Cerveau et alimentation : la schizophrénie aussi ?

Alimentation et pathologies du cerveau

Ce billet concerne la schizophrénie, et constitue un rappel pour d'autres pathologies du cerveau. A ce jour, les approches citées n'ont en majorité pas pu être validées par des recherches cliniques en bonne et due forme (études randomisées avec 2 à plusieurs groupes de patients avec des régimes différents) sur lesquelles pourraient s'appuyer les médecins en exercice ou les autorités de santé. Pourtant, les données disponibles vont largement dans le sens d'un rôle central des interactions des individus avec les facteurs environnementaux, dont l'alimentation au premier rang. 

Une recherche clinique de ce type coûte plusieurs centaines de milliers d'euros (recherche sur une hypothèse de travail de diminution globale des symptômes et récupération d'au moins une partie des facultés, sur un temps suffisamment long, sur un nombre suffisant de patients dans des situations variées, et en visant des résultats, en cas de succès, directement applicables par les praticiens) pour une seule pathologie, sur un temps de l'ordre de 4 à 5 ans, plus les étapes préalables de recherche de financement, d'étapes d'autorisation de l'essai clinique, etc. Le rôle de l'alimentation (ou de l'environnement en général) dans la santé est transversal à plusieurs spécialités (a minima gastro-entérologie, immunologie, endocrinologie, épidémiologie, bonnes notions d'écologie - science des relations avec l'environnement au sens large -, et ici aussi neurologie, psychiatrie).

Dans un contexte d'hyper spécialisation et d'économies financières, il est peu probable qu'une telle recherche voit le jour avant longtemps.

C'est donc aux patients, et à leur entourage, de se renseigner, d'informer le médecin, malgré le risque de confrontation en raison d'une grande inculture médicale sur ces sujets, et de tester les méthodes alimentaires citées ici. Comme toute méthode, les améliorations ne concernent pas 100% des patients, et sont effectives à des degrés divers selon les patients, en fonction des structures cérébrales déjà touchées, de l'ancienneté de l'affection, des capacités de récupération (expression peu scientifique mais très parlante), etc. Ces méthodes ne s'envisagent donc pas sans poursuivre les traitements disponibles qui fonctionnent.

Mais elles peuvent entraîner des niveaux d'amélioration inatteignables avec les seuls médicaments. 

Des noms commerciaux de compléments alimentaires sont cités. Les compléments alimentaires me paraissent secondaires, ce qui semble compter surtout, c'est l'adaptation de l'alimentation. Pour celles et ceux qui exploreront la voie des compléments alimentaires : renseignez vous en utilisant la bibliographie ou les liens cités, ainsi que sur les différentes formulations disponibles dans le commerce, en pharmacie. Ce qui importe pour les compléments est d'avoir l'équivalent en terme de dosage et de qualité quelle que soit la marque.

Liens entre diabète et schizophrénie

Le nombre de diabétiques de type 2 serait plus élevé chez les patients schizophrènes que dans la population en général : https://www.deepdyve.com/lp/elsevier/diab-te-et-schizophr-nie-cyNRwwLFnz. En cause des perturbations du mécanisme du glucose chez les patients schizophrènes, auxquels se rajoutent ensuite les effets diabétogènes d'antipsychotiques.

Alimentation et cerveau

Le rôle central de l'alimentation pour plusieurs pathologies du cerveau a beau être méconnu, les résultats restent impressionants. C'est le cas pour les maladies d'Alzheimer et de Parkinson : Alzheimer, parkinson, ... aussi !

Et pour la Schizophrénie ? 

Un article récent traduit en français montre que ce rôle peut être très important aussi pour cette pathologie : http://guerir-du-cancer.fr/regime-cetogene-superieur-aux-drogues-anti-psychotiques/

On y lit par exemple ce passage :

"Cas numéro deux: Un homme vient à la vie. La deuxième histoire est celle d’un homme célibataire de 33 ans diagnostiqué avec un trouble schizo-affectif il y a quatorze ans.
Au cours des années, il avait essayé SEIZE différents médicaments psychiatriques avec un succès limité, y compris Clozapine.
Pesant 146 kilos, il a décidé de se lancer dans un régime cétogène pour la perte de poids.
En trois semaines, il a rapporté une réduction «dramatique» des hallucinations auditives et des délires, ainsi qu’une meilleure humeur, énergie et concentration .
Au cours d’une année, il a perdu un total de 47 kilos.
Lorsqu’il était en cétose, ses scores PANSS se sont améliorés de façon significative, tombant de 98 à seulement 49. Sa fonction quotidienne et sa qualité de vie se sont également améliorées de façon spectaculaire; Il a quitté la maison de son père, a commencé à fréquenter et a commencé à suivre des cours à l’université.
Fait intéressant, dans les deux cas, chaque fois que l’un de ces individus a abandonné le régime cétogène, ses symptômes se sont aggravés et, lorsqu’ils sont revenus au régime, leurs symptômes se sont améliorés, suggérant que c’était l’alimentation et non un autre facteur responsable .
"

Le régime cétogène consiste entres autres à supprimer ou limiter les sources de glucides. Parmi celles-ci, le maïs et les céréales à gluten. Or, une bibliographie très rapide montre que le gluten est mis en cause depuis longtemps pour la schizophrénie. 

J'avais réalisé il y a quelques années une bibliographie très rapide et une consultation rapide aussi sur internet : bibliogaphie de l'ouvrage du Dr Seignalet, un avis du Dr de Lorgeril sur son blog (pour la schizophrénie et pour le système cardio vasculaire, plus exposé selon lui que pour le reste de la population), et avis du "Prof Petzouille", pseudo sur internet d'un ancien pharmacien qui intervient sur divers forums santé, le plus souvent sur la complémentation alimentaire. 

Suppression du blé et des céréales à gluten
SANTIS A. (de), ADDOLORATO G., ROMITO A. et coll. - Schizophrenic symptoms and SPECT abnormalities in a coeliac patient : regression after a gluten free diet. J. Intern. Med., 1997, 242, 421-423.
DOHAN. F.C. - Schizophrenia and neuroactive peptides from food. Lancet. 1979, 1, 1031.
HOWARD R. - Schizophrenia and the gut, again Lancet, 1993, 342, 1128-1129
LORENZ K. - Cereals and schizophrenia. Advances in cereal science and technology, 1990, 10, Pomeranz édit. Saint-Paul (USA) 
REICHELT K., LANDMARK J.
Specific IgA antibody increases in schizophrenia, 1995
Biological Psychiatry, Volume 37, Issue 6, Pages 410-413
Abstract
IgA antibody levels in serum were examined in two groups of schizophrenic patients. All were diagnosed according to DSM-III-R criteria. One group of 36 males and 12 females were compared to historical controls. The other group consisted of 13 males off drugs for at least 3 months; these were compared with age -and sex-matched controls. An increase in specific IgA antibodies was found. More schizophrenics than controls showed IgA antibody levels above the upper normal limit to gliadin, beta-lactoglobulin, and casein.

Témoignage d'une régime type Seignalet pour la schizophrénie :
http://sgscdiet.chez.com/dominique.htm
« Bonjour à tous.

Voilà maintenant quelques temps que je me sent beaucoup mieux et même vraiment bien.Pourtant qand j'y repense je viens de passer une année trés éprouvante.Il y a un an j'étais hospitalisé depuis 2 mois et le psychiatre aprés cette nouvelle rechute me disait schizophrène.

Aujourd'hui je me sents tellement loin de cet hier.Grace à l'amour de mes parents j'ai pu être recueuilli un temps chez eux aprés l'hopital...mais alors, quel chaos énergétique...Plus aucun gout pour rien,une continuelle dépression me minait du lever au coucher.Traitement allégé le plus possible les derniers temps pour pouvoir réagir, c'est en gros il y a 2 mois que je me prends en main. Je sais qu'il est primordial pour moi de ne plus fumer et donc j'arrête la cigarette au bout de 15 jours. Régime végétarien pour désintoxiquer le corps mais je cherche, prie, médite pour me sentir mieux, je veux me sauver par tous les moyens car j'ai trop souffer et souffre alors encore tellement.

J'entends alors parler d'un régime sans gluten contenu dans les céréales comme le blé et aussi sans la caséine du lait. Aprés de copieux renseignements trouvés entre autre sur le web je décide d'arrêter net toute consomation de produit laitier et toute céréales contenant du gluten. Je me mets donc au régime strict. Deux semaines plus tard tout est redevenu tellement normal en moi, dans tous les domaines il y a du mieux. Physiquement je ne suis plus abattu à longueur de journée, mes membres ont tous envie de bouger à nouveau alors je m'éclate à vélo, ça parait bête mais je souris à tout le monde, je retrouve dans mon coeur la joie qu'il lui manquait tant. Moralement...toujours partant sans le moindre problème, je me plait à être créatif sans me forcer et c'est avec un super optimisme et une abondante énergie que je vis et j'existe depuis mon régime.

Il y a dans cette renaissance une vérité qui ne me trompe pas, je ne tolère aucun écart dans mon alimentation tant le prix à payer est cher. Renseignez-vous, vous tous qui souffrez, je ne suis pas un miraculé du hasard, renseignez vous et essayez car si vous souffrez sans comprendre pourquoi, donnez vous les moyens de voir et de savoir! Il y a sur le net plusieurs sites faisant références aux maladies psychiques comme l'autisme et les intolérances gluten caséine. Je ne suis pas le seul à être guéri...

Bref je lance un message plein d'espoir pour tous les gens souffrant de psychoses maniaco-depressive, de schizophrénie, de trouble de l'humeur, ou autres bouffées délirante, c'est à dire à tous les psychopathes car le malade que j'étais est mort à ma place... Je renais à la vie, à vous maintenant !

Bon courage à tous !
Dominique
 »

Supplémentation
1) Association d'oméga-3 végétaux et marins à fortes doses pour démarrer (environ 4 grammes par jour, bien que cela soit couteux) : par exemple le Mixalpha* des Laboratoires Synergia.
+
Compléments à base de magnésium (avec vitamine B6), de choline

2) Livre de PFEIFFER et GONTHIER (Équilibre Psycho-Biologique Et Oligo-Aliments) :
VIT C environ 2 à 3 grammes par jour 
Apport significatif en B3. ex : NICOBION
MANGANESE (NDA : d'autres intervenants déconseillent largement pour la population en général l'apport de Manganèse. Je n'ai pas d'avis sur la question, renseignez vous de votre côté)
ZINC
ACETYLCYSTEINE..deux sachets par jour = MUCOMYST (fluidifiant bronchique) + TAURINE

Comme indiqué plus haut, ce n'est pas tant le nom de la marque qui compte que les apports réels. Et il est nécessaire d'informer le médecin de toute prise de complément.

Conclusions provisoires

Beaucoup d'autres solutions sont discutées sur les forums internet. Ceci dit, aussi bien le témoignage relatif au régime cétogène, que celui lié au régime Seignalet, montrent un lien très fort avec l'alimentation, et au premier rang avec le gluten. Par contre, les produits laitiers, éliminés dans le régime Seignalet, ne le sont pas dans le régime cétogène.

Le régime Seignalet permet aussi de lutter très efficacement contre le diabète de type 2, qui peut atteindre une partie des patients schizophrènes (chercher avec DT2 ou diabète de type 2 sur ce site en haut à droite pour trouver les articles et billets sur cette pathologie). 

Il s'agit donc à nouveau d'une pathologie dont les mécanismes sont mal connus, mais qui dans un nombre de cas dont la proportion reste à déterminer, réagit très bien à un régime alimentaire qui exclue le gluten, et dans au moins un cas aussi les produits laitiers. 

Je conseillerai plutôt le régime Seignalet : il correspond dans les grandes lignes à l'alimentation japonaise traditionnelle, pour laquelle on dispose d'un long suivi. Le régime cétogène peut être préféré et plus efficace peut être pour une partie des patients, mais on manque de recul, il n'y a pas de populations entières, ou de groupes d'individus, qui se nourrissent de cette façon depuis un temps long. C'est à chacun de tester en fonction de ses ressentis.

Pour le régime Seignalet : adapter les apports de corps gras à la façon diète méditerranéenne, Alimentations qui marchent notamment pour une bonne proportion omégas 3 et 6, peut en augmenter les effets, et contribuer à la protection cardio-vasculaire. Et sans réaliser le régime cétogène, diminuer globalement les apports de glucides peut être bénéfique. Pour la population en général en diététique classique, la fraction glucidique de l'alimentation doit représenter environ 50 % de l'énergie apportée par l'alimentation, et le sucre "blanc" dans l'idéal 10 % de l'énergie totale au maximum. Une baisse progressive de ces quantités sera peut être bénéfique, en informant le diabétologue pour les patients atteints aussi de diabète de type 2.

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