Moins de statines = moins de morts

Je reproduis ci-dessous un article de l'association AIMSIB. 

Ca concerne les conséquence liées aux arrêts des statines chez les patients dits à hauts risques, dont des diabétiques (en général, plutôt de type 2), traités à cet effet.

La démonstration se passe de commentaires, je me permets de la reproduitre telle quelle. J'ajoute quelques compléments en suivant :

https://aimsib.org/

Arrêter les statines aurait fait baisser la mortalité cardiovasculaire en France

On se souvient des violentes critiques qui s’étaient abattues sur le Pr Philippe EVEN après la parution de son livre de 2013 intitulé « la vérité sur le Cholestérol » alors que pourtant aucune donnée scientifique solide n’était venue contrer sa démonstration. Toutes les attaques convergèrent sur sa personne, son âge, sa qualification de pneumologue et non de cardiologue, etc…

La communauté médicale française vit survenir la même année la publication d’une étude (baptisée EVANS) et signée notamment des Professeurs Danchin et Puymirat, dont les liens d’intérêt avec les firmes pharmaceutiques étaient avoués par les professeurs eux-mêmes. Cette étude se résumait à rapporter les données d’environ 140 questionnaires simplistes (sans validation scientifique) enregistrés dans leurs salles d’attentes et qui les autorisent de prévoir que la sortie du livre de Philippe Even allait générer 4992 évènements cardiovasculaires majeurs supplémentaires en France dont 1159 décès par an du fait de l’interruption par certains patients de leurs statines anti-cholestérol…

Cette étude fut officialisée par une parution dans une obscure revue intitulée Archives of Cardiovascular Disease dont les éditeurs sont des proches de nos deux professeurs.

Survient durant l’été 2016 une étude dirigée par le Pr Moore de l’INSERM U1219, s’attachant encore à calculer les conséquences de la sortie en librairie de l’ouvrage de Philippe Even et des controverses qui suivirent. Après avoir conclu que ce livre avait généré une augmentation de 50% des arrêts de traitements par statines en 2013 par rapport aux années 2011 et 2012, ils calculent que l’extrapolation de leurs chiffres à l’ensemble de la population française avait dû entraîner entre 10.000 et 11.000 décès supplémentaires sur 9 mois de l’année 2013.

Nouveau tintamarre médiatique ! Les liens d’intérêts de l’équipe de Nicholas Moore avec les fabricants de statines sont également avoués sans scrupule. Le but à atteindre consistait évidemment à asséner une nouvelle preuve que toute controverse ou contestation à propos du cholestérol et des statines entraîne inévitablement des catastrophes sanitaires majeures.

S’agissant des résultats du Pr. Moore et de son équipe, qu’en dire ? Simplement qu’ils sont aisément vérifiables puisque les chiffres de mortalité pour l’année 2013 sont maintenant connus, publiés par l’INSEE après validation par l’INSERM. Ci-dessous un tableau simplifié des données de l’INSEE que chacun peut vérifier via Internet.

S’il était attendu que la mortalité totale (c’est-à-dire tous les décès, quel que soit la cause) fluctue d’une année sur l’autre et augmente régulièrement du fait de la croissance et du vieillissement de la population française, on ne note aucune augmentation anormale en 2013; bien au contraire, puisque ce chiffre est en diminution par rapport à 2012. La mortalité cardio-vasculaire totale (AVC + infarctus mortels pour simplifier) est en baisse indiscutable en 2013 par rapport à 2012 ; et aussi par rapport à la moyenne des quatre années précédentes : 141.500 contre 138.900 en 2013. La mortalité cérébrovasculaire (les AVC en simplifiant) est stable sur les cinq ans.

On rappelle, avec courtoisie, les chiffres avancés par les amis des statines en 2006 lors de la publication de l’étude SPARCL, annonçant qu’un traitement par atorvastatine 80 réduisait de 40% environ le risque de récidive d’AVC létal. Les patients ayant cessé leurs traitements par statine (à cause de la controverse suscitée) après un AVC auraient logiquement dû souffrir d’un excès de mortalité en 2013 (et ces chiffres auraient dû apparaitre dans les données de l’INSEE) ; à condition toutefois que les données de SPARCL soient réalistes. Les chiffres de l’INSEE en 2013 ne semblent pas (restons prudents) confirmer les résultats de SPARCL. Enfin la mortalité par infarctus du myocarde ne montre aucune flambée particulière comme attendue (ou espérée) par l’équipe du Pr Moore en cette année 2013, puisque le nombre d’infarctus mortel est non seulement moindre qu’en 2012 mais aussi nettement moindre que celle de la moyenne des quatre années précédentes (35.200 contre 33.400 en 2013).

Tout observateur objectif pourra conclure que les noires prédictions des Professeurs parisiens et bordelais n’étaient pas fondées. Mieux, il semble que les arrêts des traitements par statine puissent avoir des effets bénéfiques, au moins en termes de mortalité, ce qui est loin d’être négligeable :moins 1500 à 2000 décès après arrêt des statines… Les accusations portées contre le Pr Even n’étaient donc pas fondées ; elles étaient malfaisantes et témoignaient peut-être de liens trop étroits de ces universitaires avec le monde commercial. L’heure d’une réévaluation objective et sereine des théories stipulant que le cholestérol bouche les artères et que baisser le cholestérol peut être salvateur est venue. Cette réévaluation doit être confiée à de vrais experts vraiment indépendants de l’industrie pharmaceutique. Enfin, il faut rappeler que dans les sciences (y compris médicales), les controverses sont salutaires et sources de progrès. Il faut les encourager ; et il faut protéger les initiateurs de controverses (lanceurs d’alerte et autres), quand elles sont légitimes, comme le montre celles sur les statines et le cholestérol.

Collège des médecins de l’AIMSIB (Association Internationale pour une Médecine Scientifique, Indépendante et Bienveillante)"

Pour en savoir plus :

Si vous, ou l'un de vos proches, êtes concernés, n'hésitez surtout pas à en discuter avec le médecin, d'autant que les effets secondaires sont nombreux en général.

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