Alimentation et diabétes

Mises à jour régulières de cette page dans le blog, par exemple : DT 2 confirmation des bienfaits de la diète hypotoxique, sur les témoignages de personnes qui ont mis leur DT2 en rémission grâce à l'alimentation, ou encore données complémentaires sur les médicaments qui génèrent un diabète de type 2.
 
En résumant rapidement, le diabète de type 2 provient d'une impossibilité croissante de l'organisme à gérer la glycémie sanguine grâce à l'insuline. Progressivement, la résistance à l'insuline s'accroît et/ou les cellules Béta (productrices d'insuline) s'épuisent, et les situations d'hyperglycémie deviennent de plus en plus fréquentes. 
 
Classiquement, on (on = les médecins et le corps paramédical, les diététiciens, ...) recommande aux diabétiques de limiter leur absorption de sucres, surtout de sucres dits rapides. Cette notion de sucres rapides est de plus en plus abandonnée pour les notions d'index glycémique, voire de charge glycémique. Les aliments à index glycémique élevé sont ceux qui entraînent une élévation rapide et forte de la glycémie. Tous les aliments et desserts sucrés par exemple, mais aussi beaucoup de formes de pain, à index glycémique élevé mais qui avant étaient rangés dans les "sucres lents".
 
L'intérêt est de varier son alimentation en limitant les apports trop sucrés. 
 
Des approches alimentaires plus précises ont amené toutefois des améliorations encore plus nettes sur la gestion des diabètes, autant s'y intéresser :
  • Alimentation méditerranéenne
  • Alimentation dite hypotoxique, ou régime "Seignalet"
 
D'autres approches alimentaires existent, qui me paraissent parfois moins convaincantes (en termes de résultats sur la durée), mais qui sont souvent citées sur le net ou dans la presse.
 
Ces autres façons de s'alimenter sont décrites plus en détail à la fin de cette page: Alimentations qui marchent 
Dans tous les cas de figure : plus on se met tôt à une l'alimentation adaptée, plus on aidera son pancréas à bien fonctionner, et la résistance à l'insuline à diminuer. Autant ne pas attendre que les cellules béta soient épuisées et ne puissent plus fournir assez d'insuline. Il n'y a aucun miracle!

Alimentation méditerranéenne en prévention et quand le diabète est déjà là

En orévention
Cette approche a fait l'objet de publications scientifiques, par exemple :
3 groupes de patients à haut risque cardiovasculaire tirés au sort, ont eu une alimentation :
- soit pauvre en graisse, c'est à dire qui ressemble aux recommandations usuelles de plusieurs médecins
- soit Méditerranéenne, avec en + huile d'Olive (1 l/semaine fourni)
- soit Méditerranéenne, avec en + 30 g de noix /jour.
Pas d'interventions sur le poids, l'activité physique, etc. et alimentation "ad libitum" c'est à dire à satiété.

Après un suivi moyen de 4 ans, dans les 2 groupes "diète méditerranéenne", l'incidence du diabète de type 2 était de 10 et 11 %, et de 17.8 % dans le groupe témoin, avec alimentation appauvrie en graisses. La plus forte adhésion au régime méditerranéen était liée à la plus faible apparition du diabète. Sans rapport avec les évolutions de poids.
 
Donc, l'alimentation méditerranéenne a un rôle préventif assez fort. La gestion du poids, est secondaire, comme celle de l'activité physique dans ce cadre. ça veut probablement dire qu'une activité physique adaptée, associée à ce type d'alimentation, seront nettement plus protecteurs encore.
Les régimes pauvres en graisse sont beaucoup moins utiles.
Ce qui compte, c'est la qualité des graisse ingérées, et l'accompagnement par de nombreux légumes.
 
Tous les paramètres comptent, mais 
l'alimentation est le premier à modifier pour normaliser sa glycémie.

 

En étant diabétique de type 2
Tout ce qui est dit dans la colonne de gauche, c'est très intéressant pour la prévention. Que faire une fois que le diabète existe ?
 
 
901 patients atteints de diabète de type 2 ont été suivis de 2001 à 2007, dans le sud de l'Italie. Le "degré d'adhérence" à l'alimentation méditerranéenne a été mesuré par questionnaire. 
 
Les taux d'HbA1c et de glycémie sanguine 2h après les repas étaient significativement plus bas chez les personnes avec la plus forte adhérence à la diète méditerranéenne.
La différence était de 0.9 % pour l'HbA1c.
 
Commentaires :
En résumé, le facteur de complication le plus net du diabète de type 2, qui est l'hyperglycémie, est nettement mieux contrôlé avec une alimentation méditerranéenne, que ce soit après les repas (mesure de la glycémie post prandiale), ou en moyenne sur 2 à 3 mois (c'est ce que mesure l'HbA1c). 
 
Les taux de survie n'ont par contre pas été renseignés sur cette étude. Ceci dit, on sait que l'alimentation méditerranéenne est bénéfique en cas de problèmes cardiovasculaires, et d'une façon générale pour la survie en bonne santé : 
L'étude de Lyon qui a montré une vie et une survie nettement améliorées avec une diète méditerranéenne plutôt qu'avec le type d'alimentation préconisé à l'époque pour les gens ayant subi une crise cardiaque, est détaillée ici : https://circ.ahajournals.org/content/99/6/779.full.pdf
 
D'une façon générale, l'alimentation méditerranéenne - couplée si possible avec l'activité physique régulière - semble être très favorable pour limiter les complications du diabète de type 2. C'est indiqué par exemple dans cette analyse de la littérature scientifique existante : 
 
 
Mediterranean diet and diabetes prevention: Myth or fact?
(....) As a result, promoting adherence to the Mediterranean diet is of considerable public health importance as this dietary pattern, apart from its various health benefits, is tasty and easy to follow in the long term."
 
"Alimentation méditerranéenne et prévention du diabète : mythe ou fait ?
En conséquence, la promotion de l'adhésion au régime méditerranéen est d'une importance considérable pour la santé publique et ce régime alimentaire, en dehors de ses divers avantages pour la santé, est savoureux et facile à suivre sur le long terme. "
 
Les scientifiques qui se sont penchés sur ce sujet reconnaissent une forte légitimité à l’alimentation méditerranéenne, que ce soit en prévention ou en accompagnement du traitement.
 
L'alimentation méditerranéenne bien suivie pendant des années peut vous aider à gagner ou regagner des mois, des années de vie en bonne santé.
 
Les détails de cette alimentation sont décrits ici, et là Alimentations qui marchent

Sinon ?

Dans quelques cas, cela ne marche pas, ou pas autant qu'on le voudrait.
Que faire ?
 
Vous n'y arrivez pas malgré une alimentation qui vous semble adaptée ? Vous avez beaucoup de mal à faire du sport malgré l'absence d'autres maladies ? Peut être que les effets secondaires d'autres traitements perturbent votre système musculaire et font monter votre glycémie. A discuter avec vos médecins après être allé voir : Statines = diabètes
 
 
Ou alors, vous faites partie de toutes les personnes qui ont du mal avec la digestion de blé et autres céréales à gluten, et/ou de maïs, et/ou de produits laitiers, qui contribuent à des phénomènes d'insulino-résistance. Le régime suivant est pour vous, à tester au moins pendant plusieurs mois. 

Régime dit hypotoxique, ou Seignalet

Cette approche n'a à ce jour pas fait l'objet de recherches dites randomisées en double aveugle, et de ce fait, est restée relativement peu connue par le monde médical. L'une des principales raisons est le coût de ce type de recherche, et l'absence de volonté d'aller financer ce secteur.
A titre de comparaison, les recherches sur l'alimentation méditerranéennes pour les survivants d'infarctus du myocarde par le Dr de Lorgeril et le reste de l'équipe, (Diet Heart Lyon Study) dans les années 90, a été suivi d'une pléthore d'études sur l'alimentation méditerranéenne. 
Dans le cas présent, personne ne finance la "première" large étude sur ce thème de l'alimentation hypotoxique. Pour autant, faut il attendre, ou essayer ? 
Essayer, au vu des résultats obtenus par le Dr Seignalet directement auprès de ses patients, et au vu des données scientifiques disponibles.
 
Avant d'aller voir dans le détail, cela ressemble beaucoup à l'alimentation traditionnelle japonaise, ou au fameux régime "Okinawa". Des centaines de milliers de personnes suivent donc cette alimentation sans carences et depuis très longtemps. 
 
Les détails de cette alimentation sont décrits ici : Alimentations qui marchent
 
 
Tous ceux qui se sentent concernés, ou motivés par cette approche, devraient essayer pendant au moins plusieurs mois. Quitte à revenir ensuite à une alimentation méditerranéenne si ça ne donne pas satisfaction.
 
Les résultats publiés par le Dr Seignalet étaient : 
25 patients, moyenne d'âge 61 ans.
Moyenne d'ancienneté du DT2 : 12 ans
Glycémie à jeun oscillant entre 1.4 à 3.5 g/l selon les patients
HbA1c entre 6.7 et 9.3 %
Tous sous médication : sulfamide hypoglycémiant (Note = chlorpropamide ex : ou glibenclamide ex : Daonil), biguanide (note = metformine), acarbose (Note = inhibiteurs des alpha - glucosidae = ralentisseurs de digestion de certains sucres). Aucun sous insuline
 
Avec un but affiché de glycémie à jeun < ou = à 1 g/l, et une HbA1c < 6%, cette alimentation a permis de :
nettement améliorer 5 patients, la glycémie à jeun étant abaissée de 33 à 55 % selon les patients, et l'HbA1c ramenée en dessous de 8 %
mise en rémission les 20 autres patients
Pour certains, la glycémie s'est stabilisée sans correction du surpoids.
 
Sauf cas extrêmes, pour sa santé, et ça a été vu aussi pour l'alimentation méditerranéenne, il vaut mieux commencer par adapter son alimentation de façon à normaliser ses glycémies, et adapter ensuite les portions alimentaires si besoins pour revoir le poids.
 
Deux parcours de ces patients sont ensuite présentés plus en détail par le Dr Seignalet.
 
Ces résultats, non confirmés à ce jour par une étude de plus grande ampleur et surprenants pour beaucoup de médecins, sont toutefois logiques.
 
L'alimentation méditerranéenne améliore nettement la glycémie par rapport à une alimentation classique, souvent plus riche.
La diète hypotoxique, ou "Seignalet", va plus loin, et vise surtout à modifier la qualité de l'alimentation au quotidien. 
Les résultats seront au moins aussi bons que pour l'alimentation méditerranéenne, et même plus importants, avec une meilleure normalisation attendue pour la glycémie, sous réserve que le DT2 n'ait pas déjà fait trop de dégâts. Ceci cit, il n'est jamais trop tard pour commencer, en accompagnement de vos traitements.
Informez votre médecin que vous tentez l'expérience, même s'il n'est pas d'accord. 
 
 
Priorités des différentes approches
1) l'alimentation pour sa santé : alimentation méditerranéenne, ou alimentation Seignalet
2) l'activité physique adaptée
3) moduler les portions d'alimentation et régulariser l'activité physique pour revoir progressivement son poids à la baisse si besoin

 

Très important pour les DT1 et 2 : la cuisson

Parmi les principes de cette alimentation, exposés ici Alimentations qui marchent la faible cuisson tient une place prépondérante. Le Dr Seignalet, avec qui j'avais eu une longue discussion téléphonique en 2001 ou 2002 (ça remonte ...), insistait beaucoup sur cette notion pour les diabètes en général (type 1 et type 2).
 
Plusieurs auteurs ont étudié le lien entres cuissons trop poussées, notamment des protéines, et les complications pour les petits vaisseaux sanguins.
 
Les principes de la glycation des protéines sont décrits dans ces deux articles :
 
En français :
 
En anglais : 
Ce lien contient des informations supplémentaires par rapport à l'article en français, notamment sur les sources alimentaires de ces molécules : cuissons de sucres, avec viandes ou graisses au delà de 120° C, ou cuissons trop prolongées. Leur effet carcinogène est signalé aussi.
 
Au delà des mélanges sucres / protéines ou sucres / graisses, et des exemples cités dans l'article en anglais,  la simple cuisson forte trop poussée de protéines entraîne déjà une partie de ces réactions.
 
Cela représente une large catégorie d'aliments consommés couramment, et de cuissons consommées couramment. 
 
Que faire ?
 
Réadapter les cuissons, 
et préserver pour des occasions exceptionnelles ces aliments riches en produits de glycation, non digestes, carcinogènes, qui entraînent des complications pour les vaisseaux sanguins .
Pour que ce soit efficace, à faire sur du long terme, en permanence, et des exceptions uniquement pour les fêtes et quelques repas isolés.
 
Cela paraît rébarbatif, pas sympa (plus beaucoup de barbecues, peu de cuissons au four, limitation du nombre de gâteaux, ...) et pourtant c'est une des meilleures garanties  pour ne pas rajouter des complications à celles déjà créées par les hyperglycémies, ni augmenter le risque de cancer.
 
Cuire à 110 ° C ou moins, c'est comment ?
Fritures limitées, à petit feu et courtes, cuissons vapeur surtout, mijotages à petit feu sont les façons les plus faciles. Ou manger du cru dès que c'est possible.
 
Est ce que ça sert vraiment à quelque chose ? 
Oui, cela vaut la peine de modifier progressivement les techniques de cuisson.
 
Pourquoi le médecin n'en parle pas ?
Le médecin doit gérer un certain nombre de priorités. Celle ci n'en fait pas encore partie, même s'il connait plusieurs effets néfastes des cuissons trop poussées. 
N'attendez pas que les formations de médecin soient mises à la page pour prendre votre santé en main.
 
C'est un des aspects du régime Seignalet, mais vous pouvez aussi l'appliquer 
à l'alimentation méditerranéenne, ou à toute autre approche alimentaire.

Poids et diabète, une priorité systématique ?

Le poids, si peu important que ça ?
Malgré les résultats décrits dans les chapitres ci-dessus, qui montrent que la priorité est d'abord la qualité alimentaire, et aussi l'activité physique, il y a de nombreux articles, et de nombreux médecins, qui insistent en premier lieu sur le poids. En citant au besoin des études qui vont dans ce sens. Par exemple, cet essai clinique a fait beaucoup de bruit, a été beaucoup cité : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21656330
 
Méthode : 11 patients, contrôlés à 2, 4 et 8 semaines, ont suivi une diète à 600Kcal par jour.
Buts et Résultats : bien que la dégradation des fonctions des cellules béta soit jugée irréversible, cette simple mesure alimentaire a permis d'améliorer toutes les fonctions, de tendre vers une normalisation de la glycémie et des cellules béta.
 
Une conclusion semble s'imposer : diminuer la ration calorique chaque jour, pour ne plus être diabétique de type 2, Il n'y a plus qu'à ...
 
Ce que ne disent pas les auteurs, c'est que 600 Kcal par jour, c'est très peu : l'équivalent grosso modo d'un plat de pâtes, d'un gros hamburger, ... pas mal de nourriture pour un repas, mais sur une journée, c'est vraiment très léger.
Ce type de régime devient difficile à suivre sur du long terme. D'ailleurs, dans l'étude citée, la durée maximale a été de 8 semaines. c'est très court, notamment pour étudier les effets rebonds, c'est à dire la reprise de poids, et par conséquence, le risque de récidive des atteintes aux fonctions des cellules béta, et à la sensibilité à l'insuline.
D'ailleurs, la grande majorité des régimes, aboutit à terme à une reprise de poids.
 
Alors ? Une alimentation de qualité qui a déjà fait ses preuves, soit le régime méditerranéen, soit le régime Seignalet, sera plus facile à suivre à long terme, et pourra entraîner une perte de poids progressive si c'est nécessaire. 
 
Pour compléter ces effets bénéfiques : l'arrêt du tabac dans tous les cas, la qualité alimentaire d'abord, l'activité physique ensuite, et enfin, si besoin, la diminution des quantités alimentaires, de façon à ce que ça puisse être suivi du long terme.

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Date de dernière mise à jour : 03/10/2015