Réunion inaugurale de l'AIMSIB

Le 30 mai se tenait à Lyon la réunion inaugurale de l'AIMSIB, à la salle des Rancy, dans la ville de Lyon. 

Des articles de presse ont été écrits, accessibles ici : http://aimsib.org/wordpress/2016/06/01/journee-du-20-mai-on-en-parle/

Je livre ici quelques notes prises au vol, lors des interventions, ou lors de discussions en apparté. Ce n'est pas un compte rendu officiel de l'association, il sera j'espère fait plus tard ici http://aimsib.org/wordpress/

Ce billet concerne les interventions du matin. Les interventions de l'après midi feront l'objet d'une autre billet à venir.

Des patients, des médecuns, des intervenants prestigieux, tous venus par leurs propres moyens, dans une MJC, ... le décor était planté. 

Les organisateurs de l'AIMSIB ont réussi le tour de force de condenser de multiples interventions, très didactiques, parlantes, adaptées aussi bien aux médecins dans la salle qu'au tout public, dans un temps limité. 

Les interventions étaient très denses et riches, malgré l'absence de quelques intervenants prévus, peut être à cause du mouvement de grève pour les transports en commun. Ca a été de plus pour moi, comme ça arrive parfois sans raison évidente aux diabétiques de type 1, une journée "hypoglycémies". J'ai décroché à quelques moments.

Merci aux présents de me signaler toute omission importante ou erreur de transcription. Mon résumé reste technique : difficile de faire ressortir aussi, l'humour toujours, l'émotion parfois, la compétence, qui émanaient de chaque parole, sur l'estrade, ou en apparté dans la salle, qualités présentes à chaque instant, même autour du verre pris une fois la sallée fermée. 

Plusieurs thèmes ont été abordés, autour de la santé et de l'alimentation. Ce billet est long : piochez parmi les thèmes qui vous intéressent à partir des titres pour chaque chapitre. Je rajoute des commentaires perso sous la forme de "notes du blogueur".

Agriculture : Claude Aubert, et Christophe Gaudry

 

Claude Aubert, est un ingénieur agronome, très connu pour ses ouvrages et réalisations sur l'agriculture biologique et sur l'alimentation, et pour être parmi un des fondateurs de terre vivante. Christophe Gaudry est un "permaculteur", qui gère un terrain de 2.5 ha, obtenu grâce à l'association "Terre de liens".

Claude Aubert a rappelé qu'un des buts principaux de l'agriculture biologique était au départ de préserver les sols, pour éviter leur épuisement, 

La principale révolution en agriculture classique a été la maîtrise de la réaction chimique pour produire l'ammoniac. L'ammoniac permet l'existence des engrais chimiques, (ou d'explosifs).  L'utilisation massive de ces engrais chimiques a entraîné la disparition de la tradtion multi-séculaire du compost, de l'utilisation du fumier, et a permis des monocultures, d'où l'utilisation massive de pesticides

Note du blogueur : dans le livre "Or Noir, la grande histoire du pétrole" l'auteur Mathieu Auzanneau rappelle - P. 356 et suivantes - le rôle central de la fondation Rockefeller - fondation disposant de moyens énormes - dans le développement de la révolution verte en agriculture. Un des buts était d'augmenter le niveau de vie des paysans d'abord au Mexique - 1941 - puis dans de nombreux autres pays (autres pays d'Amérique latine, Inde, Philippines ...), notamment pour éviter qu'ils ne se laissent tenter par le communisme. Le pétrole et les hydrocarbures sont abondants et peu chers à cette période. Leur rôle fondamental pour cette révolution verte (production en masse d'ammoniac - et donc d'engrais - à partir des hydrocarbures, mécanisation d'où accroissement des surfaces et suppression des haies, immenses séchoirs à maïs, nombreuses pompes d'irrgigation, etc.) pose question. Nous sommes aujourd'hui dans un moment de l'histoire où de nombreux pays producteurs de pétrole ont vu leur maximum de production dépassé - en gros, plus de 50 % de leurs réserves ont été consommées - cette ressource risque de devenir plus rare, plus chère, et d'utilisation moins facile. La question sera cruciale pour l'agriculture classique dans de nombreux pays. D'où l'intérêt aussi d'adapter les productions agricoles à cette réalité. 

Christophe Gaudry énonce quelques grands principes de la permaculture, présenté comme un concept malléable : 

Le zonage : les cultures qui demandent le moins d'entretien sont les plus éloignées, les aromatiques sont au plus près de la maison, ....

Le design : il est important d'identifier les biotopes existants, de s'y adapter, ou encore de favoriser les effets de bordure. Dans la nature, les lisières sont souvent les plus productives.

La multifonctionnalité : une haie sera brise-vent, auto-fertile, nourricière, conçue pour être propice aux pollinisateurs et aux prédateurs

La connaissance de sa zone de rusticité : pour se fournir dans des zones aux mêmes caractéristiques climatique.

Lui n'utilise que des sources de carbone (bois, feuilles, paille, son) et pas de compost pour ses cultures

Plusieurs exemples de rendement ont été expliqués, après application de ces principes. 70 kg de tomates pour un pied, par exemple, sans tailler les gourmands et en laissant la tige prendre toute sa place, et se poser sur les barreaux d'une cage large l'environnant, c'est parlant ! Je n'ai pas pu noter tous les exemples.

Les deux intervenants ont milité pour l'utilisation régulière de cultures nourricières dans l'aménagement urbain : planter des fruitiers au lieu d'arbres d'ornement dans les villes, remplacer les fleurs annuelles par des vivaces dans les parcs, introduire des plantes comestibles dans les espaces verts ... 

Le cauchemar de beaucoup de jardiniers, la Limace, a été cité. Christophe Gaudry a vivement conseillé de visonner la vidéo de Hevé Codes sur la gestion holistique des limaces https://www.youtube.com/watch?v=DQ3Da73IGtw. Je ne l'ai pas regardée ; une des idées force serait que la Limace est une partie intégrante de l'écosystème, que ce soit une forêt ou un jardin, avec beaucoup de bénéfices sur ces écosystèmes, par exemple dans la lutte contre les champignons qui s'attaquent aux cultures. Une révolution dans les jardins ?

Maladie de Lyme par Jean-Marc Rhéby, Marc Arer et Martine Gardenal

Un billet était déjà paru sur ce blog : Lyme & Maladies Vectorielles à Tique - 1. Reportez vous régulièrement aux autres liens donnés ci-dessous, les informations sont riches et évoluent. 

La première épidémie a eu lieu aux Etats Unis en 1975. 

Note du blogueur : j'avais lu que des cas plus anciens en Alsace étaient certainement liés à la maladie de Lyme, mais sans caractère épidémique. Je n'ai pas retrouvé ces références. 

Ce serait l'épidémie qui progresserait le plus vite. Des facteurs environnementaux seraient en cause. Par exemple, la population de Californie du Nord n'est pas touchée dans les mêmes proportions qu'en Californie du Sud. La différence de politique de vaccination entre ces deux régions est une des hypothèses émises pour expliquer ces différences. 

La Borrelia (nom de genre de la famille de bactérie responsable de la maladie de Lyme) est une bactérie spirochète, décrite comme la Roll's royce des bactéries. Elle est très semblable à la bactérie responsable de la Syphilis. 

Ces spirochètes produisent un biofilm, une sorte de membrane qui les isole du reste du corps, et surtout de l'action des antibiotiques. Ce qui explique la résistance de certaines personnes par rapport aux traitements antibiotiques usuels, et aussi la possibilité de dormance de cette bactérie, isolée et protégée dans le corps. Les symptômes surviennent parfois tard, sans que le facteur déclencheur soit connu.

La maladie de Lyme est considérée comme pouvant avoir une forme aiguë, la plus connue, mais aussi comme une maladie chronique

Un aspect très étonnant de cette maladie est .... le déni de certains praticiens, et la virulence des relations entre praticiens d'opinions différentes sur les tests valables, sur la chronicité de cette maladie, et sur les traitements adaptés. L'auteur de cette conférence sur la maladie de Lyme a fait part des poursuites qu'il subit par le conseil de l'ordre et par les médecins conseils de la CPAM, par exemple pour sa recommandation du tic-tox ... pourtant avant l'interdiction de ce produit en France, ou pour son non-respect de la conférence de 2006 (qui a édicté des règles de traitement, mais sur la base de travaux scientifiques très largement complétés depuis, et auxquels se sont ajoutées l'expérience de nombreux patients qui ont dû se prendre en main ; en résumé les règles de 2006 sont maintenant dépassées).

La situation globale (analyses biologiques  insatisfaisantes, pouvoirs publics paraissant quelque peu archaïques sur ce sujet) est à un point tel que 70 patients devraient lancer une plainte contre l'état et contre un laboratoire d'analyse (70, ou plus, voir par exemple cet article : http://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/maladie-de-lyme-70-patients-veulent-porter-plainte-contre-letat-et-le-laboratoire-biomerieux_1475525.html). Le dogmatisme médico-administratif, si on peut le nommer ainsi, fait des ravages visiblement dans ce domaine. 

Par contre, grâce à l'implication de nombreuses personnes, une structure spécifique "I for Lyme", a été créée. C'est le "1er fond de dotation français exclusivement destiné au financement de la recherche sur la maladie de Lyme". Elle est présentée dans une plaquette comme "une striucture indépendante et bénévole, complémentaire du monde médical et des associations existantes (FFMTV, ...) dont les gestionnaires ne présentent aucun conflit d'intérêt avec la communauté scientifique". 

Le site de cette structure est ; https://iforlyme.org/ 

Note du blogueur : le déni, ou la méconnnaissance, de certains praticiens sont de plus en plus rares, mais restent très étonnants. Quand je suis arrivé en 1996 dans les Pyrénées, on me parlait déjà de cette maladie. J'ai croisé récemment une personne qui l'avait développée il y a une trentaine d'années, dans les landes. C'est typiquement une des pathologies pour lesquelles ce sont les actions des patients, et la motivation de quelques praticiens et experts qui font bouger des lignes très figées. C'est une sorte de double peine pour ces patients, justement très atteints, mais qui doivent aussi se battre contre cette inertie et ce dogmatisme. Le fonctionnement et le financement de cette structure "i for lyme" pourrait servir d'exemple à d'autres actions en médecine, y compris pour le financement de recherches. 

 

Des travaux ont été cités, dont je n'ai pu noter les références, qui montreraient un lien très fort entre l'autisme et la maladie de Lyme. Je serai reconnaissant aux personnes présentes de m'envoyer les références de cette étude si elles l'ont notée

 

Note du blogueur : comme déjà écrit sur ce site, la proximité de certains symptômes avec ceux de la sclérose en plaque, de la Polyarthrite rhumatoïde (maladies dites auto-immunes), ou encore de la fibromyalgie peut rendre le diagnostic difficile. Dans tous ces cas de figure, une alimentation sans gluten et sans produits laitiers semble incontournable, les témoignages sont très nombreux. Et de préférence, sans maïs non plus, soit l'alimentation dite Seignalet, définie dans la seconde partie de cette page : Alimentations qui marchent.

Toutes ces pathologies (SEP, PR, etc.) sont liées, selon les travaux du Dr Seignalet, à des peptides bactériens pouvant passer la barrière intestinales, rendue dysfonctionnelle en raison d'une alimentation non adaptée. Le plus important est que cela fonctionne, en termes de témoignages directs de personnes qui ont appliqué ces méthodes, pour environ 70 à 80 %  des patients qui essaient, c'est à dire qui changent leur alimentation. En médecine, ce taux de rémission est très très rarement rencontré. Cela milite pour que des recherches complémentaires soient menées, via des études randomisées. Sur la réussite de ces régimes d'exclusion pour ce pathologies. Et sur les mécanismes d'action des bactéries, notamment sur le pouvoir antigénique de peptides bactériens, par exemple Proteus mirabilis pour la Polyarthrite rhumatoïde.

La maladie de Lyme est donc, pour les chercheurs qui se pencheraient dessus, une sorte de modèle expérimental qui valide, en l'état actuel des connaissances, la plupart des propositions du Dr Seignalet, sur le rôle bactérien, et indirectement alimentaire, dans le déclenchement de nombreuses maladies dites auto-immunes. 

 

Une autre étude a été citée, sur un essai de vaccination contre la maladie de Lyme. Ce vaccin a été retiré, sans bruit médiatique, et sans explications sur les raisons de ce retrait. L'antigène utilisé attaquait semble-t-il les molécules de cholestérol. Il serait intéressant, si ce n'est nécessaire, que ces données soient rendues publiques.

 

Vaccinations

Les intervenants prévus pour le thème de la vaccination étaient absents. Mais cet épisode isolé (voir ci-dessus) montre que la communication sur ces sujets reste fragmentée, parcellaire, et donc d'une fiabilité limitée.

Note du blogueur : à titre personnel, je suis souvent gêné par les débats sur la vaccination, "anti" ou "pro"  sont souvent très doctrinaires et manichéens. La meilleure réponse est, ou serait, une recherche bien conduite sur ces sujets. Ce n'est pas toujours le cas, en fonction des vaccins. Lisez ou relisez par exemple ces commentaires sur le vaccin contre la grippe, pourtant très largement recommandé : Grippe : vaccin, pas vaccin ?

J'ai eu la chance de discuter avec une personne présente dans le public qui posséde une grande culture scientifique, un accès aux publications médicales, et un historique d'effets secondaires très délétères de vaccination dans sa famille.  Elle a pu faire énormément de recherches bibliographiques sur ce thème, et les analyser, Je la solliciterai et j'espère qu'elle acceptera de témoigner ici, j'écrirai dans ce cas un billet spécifique.

Conflits d'intérêts en médecine

Dr Even

Très en forme, très en verve, et passionnant sur ce sujet. Je résume son intervention :

- 75 % des moyens de financement pour la recherche viennent de l'industrie pharmaceutique,

- les fondations de recherche sont financées elles mêmes par l'industrie pharmaceutique,

- les contrats financiers personnels de consultants atteignent souvent 100 000 à 1000 000 000 d'euros, le plus souvent pour des médecins universitaires,

- cela concerne des cardiologues, rhumatologues, psychiatres, etc. Le record connu serait de 79 contrats.

- les keys opinions leaders sont très importants dans ce domaine.

- la recherche est passée d'une recherche sur les organes à une recherche moléculaire, une recherche sur la génomique, etc.

- Il dénonce les délires liés au syndrome métabolique : dès que l'on baisse un peu les valeurs dites normales de glycémie, ou d'hypertension par exemple, le marché du médicament explose littéralement, sur des bases scientifiques très fragiles.

Sylvain Duval

Du formindep, association très active sur ce sujet. Il a présenté un livret sur ce thème : http://www.formindep.org/Un-livret-pour-sensibiliser-sur-l.html, et en a cité des exemples très parlants. En résumé, même des petits cadeaux peu onéreux de visiteurs médicaux, de l'industrie pharmaceutique, montrent une influence nette sur les prescriptions de médicaments qui suivent ces cadeaux. Chaque praticien devrait se l'offrir, même en se pensant de bonne fois à l'abri de ces influences, elles sont insidieuses et efficaces. Chaque praticien, y compris pour les médecines dites parallèles, la problématique est la même. 

Maître Jésus

Le nom a fait sourire, la compétence a impressionné. Il a rapidement évoqué les pistes envisageables pour des actions en justice, sur les procédures administratives prévues, et sur les actions pénales, pour le retrait des médicaments anti-cholestérols sur des bases scientifiques. Frémissements d'impatience dans la salle. 

 

Plusieurs autres thèmes ont été abordés avant le repas.  Santé du soignant, anthropologie de la santé, .. mais je n'ai pu prendre des notes à ce moment. 

Note du blogueur : quelqu'un a déclamé un citation à ce moment "l'homme se distingue de l'animal parce qu'il prend des médicaments". Ce n'est pas tout à fait vrai : https://lejournal.cnrs.fr/articles/ces-animaux-qui-se-soignent-tout-seuls

 

Pause repas

Les traiteurs choisis ont préparé un excellent repas. Je m'étais manifesté auparavant, et j'ai pu bénéficier d'un repas sans gluten, sans maïs, sans produits laitiers. A ce sujet, (et je ne sais pas si c'est suite à ma demande de plateau spécial), le même traiteur avait préparé des pains d'épice sans gluten et sans produits laitiers pour accompagner café ou thé .... c'était une vraie tuerie. Ca a très très vite disparu. Fort heureusement, Mme la présidente de l'AIMSIB - que je remercie très vivement - a pu récupérer la recette : 

http://aimsib.org/wordpress/2016/06/02/pain-epices-sans-gluten/

C'est vraiment très bon, ... attention aux abus ! Pour les diabétiques comme moi : miel, sucre, farine de riz, lait de riz ... ça peut vite se transformer en bombe glycémique, n'hésitez pas à adapter les doses.

 

Suite de la journée du 30 mai dans un prochain billet

Commentaires (3)

Inoxydable
  • 1. Inoxydable | 14/06/2016

Très bon billet résumant parfaitement la première partie. Mieux que ce que j'ai pu faire...
Les détails sur la maladie de Lyme intéresseront plus d'un.

olivier-callet
  • 2. olivier-callet (site web) | 15/06/2016

Merci Inoxydable. Vous avez déjà fait un résumé ? Ca m'intéresse, je ne pense pas l'avoir vu. Vous avez un lien à me donner ?
J'espère qu'on va réussir à se croiser bientôt.

Inoxydable
  • 3. Inoxydable | 26/06/2016

Oui mais il comportait quelques erreurs notamment sur le nom de certains intervenants; Voici : commentaire du Inoxydable

7 juin 2016 à 17:21 sur le billets du Dr de Lorgeril Blog Info - Réunion de l’AIMSIB à Lyon le 30 mai : attention !
Ex: Je ne sais pas d'où j'ai sorti le nom d'un docteur Cario pour la maladie de Lyme, un reliquat de court circuit "statinien" sans doute; Pour le reste...
Amicalement AIMSIBIEN

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