Maladies associées : l'asthme

Les maladies associées aux diabéte de type 1 et 2 sont abordées ici : Maladies associées aux diabètes

Asthme

Diabète de type 2 et asthme

Aujourd'hui, je fais un focus sur l'asthme. En raison de la gravité potentielle de certaines crises d'asthme, quels que soient les résultats d'un changement alimentaire (décrit plus loin) sur vos crises ou celles de vos enfats, y compris une disparition des crises pendant une longue ou une très longue période (voir seconde partie du billet), il faudra toujours garder le traitement d'urgence à portée de main. Et bien sûr arrêter le tabac, continuer à se prémunir des allergènes, etc. 

Quels sont les rapports entre asthme et diabète ? Cet article nous dit que le risque d'asthme est presque triplé pour les diabétiques de type 2 http://sante-guerir.notrefamille.com/sante-a-z/les-diabetiques-de-type-2-seraient-exposes-a-un-risque-accru-d-asthme-o54167.html

Causes possibles de l'asthme

Dans ce cas, est ce que les méthodes alimentaires décrites pour les diabètes ici : Alimentation et diabétes ; Alimentations qui marchent ont une quelconque efficacité pour l'asthme ? ça peut paraître étonnant, l'asthme étant une maladie des poumons, et pourtant ...

D'une façon générale, l'asthme est considéré comme étant une maladie surtout inflammatoire. Un allergène, ou une poussière, ou un autre élément, vont générer une hyper réactivité bronchique et une inflammation, qui va fortement contribuer à la crise d'asthme. Les traitements existant visent à lutter contre l'inflammation, contre les allergies parfois, et contre les conséquences mécaniques. Les théories acceptées actuiellement par la communauté scientifique considèrent que des facteurs extérieurs, connus (poussières, pollens, etc.) ou inconnus aboutissent à ces mécanismes inflammatoires.

D'autres théories, moins répandues à ce jour dans le monde scientifique, mettent le niveau d'inflammation comme antérieur à tous les autres mécanismes. Cette inflammation permanente du tissu bronchique serait induite principalement par l'alimentation.

Alimentation qui prévient, versus alimentation qui déclenche des crises

Quelles sont les connaissances scientifiques classiques sur les liens asthme et alimentation ?

Le premier lien est évident, en cas d'allergie à un aliment, qui peut contribuer à une crise d'asthme. Ce sont des allergies dites à IgE. Ig veut dire Immunoglobulines, c'est l'autre nom pour anticorps. Les Ig sont de plusieurs types (IgG, IgA, igM, IgD, IgE). Les IgE sont surtourt abondants dans les muqueuses, et peuvent déclencher entres autres une libération massive d'histamine. Ces allergies à Ig E sont celles vraiment connues de tous sous le nom d'allergies, et peuvent être violentes, malheureusement fatales quelquefois. Ce sont celles que connaissent et traitent les allergologues. 

Le second lien, est celui abordé par des études scientifiques, notamment sur la valeur préventive de l'alimentation :

La nourriture type fast-food, est largement incriminée http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23319429, pour l'asthme, l'eczéma, et les rhinoconjonctivites. L'article est en anglais, la conclusion est nette : Les risques (de crise dans le cas de l'asthme) augmentent nettement à partir de 3 repas "fast food" par semaine. L'étude est internationale, porte sur un grand nombre de personnes, le lien semble clair. C'est ici plus la fréquence d'apport de ce type de nourriture qui est mis en avant, que le poids.

D'autres travaux scientifiques, publiés, ont été effectués sur les rapports asthme / alimentation. Par exemple cette étude : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20522849. Les auteurs concluent que l'alimentation méditerranéenne, riche en légumes, dont les légumes verts, en fruits et en poissons, est liée à une moindre fréquence de l'asthme, tandis que comme dnas l'étude précédente, la consommation de hamburgers est liée à plus plus grande fréquence de l'asthme. Ce qui est étudié ici est la valeur préventive, réelle, de l'alimentation méditerranéenne. Et les effets pathogènes - déclencheurs d'asthme, d'une alimentation riche en burgers

Grâce à ces deux exemples, on voit que l'alimentation a une valeur préventive nette. Est il possible qu'un changement d'alimentation ait aussi un rôle curatif ? Que ce changement alimentaire puisse nettement réduire ou supprimer les crises d'asthme ?

Le Dr Seignalet l'affirmait, avec d'ailleurs de très bons résultats pour le diabète de type 2 (A lire : DT 2 confirmation des bienfaits de la diète hypotoxique ; Témoignages DT2 ; Alimentation et diabétes) comme pour l'asthme. Avec un taux de rémission qui dépassait 80% des asthmatiques essayant le régime, dont la description d'un cas assez grave, rapidement soulagé par ce régime (cf. Bibliographie). Par contre, le régime ne peut restaurer ce qui est "cassé" : l'emphysème semble irréversible, comme la dilatation des bronches.

Est ce que ces résultats ont été confirmés par une étude scientifique ? A ma connaissance, non. Pour se faire une opinion, il faut donc chercher les témoignages disponibles, les témoignages négatifs comme les témoignages positifs. C'est ce qui a été fait par exemple ici pendant plusieurs années : http://forum.doctissimo.fr/sante/asthme-bronchite/asthme-bpco-alimentation-sujet_149596_1.htm

Cette compilation de témoignages écrits ou sur internet, en plusieurs langues, est très longue, je résume simplement le décompte final :

"En récapitulant

Avec un régime soit sans lait ni produits laitiers, riche en légumes et fruits, sans maïs, et sans blé, ou parfois uniquement sans gluten :

Sur 135 témoignages recensés, en 4 langues (français, anglais, italien, espagnol) surtout sur l'asthme, parfois la maladie de Widal, et quelques messages sur la BPCO

90 = 66 % de témoignages positifs Très nette diminution des crises jusqu'à disparition totale des crises, baisse très nette, ou plus de besoins pendant des mois ou des années, des médicaments usuels (toujours gardés à portée de main au cas où)

4 = 3 % témoignages d'échec net* dont un avec une personne qui travaille dans une sandwicherie, et qui a pu donc développer l'équivalent de l'asthme du boulanger (poussières de farine qui rentrent dans les poumons)

41 = 31 % témoignages de réussite partielle (nette diminution des crises, mais des crises persistent).

Et pour les réussites, plusieurs témoignages avec de longs recul (10 ans, 40 ans dans un cas).

Bref, ... ESSAYEZ. Il n'y a rien à perdre.


Pour qu'un pneumologue vous conseille ce type d'alimentation, il faudrait qu'il y ait eu une étude clinique avec tirage au sort randomisé, par des pneumologues habilités (tous ne le sont pas). Une étude adaptée d'ampleur suffisante (vu avec des médecins, des médecins chercheurs) coûterait environ 800000 euros. Il n'existe aucune volonté, ni aucun budget pour financer ça actuellement (Vu aussi avec des chercheurs ailleurs en Europe, et après interrogation des personne travaillant dans les systèmes de financement en recherche médicale au niveau de la commission européenne).

Chacun ne peut donc qu'essayer ce type de changement alimentaire pour voir si ça marche.
Les forums desquels sont issus beaucoup des témoignages regorgent de conseils, recettes, etc. pour tous ceux qui veulent s'y lancer.
CA VAUT VRAIMENT LE COUP !

* je n'ai pas compté les échecs des personnes qui ont essayé mais n'ont pas pu vraiment mettre en oeuvre cette alimentation à 100 % ou presque. Mais si ces témoignages étaient pris en compte, ça ferait 4 ou 5 % d'échec, bref, ça ne changerait rien à la réussite de cette alimentation pour stopper le flux de molécules qui créent une inflammation permanente des poumons."

Comme c'est sous entendu dans ce texte, il y a un faisceau concordant  d'indices, de raisonnements sur la biologie, de témoignages surtout, qui montrent un lien très très net avec le gluten, très net avec les produits laitiers, et probable avec le maïs ainsi qu'avec les produits trop cuits. Si une étude scientifique telle que mentionnée se lançait, il faudrait le temps de monter le dossier, boucler les financements, choisir les équipes, plus l'étude elle même, de 4 ans a minima, puis le temps de parution des résultats dans des revues dites à comité de lecture. Pendant ce temps, mieux vaut essayer de changer son alimentation pour ne pas se laisser bouffer la vie par l'asthme (idem pour la bpco et pour la maladie de Widal, et dans ce dernier cas, en adoptant d'autres mesures telles que l'éviction des sulfites, etc, à voir avec son spécialiste).

Pour les médecins, les chercheurs en biologie.

Quels sont les mécanismes attribués à ces changements alimentaires ? L'important, c'est bien sûr que ça marche. Des hypothèses sont toutefois proposées pour expliquer ces résultats, je les résume.

Pour l'alimentation méditerranéenne, il y aurait en premier lieu le bon ratio omégas 3 / omégas 6, plus fort qu'en alimentation "classique". L'alimentation méditerranéenne est réputée être basée sur les céréales, notamment le blé. Pourtant, quand on y regarde de plus près, une alimentation occidentale classique contient énormément de prises de gluten sous différentes formes : pain et pâtes bien sûr, viennoiseries et biscuits au goûter, gluten dans de très nombreux plats préparés (y compris des soupes de légumes), dans des sauces, barres de céréales pour les sportifs. Tandis qu'un régime méditerranéen riche en légumes et en fruits limitera mécaniquement la prise de tous ses produits. Il n'a donc peut être pas qu'un rôle protecteur des légumes, mais aussi un rôle néfaste du gluten par exemple.

Pour le régime Seignalet : blé et autres céréales à gluten, maïs, produits trop cuits, tous les produits laitiers, sont directement ou indirectement en cause. De quelles façons ? Deux grandes théories co-existent, elles ne sont d'ailleurs pas contradictoires entre elles. 

Première explication

e reprends la page 577 du livre du Dr Seignalet, avec quelques simplifications et commentaires supplémentaires :

  • ces produits alimentaires notamment perturbent la flore intestinale, et débordent les défenses enzymatiques et/ou des mucines de l'intestin grêle. 
  • Une hyperperméabilité intestinale (luky gut syndrom des anglo-saxons) s'ensuit
  • Des macromolécules passent la barrière intestinale. Puis sont prises en charge dans le sang par des macrophages et des polynucléaires neutrophiles. Chez certains individus, la muqueuse qui se prête le mieux à l'évacuation des cellules immunitaires et de leur "chargement" est la muqueuse pulmonaire.
  • Cette arrivée induit l'activation de lymphocytes, qui libèrent des cytokines avec infiltrat inflammatoire
  • Ces déchets sont expulsés dans les bronches, soit via les sécrétions (mucus) soit via la desquamation de la muqueuse.
  • Le Dr Seignalet met en avant les cristaux de Charcot-Leyden trouvés dans les expectorations des asthmatiques, qui correspondent à des neutrophiles lysés.
  • L'inflammation créée par ce mécanisme de rejet quasi permanent excite le muscle bronchique, qui devient hyper-réactif. De très nombreux facteurs sont susceptibles à ce moment de déclencher la crise d'asthme. 
  • La desquamation de la muqueuse facilite la pénétration des allergènes jusqu'à la sous-muqueuse, où ils réagissent avec des IgE, en provoquant l'arrivée de mastocytes - médiateurs de l'inflammation aigüe - et d'éosinophiles - médiateurs de l'inflammation chronique - (ces derniers sont souvent mis en avant dans plusieurs publications sur l'asthme, mais leur arrivée ne serait ici que secondaire). Parmi les cytokines produites par les mastocytes et les lymphocytes Th2, le rôle le plus important serait tenu par l'Il-2 (interleukine 2).  

Autre explication

Les prmiers mécanismes, jusqu'au passage dans le sang, seraient identiques. Ensuite, le rôle principal serait tenu par les IgG. je ne détaillerai pas ici ces hypersensibilités de type 3, complexes, et développées dans plusieurs ouvrages d'immunologie, y compris des ouvrages anciens. Lors d'une conférence, le Dr Ménat avait assez largement développé ces mécanismes (cf.Résumé de la conférence du 4 octobre 2014).

Essai clinique et conseils aux patients

Un essai clinique est possible pour tester d'une part les bienfaits d'un régime d'éviction des produits laitiers, du gluten, etc. et d'autre part pour affiner la compréhension des mécanismes biologiques à l'oeuvre. Je décrirai plus tard ce que devrait être cet essai clinique "idéal" : essai randomisé, 3 brais avec 3 types d'alimentation différentes testées dont un groupe sans gros changement, éducation thérapeutique initiale commune à tous les groupes, vérification préalable de l'utilité des traitments pris, de leur boon suivi, adjonction de professionnels de sciences humaines pour engager réellement les patients à suivre le programme alimentaire proposé, échantillonnage initial conforme à la répartition de la population asthmatique, en termes d'âges et en termes de maladies associées. Il faut que l'essai soit le plus représentatif possible, de façon à ce que les résultats puissent être appliqués immédiatment en cabinet. 

Mais tout cela prend du temps, et il n'y aurai pas de buget dédié à ce jour. Il faut donc sauter le pas, et accompagner les patients qui souhaitent tenter ce changement alimentaire, voire leur proposer en fonction de leur disponibilté à ces suggestions.

J'ai vu, dans une réunion sur les maladies cardio vasculaires (cf. Statines = diabètes)*, des médecins, le plus souvent généralistes, dire que bien que convaincus de l'inutilité des statines, et après avoir vu leurs effets secondaires, qu'ils ne pouvaient se permettre de remettre en cause la prescription des spécialistes, souvent hospitaliers, de leurs secteurs, par crainte de sanctions professionnelles. Je ne sais pas ce qu'il en est avec les pneumologues, mais pour vos patients, il y a tout intérêt à essayer de changer d'alimentation pendant un temps suffisamment long, en conservant les traitements.

* Pas la place de développer, mais pour les adultes, la prise de statine aurait aussi un rôle néfaste sur les poumons, mieux vaut s'en abstenir en cas d'asthme. Voir http://michel.delorgeril.info/cholesterol/cholesterol-et-statines/statines-et-affections-pulmonaires-3

Changer d'alimentation pour réduire l'asthme

Le premier mécanisme décrit me convainc beaucoup plus. Mais peu importe, le rôle premier est tenu par l'alimentation, c'est ce qu'il faut changer. Les témoignages décrits plus hauts semblent très largement confirmer les bienfaits d'un changement alimentaire, le plus souvent avec une réelle amélioration, et dans plusieurs cas une vraie disparition des crises.

je rappelle, deux modes alimentaires à privilégier, en informant son médecin : 

  •  en prévention surtout, l'alimentation méditerranéenne. 
  • en accompagnement des traitements, pour diminuer ou stopper les crises, l'alimention Seignalet, en l'essayant au moins plusieurs mois.

Les autres causes souvent décrites pour l'asthme sont réelles, par exemple la pollution (cf. Pollutions, cancers, diabète de type 2 et maladies cardiovasculaires), mais la première chose à modifier est l'alimentation

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