences en macro nutriments sont dues le plus souvent à des phénomènes de dénutition, soit en raison de la pauvreté, soit en raison d'une maladie qui rend difficile le fait de se nourrir.

Les carences en micro-nutriments seraient plus fréquentes. Mais comment les définit on ? Les auteurs de ce document de l'INSERM nous éclairent à ce sujet : 

http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/190/?sequence=9

L'un des problèmes majeurs posés par l'évaluation des apports nutritionnels conseillés en micronutriments est l'évaluation du statut à partir d'outils biologiques sensibles et spécifiques. Ainsi, il n'existe pas, à l'heure actuelle, de marqueur unique et c'est plutôt sur la conjonction d'arguments cliniques et biologiques, ainsi que sur les résultats d'enquêtes épidémiologiques et de travaux de recherches cliniques réalisés dans les différentes situations où existe une malnutrition que sont définis les besoins d'une population. La carence en micronutriments, souvent isolée, est dans les pays développés le résultat d'une malabsorption augmentant les pertes ou, plus rarement, d'une augmentation des besoins non compensés par les apports. Le diagnostic clinique d'une carence, que celle-ci soit isolée ou associée à une dénutrition globale, est souvent difficile, car les signes cliniques sont très variés et plus ou moins présents selon les individus et les situations pathologiques associées."

On voit que les incertitudes sont nombreuses, à l'échelle des populations, comme pour chaque individu pris isolément.

L'auteur Jean-Marie Magnien écrit dans son livre (cf. Bibliographie), après avoir donné quelques exemples, que "les médecins, une fois leurs études finies, n'ont aucune compétence pour se faire une opinion sur les compléments alimentaires. Il y a quelques exceptions." Il développe ensuite l'exemple de différents AJR, avec des valeurs très variables d'un pays à l'autre, pour la vitamine E, afin de montrer que ces notions d'Apports Journaliers Recommandés sont le résultat de compromis, négociations entre experts, plus que de véritable science. 

Cette définition des normes, ou des valeurs repères, parfois hasardeuses, me rappelle une autre situation similaire :

Etudiant dans le domaine de l'écologie durant les années 90, je me souviens d'un professeur. Il nous disait que les normes (ici de pollution dans les cours d'eau) étaient un compromis, négocié, entre les scientifiques sur la base de données pas toujours complètes, les socio-rofessionnels, les pouvoirs publics, les usagers de l'eau, etc. Et qu'une fois une norme définie, il ne fallait la prendre que pour ce qu'elle était : une indication, à adapter au cas par cas.

Toujours dans cet exemple de l'eau, une eau dite de "très bonne qualité" pour les nitrates à l'embouchure d'un fleuve est une excellente nouvelle : lesfleuve a traveresé beaucoup de zones agricoles, visiblement qui ne débordent pas en engrais superflus. La même valeur dans un ruisseau de montagne, ou sur un coteau, ou dans une colline (aparté "musical" hors-sujet pour les nostalgiques des "collines rousses de fleurs", des cigales dans les grands pins : https://www.youtube.com/watch?v=rMPygHpL56w), peut être très inquiétante : la simple présence de nitrates peut signifier une pollution forte sur un très petit territoire, qui se déverse pour partie dans ce cours d'eau.

De plus, la présence de nitrates, pas forcément dangereuse en tant que telle selon les cas, peut être simplement une incitation à rechercher d'autres polluants plus discrets  : herbicides, pesticides, etc. 

Pour nous, les analyses biologiques peuvent avoir les mêmes écueils : parmi les normes définies, certaines sont plus hasardeuses, et de plus, leur signification peut être limitée : une prise de sang ne renseigne pas totalement ce qui se passe dans tel ou tel organe.

Ou les rôles sont inversés : une anomalie dans les chifres du cholestérol peut être juste un signe que le métabolisme de la personne n'est pas le même que celui de son voisin, ou si les variations sont plus marquées, qu'il y a des perturbations autres dans l'organisme, que le système du cholestérol tente de ... réparer. On voit d'ailleurs que baisser le cholestérol ne résout rien, et peut même être dangereux Statines = diabètes

Tant d'incertitudes, pour une molécule ultra mesurée, contrôlée, qui fait l'objet d'autant de recherches (mais à visées souvent mercantiles) incite aussi à la prudence sur les normes officielles d'une façon générale. ça ne veut pas dire qu'il faille les rejeter, mais quand il s'agit de vitamines, oligo-éléments divers, mieux vaut chercher les différentes sources de renseignement existantes. 

Les mêmes incertitudes existent parfois sur les mesures des fonctions d'organe : par exemple, si vous ne prenez pas de produits laitiers, on finira par vous demander une prise de sang pour le calcium. Si celle ci est bonne, et même s'améliore par rapport à la situation précédente (c'est souvent le cas), on vous demandera de passer une ostéodensimétrie. Mais là, vous apprendrez de la bouche de plusieurs médecins, dont certains avec une très longue expérience, que cet examen est très peu représentatif, avec une grosse marge d'erreur sur son interprétation.

Cas général

Vous êtes séduits intellectuellement par les régimes exposés, mais vous avez magrè vous peur des carences tout de même. Que faire ?

Cela dépend en premier lieu de l'âge de la personne qui commence ce régime. Pour un enfant en bas âge par exemple, qui ne pourrait pas prendre de lait animal, il peut être très utile, de se faire conseiller (par un médecin, un diététicien, ...) les bons laits maternisés (à base de soja par exemple), pour les nourrissons, s'il n'y pas de possibilité d'allaitement total. Ensuite, de veiller au bon apport en corps gras et en protéines, pour une croissance normale, du corps comme du cerveau. 

Pour les adultes : je fréquente, en vrai ou via internet, un grand nombre de personnes qui suivent le régime Seignalet, et qui en général sont suivies de près médicalement. Très peu de carences sont signalées : Vitamine D, mais ça, ça concerne une grande partie de la population. Pas de carences en calcium à ma connaissance, ni en Phosphore.

Cas personnel

Par contre, j'ai été confronté, à titre personnel, à une carence en Phosphore. Plus précisément, en étant diabétique insulino dépendant, je suis suivi de prés médicalement chaque année. Mes taux de Phosphore étaient un peu bas depuis quelques années, et plus bas encore durant le premier semestre 2014. Je précise que le phosphore était suivi parmi d'autres paramètres, sans aucun sympôme associé au manque de phosphore. Seule une certaine fatigue, parfois, aurait pu y être liée en tant que symptôme. Mais c'était une période où j'étais particulièrement actif sur plusieurs plans.

Pour les médecins lecteurs de ce blog qui voudraient y voir un peu plus clair : mon parcours médical, pour resituer les évènements de façon chronologique Mon parcours.

Dans le doute, et étonné par cette carence, asymptomatique, j'ai posé la question à d'autres personnes qui suivaient le régime Seignalet depuis longtemps, ou encore au Dr Dominique Seignalet, qui via le site internet "seignalet.fr" répond de façon très précise à quelques questions sur le régime créé par son père : aucun autre cas connu de déficience en Phosphore lié à un arrêt des produits laitiers, parmi les très nombreux témoignages, retours de patients, dont certains pratiquent cette alimentation depuis très longtemps.

Si un médecin lit ces lignes, les mesures faites chez moi ont donné, en plus des suivis glycémiques habituels : Phosphore bas,  PTH normale, vitamine D2+3 déficiente (comme beaucoup de monde), pas d'autres anomalies dans mon cas, calcium ok. Un essai de complémentation en Phosphore (accompagné de calcium, ce qui est nécessaire pour que le Phosphore serve réllement dans le corps) a vite tourné à la "catastrophe comportementale" :

Accès soudains, bizarres et virulents de colère, impatience portée à son paroxysme en quelques secondes, ....

Ceci après quelques jours de prise : une première fois, quelques jours de complémentation ce type d'énervement soudain. Arrêt du produit à tout hasard, car je n'avais aucune certitude de ce lien. Reprise du produit, et même phénomène au bout de quelques jours, ce qui a marqué très durablement mon entourage. Selon les médecins du service, aucun lien connu entre Phosphore et caractère. Selon mes recherches sur des sites "sérieux", non plus, ou relativement peu de données. Par contre, sur des sites plus alternatifs, ce lien est abondamment discuté (via les apports en phosphate de l'alimentation). Avec plus ou moins de sérieux, d'approximations, mais j'y ai retrouvé une partie de ces symptômes.

Bilan de ces expériences

Cet exemple personnel pour souligner que :

- la prise en compte des effets secondaires, inattendus, a beaucoup de mal à être intégrée par les médecins en général ; d'ailleurs, comme cet effet n'était pas déjà connu, le médecin n'a pas fait de déclaration de pharmaco-vigilance. Je ne sais pas si cet effet s'est produit ailleurs, pour d'autres personnes, mais si d'autres médecins ont eu la même autocensure, on a un produit de plus qui se balade sans signalement en pharmacovigilance, avec des effets secondaires possibles à probables, non recensés officiellement. La très mauvaise utilisation de la pharmacovigilance en France est très souvent dénoncée. 

- avoir sans cesse peur des carences pour un régime, qui rappelons le, est très proche du régime Okinawa, île riche en centenaires actifs, conduit à des actions médicales discutables de la part des médecins, qui se focalisent plus sur de supposées carences que sur l'évolution réelle des pathologies ;

- les notions d'effet nocebo (comme l'effet placebo, en négatif, on imagine que la molécule nous fait du mal) est peut être vraie, mais pousse facilement certains médecins dans le déni de réactions physiologiques, et/ou comportementales, pourtant bien réelles.

- le calcium et le phosphore sont abondants dans l'organisme, et impliqués dans de nombreux mécanismes vitaux. Les méconnaissances sur leurs actions respectives dans le corps, sur leur lien avec les apports alimentaires, .... montrent que beaucoup de découvertes restent à faire dans ce domaine. Beaucoup de mise à niveau aussi serait nécessaire pour une grande partie du corps médical, sur des donnés objectives concernant les apports nutritionnels en calcium.

- si les complémentations peuvent être nécessaires, et hors urgence vitale, des délais courts, des montées très progressives en dosage, sont en général favorables. Le but est de détecter rapidement d'éventuels effets secondaires. Si la prise est chronique, des fenêtres thérapeutiques, à discuter avec le prescripteur, peuvent être interessantes, pour voir si le métabolisme a évolué ou s'est adapté entre temps.

 

Les informations que je viens de donner sur les dangers éventuels en termes de carences sont limitées. C'est juste que les connaissances sont très fragmentaires, et souvent très orientées, de façon dogmatique.

Quelles solutions adopter si on craint des carences ?

Sur ce site, sont mis en avant des travaux scientifiques, et une grande masse d'expériences individuelles, qui font ressortir les incroyables capacités du régime dit hypotoxique ou Seignalet, pour une centaine de pathologies, et d'une façoon générale, celles du régime méditerranéen traditionnel.

Les deux sont portés par des médecins. Le Dr Seignalet conseillait un suivi médical classique, y compris analyse biologiques, pour jauger de l'évolution de la maladie. Le Dr de Lorgeril (régime méditerranéen, cf. livre "prévenir l'infarctus et l'avc" et peut être le futur ouvrage "le nouveau régime méditerranéen" à paraître mi-janvier) parle de façon détaillée de carences pouvant contribuer par exemple au phénomène d'insuffisance cardiaque (vitamines du groupe B, sélénium, ...). Pour le détail, se reporter aux ouvrages de ces auteurs. En bref, dans ces deux approches différentes, le calcium, ni le phosphore, ne sont jamais mis en avant en termes de besoins en complémentation.

D'ailleurs, les suppléments en calcium semblent augmenter les crises cardiaques et les avc : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21505219 ; ou par ailleurs, selon d'autres études, cela semble avoir peu d'effets positifs ou négatifs sur la santé, mais réduirait les risques de fracture de la hanche. Les données sont contradictoires à ce jour, mieux vaut se fier à ce qui fonctionne depuis très longtemps : régime type méditerranéen, ou régime Seignalet (semblable au régime okinawa).

Selon les approches "régime méditerranéen", ou "régime Seignalet", des carences peuvent être craintes parfois, avant d'entamer ces régimes : sélénium, magnésium, etc. à voir selon les profil de chaque personne. Et ces carences peuvent nécessiter des compléments alimentaires pour remettre le corps à niveau.

Le docteur Seignalet argumentait pour des complémentations à doses physiologiques, c'est à dire pas trop fortes. D'autres ont des approches différentes. Si vous souhaitez vous complémenter, renseignez vous sur les différentes options disponibles données dans des sites recensés dans les rubrique Bibliographie ou Liens, par exemple le livre du Dr Seignalet, le site de JM Magnien, le site "Seignalet.fr" ou celui de Jean Venesson. 

Le manque de rigueur, de connaissances, de culture sur les apports nutritionnels et leurs conséquences, que je dénonce chez beaucoup de médecins, est très présent aussi parmi les sources plus alternatives : produits miracles réguliers, affirmation sur les bienfaits de tel ou tel aliment, compléments alimentaires avec des dosages. 

En conclusion : si des carences sont possibles, celles le plus souvent mises en avant, notamment le calcium, reposent sur des constats scientifiques fragiles, remis en cause régulièrement, avec un lien consommation de nombreux produits laitiers / ostéoporose / fracture souvent constaté, par suivi, par étude épidémiologique, par constat dans les cabinets médicaux, pour les médecins qui ont l'idée de chercher ce lien.

Les régimes de type méditerranéen, et les régimes type Okinawa, réputés pour une durée de vie longue en bonne santé, sont de bons indicateurs pour estimer les besoins réels du corps humain. 

 

Pour les gens qui n'ont pas de problèmes de santé en particulier, le régime méditerranéen (voir les écrits du Dr de Lorgeril pour mieux en cerner les particularités) est une solution sûre.

Pour les gens atteints d'une des centaines de apthologiques qui répondent très bien au régime Seignalet, ce dernier est à essayer pendant un temps suffisamment long. 

Alimentations qui marchent

 

Enfin, les compléments aimentaires bien choisis peuvent aider à rattraper une ou plusieurs carences. Les carences les plus médiatiques, ou les plus citées par le corps médical, comme la carence en calcium par exemple, ne sont pas toujours les plus connues ni les plus importantes.

 

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Date de dernière mise à jour : 07/01/2015